J’ai la loose dans le sang

Je le sentais, je ne sais pas pourquoi. Pour une fois qu’on me demandait d’aller chercher une ex-ministre à la gare et de l’amener en voiture jusqu’à un resto, je me disais: « Il va forcément m’arriver une merde en bagnole. Un truc qui va me donner l’air bien con, genre un calage au milieu d’un carrefour ou un pneu crevé ». J’ai fait mieux. J’ai embouti une bagnole, la ***ième de ma brève carrière de conducteur. Tout ça à cause d’un gros con en camion qui manoeuvrait dans le mauvais sens de la rue et m’a obligé à reculer… Bon, ok, je suis une merde!
Donc, après un « J’suis confus, M’dame la ministre » totalement hors-sujet (je me bafferais) et un pseudo-rassurage de la dame emboutie, j’ai pu repartir sur de bonnes bases: rouge de honte, chevrotant, tremblant… La loose intégrale. Au moins, elle se souviendra de moi. Je vois bien, si je retombe sur elle à une réception de l’ambassadeur: « Ah ouiiii, le jeunot qui fonce dans les bagnoles pendant qu’on discute vignoble et architecture? ».
J’en ai été déconcentré pendant tout le cours de stretching (le dernier, Yalla!!). Et puis, diplomate, après avoir convenu par téléphone avec la dame que je passerais chez elle pour faire un constat (un peu tard, mais bon, sa 206 est neuve et son mari a vu des bosses dessus quand elle est rentrée. Bon, moi j’en avais pas vu, mais je suis du genre mauv… euh, conciliant. Au fait, des 206 neuves, ça existe encore de nos jours?), je décide d’appeler ma mère. Ben oui, c’est encore mes parents qui payent l’assurance (et les malus), j’ai honte mais c’est comme ça.
Mais là, dommage, je tombe mal: elle est en plein déménagement au boulot, elle gère une crise diplomatique avec la copine de mon frère, qu’il vient de larguer… Bref, ce n’est pas le moment. Et comme une connasse s’était offert 8000 balles de réparations sur sa Corsa aux frais de mon assurance pour un accident similaire il y a trois ans, elle a pas trop envie que je rejoue au négociateur autour d’un constat. Elle décide d’appeler la dame, donc, et je la supplie d’être aimable quand elle le fera, en lui donnant le numéro. 90 secondes plus tard, elle me rappelle, me dit que la dame est « une pouffiasse », qu’elle lui a raccroché au nez et que je ne dois rien signer… Diplomate, donc. Du même coup, je ne suis pas sûr de devoir aller affronter madame et son mari chez eux. Si?

3 réflexions au sujet de « J’ai la loose dans le sang »

  1. Merci de ta sollicitude, ça me touche beaucoup! Bon, c’est vrai qu’être un fugitif recherché par la gendarmerie ne me fait pas rire, mais avec le recul c’est drôle quand même. Au moins, Madame la Ministre se sera marrée!

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