Border Line

Autant, je n’avais rien trouvé à redire à la campagne d’affichage de Marithé et François Girbaud qui parodiait gentiment la Cène, autant, sur ce coup-là, je ne suis pas trop d’accord avec la logique provoc’ qui a guidé la campagne polémique de Dolce et Gabbana. Certes, c’est fashion, l’image est soignée, on peut même dire que c’est glamour… Mais il y a une différence entre parodier une peinture vieille de plusieurs siècles en adressant au passage un clin d’oeil à la religion (qui, comme d’habitude, l’a mal pris), et faire de la provoc’ pour faire parler de soi avec un sujet aussi sensible et difficile que les tournantes. Franchement, l’image en elle-même n’est pas choquante: la jeune femme n’a pas l’air terrorisée ni malmenée. Elle fait son boulot de mannequin: la belle éthérée au milieu des mâles. Mais ce que sa posture évoque, maîtrisée au sol par un homme avec quelques autres qui regardent, ce n’est ni drôle ni clin d’oeil. C’est juste provoc’ et trash, et honnêtement je n’en vois pas l’utilité, surtout quand on a la prétention, comme beaucoup de couturiers, de valoriser la femme et de l’émanciper… En cette journée des femmes qui, déjà, s’achève, j’avais envie de donner mon avis là-dessus, qu’on me le demande ou non!

6 réflexions au sujet de « Border Line »

  1. Là, je te suis et mon cynisme et mauvais esprit ne parviennent pas à me faire porter un regard admiratif ou simplement désintéressé sur cette campagne. C’est tout simplement inacceptable. Alors que le porno chic, devenu légendaire avec Dior puis Dolce&Gabana, a un certain côté artistique et bouscule les clichés, cette pub ne sert à rien sinon à banaliser une pratique déjà trop banale!
    La cène, ça s’était une bonne idée! Ca n’offensait que les « grenouilles de bénitier » et les « froqués » mais bon, il n’y avait pas vraiment d’atteinte à la dignité…sauf celle du Christ mais bon lui c’est une autre histoire…
    Mais là, allez expliquer aux victimes de tournantes et de viols en général que ce qu’elles ont subi peut en fait se transfomer en forme d’esthétisme pour une pub de fringues très chères. Si chères que même les dédomagements qu’elles toucheront peut etre ne suffiront pas pour s’offrir une fringe D&G en guise de pansement!
    J’aime les trucs méchants et cynique…mais on a tous des bornes…D&G viennent de les franchir

  2. Qu’est ce que c’est que ce politiquement correct? Elle est très bien, cette affiche! Si la provocation est has been, je vais bientôt devoir fermer boutique, et remballer mon peu de décoration douteuse dans mes cartons…. »c’est pas pire que Babette, je la fouette », à ce que je sache!
    On ne peut plus rien faire d’original, dans ce monde…édulcorant!

  3. Si, je suis désolée c’est pire! « Babette, je la lie, je la fouette », c’est drôle, on ne voit pas une femme rouée de coups, avec un oeil au beurr noir…ni un mec en train de la tabasser. Par contre, là on voit une femme qui est complétement sous la domination d’un mec et les autres qui matent! Alors ouais je m’insurge! je préfère encore les pubs dites « grand public » où on te suggère de parfumer ta chatte…Pirouette comprendra!

  4. Je suis d’accord avec cacahuète (vraiment, je vais avoir du mal à m’habituer!): la pub Babette n’était pas du meilleur goût, mais c’était en radio, et en spot télé où on ne voyait que de la bouffe. Et puis, le but c’était d’être choqué par le propos pendant les premières secondes, avant de réaliser que le mec parle de la crème! Rien à voir avec cette mise en scène clairement destinée à provoquer, elle aussi, mais qui banalise une position très équivoque et dont la provoc’ est l’impression sur laquelle on reste!

  5. Pirouette a compris !;)

    Et elle n’apprécie guère cette pub ! De là à être taxée de prude réacte, la raison à des raisons que la morale ne peut atteindre !

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