Expériences sensorielles

Hier, corporate que je suis, j’ai fui ma télé (et sa Nouvelle Star) et tenté une escapade, avec retard en option, au festival du court-métrage de notre noble institut. Bon, ça m’a pas transcendé, mais c’était pas mal. Surtout après les films, quand des profs que nous aimons beaucoup (ou pas, ça dépend des gens, et des heureuses rencontres en oral de culture générale) ont donné un concert. Je ne dirai rien sur leur performance scénique, si ce n’est ceci: ce fut une aventure sensorielle inédite. Enfin, surtout pour les yeux et les oreilles (pardon, l’oreille), parce que pour l’odeur de la sueur, j’étais pas assez près. Ni pour le toucher, d’ailleurs, en dépit de l’évident plaisir que m’aurait promis cette perspective. Finalement, je n’ai pas amené de string à leur lancer sur scène, ça se serait vraiment vu…

Ce soir, en revanche, niveau sensations, je suis plutôt une courbature vivante, et je ne pense pas que ça s’améliorera d’ici demain. Au contraire. Le cours du stretching du jeudi, au départ je l’ai surtout choisi parce qu’on est obligés de faire un sport. Comme chaque année, autrement vous pensez bien que je m’en priverais volontiers! Et puis au début, j’ai trouvé ça marrant. Bon, c’est vrai, ça ne correspondait pas à mes préjugés rigolos de départ: j’avais toujours imaginé, dans mon âme d’ingénu, que La Vilaine, ex-adepte de cette pratique sportive de haute volée, y allait pour le plaisir de sautiller en se tapant sur la cuisse d’un air réjoui… Un peu comme dans le clip de grande qualité du DJ suédois Eric Prydz, dont vous vous souvenez sûrement avec émotion.
En fait, le stretching, c’est pas vraiment Call on me. C’est que des filles, certes (donc je me sens tout à fait à l’aise, je hais les environnements sportifs pleins de testostérone!), mais ça a un autre look. Déjà, la musique ne donne pas spécialement envie de se passer lascivement une serviette chaude dans l’entrejambe. La prof non plus d’ailleurs: elle est sympa, hein, mais bon, elle transpire pas le sexe, malgré ses multiples positions équivoques et sa souplesse probablement fort érotique. Ensuite, les étudiantes qui se forcent à venir une fois par semaine dans cette salle non chauffée (donc très agréable en hiver) n’ont pas de strings par-dessus leurs bodies. Elles ont pas non plus de bodies. En fait, elles ont plutôt des joggings et des vieux T-shirts délavés. Alors forcément, un homo au milieu de tout ça, il se reconvertira pas!
Là où je proteste, ce n’est pas sur le potentiel érotique de mon cours de sport: ben non, c’est que des filles, j’vous dis! Non, c’est plutôt sur un sujet malheureusement évident: le sport, ça fait maaaaaaaaaal!!! Avec la difficulté croissante des exercices au fur et à mesure de l’année (normal, on progresse!… non?), la prof nous imagine souples et forts, de vrais petits mannequins pour clip! On inviterait presque Véronique et Davina pour un défi Toutouyoutou… Mais en fait il n’en est rien. La position du chat (de la levrette, plutôt) n’a plus de secret pour moi, mais mimer un chien qui lève la patte pour pisser pendant une demi-heure, à la longue ça fait mal, de même que les abdos et les exercices d’équilibre sur un pied (pendant que l’autre pied fait des vrilles autour de notre petit corps d’athlète). Résultat des courses: je suis prêt pour l’accouchement, je maîtrise la simulation du coït en position debout, et je me suis broyé les bijoux de famille en faisant les ciseaux avec mes cuisses… D’où un questionnement: devrais-je tenter, en dernière année (donc pas forcément l’année prochaine, hein, c’est pas comme si j’avais réussi mes partiels!), un sport viril, genre foot ou rugby, histoire de ne pas avoir de mauvaise surprise?…

Non, je déconne! Je suis juste un peu courbaturé, je suis pas suicidaire…

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