L’émission de qualité du lundi soir

Depuis que Bataille et Fontaine ont déclaré forfait (ou ont été virés de TF1 pour avoir osé faire moins de 30% de part d’audience, je ne sais plus), les deuxièmes parties de soirée du lundi sont bien tristes, sur TF1. Le rideau avait cet immense avantage qu’il permettait de faire autre chose pendant (genre la vaisselle, oui, j’ai une vie passionnante), vu qu’une fois qu’on avait saisi l’enjeu dramatique, il n’y avait plus qu’à attendre. En effet, en moins de 30 secondes (et encore, je suis gentil), on comprenait toute la situation: Micheline voulait revoir sa fille qu’elle avait malencontreusement perdue de vue depuis 20 ans et espérait qu’elle accepterait de lui parler, Monique voulait renouer avec Jean-René qui l’avait plaquée mais qu’elle aimait à la folie… A partir de là, le temps que la prod’ diffuse un reportage pas du tout risible à base de photos personnelles et de commentaires qui n’étaient pas du tout de la prostitution affective, et que la nana de l’émission, qui n’avait vraisemblablement que ça à faire, traverse la France pour amener son enveloppe à l’heureux destinataire, on en avait bien pour un quart d’heure par invité à faire monter la sauce du suspense… Juste le temps nécessaire pour nettoyer mes casseroles, donc.
Malheureusement, avec Confessions intimes, c’est beaucoup plus compliqué. Cette fantastique émission propose en effet des sujets sur des gens en crise, souvent des couples, qui se confessent à la caméra de TF1. Enfin, je dis qu’ils se confessent, mais en fait, ces confessions face à la caméra représentent généralement deux phrases, parfois trois. L’essentiel de l’émission consiste plutôt à suivre le couple en crise dans sa vie quotidienne, ce qui donne l’occasion de voir des comportements à la limite du surnaturel. A la fin, la super psy de l’émission, Catherine Müller, explique au couple ce qui ne va pas chez eux. Les deux en prennent acte, s’embrassent pour enterrer la hâche de guerre, et tout est bien qui finit bien.
Hier soir, le sujets étaient prometteurs, mais franchement je ne les ai pas suivis comme je l’aurais voulu. Il faut dire que Confessions intimes est un concept très addictif: les images de la caméra suivant le couple doivent représenter en tout et pour tout 10 miniutes de reportage, pas plus. C’est un peu comme pour l’Île de la tentation, autre programme de haute qualité de TF1: il y a l’annonce du sujet, au début, qui dévoile à peu près 80% de l’intrigue, et des images qui reviennent régulièrement (on annonce le reportage qui viendra après, on remontre les images à la psy, etc.). En conséquence de cela, on a envie de voir des choses qu’on a pas déjà vues dans l’annonce, et on se retrouve à regarder tout le reportage, qui doit contenir 3 minutes de séquences inédites.
Bon, j’en arrive aux sujets d’hier. Il y avait d’abord une espèce de mégère, dont j’ai oublié le nom, qui vit avec un homme qu’elle oblige à faire son ménage tous les jours dès 6h du matin. J’exagère à peine. Après visionnage, je me suis dit que c’était probablement LA femme la plus horrible du monde. Heureusement que Confessions intimes renouvelle régulièrement ce vivier! En gros, comme elle l’a hébergé quand il était dans la mouise, elle estime que ce ménage, il le lui doit. Et comme c’est un homme qui la déçoit beaucoup parce qu’il ne la traite pas « comme une princesse », elle se réfugie dans une belle histoire d’amitié avec sa chienne. Sa chienne, c’est sa seule amie, la seule qui la comprenne vraiment. Alors pour marquer cette relation dans l’esprit des gens, la dame habille et coiffe sa chienne comme elle, et elle est toute fière que les passants se retournent sur son passage dans la rue. Bon, j’ai pas tout suivi, de mon évier, mais en gros, la psy (qui n’était même pas Catherine Müller), a conseillé au couple (la femme et l’homme, pas la femme et la chienne) de songer à assainir légèrement leur relation. Ah bon?
Ensuite, Catherine Müller (ouf, elle n’a pas démissionné!) a pu conseiller un autre couple, Robert et Samantha. Ce sont des noms fictifs, à nouveau, je n’arrive pas à les retenir au-delà de ma nuit de sommeil. Samantha, donc, chante très mal. Comme pas mal de personnes qui chantent mal, elle veut faire carrière dans la chanson. Pour ce faire, elle chante dans les boîtes de sa région en espérant qu’un producteur la repèrera. Robert, lui, souhaiterait que sa femme se consacre à lui et à la ponte de quelques chiards. Incompatibilité sur ce terrain, donc. J’ai bien essayé de voir le talent de Samantha, mais je me suis rendu compte qu’en boîte de nuit, à part danser en snobant son mari et brailler une chanson sur l’estrade à 3h du mat’, ben elle ne s’y prend pas de la meilleure façon pour percer. Je dis ça, je dis rien, si ça se trouve, dans quelques mois Samantha sera n°1 du top albums, mais ça me semble quand même mal parti. Après avoir mis de l’animation au milieu de la clientèle bourrée de la boîte, donc, Samantha s’aperçoit, à la dure réalité du jour, que son mari n’est pas très content. Catherine Müller lui explique qu’elle a une double personnalité: Samantha le jour, et ‘nom de scène de Samantha’ la nuit… Trop contente de se percevoir comme un cas psychologique de type agent secret (et donc spéciale et intéressante), Samantha promet de sauver sa personnalité du jour, pour l’amour de Robert. C’est très beau. Dans six mois, se prenant pour une artiste névrosée, schizophrène, torturée et incomprise de son mari qui continuera à lui demander de pondre des gnafrons, elle demandera à se faire interner ou mettre sous antidépresseurs, et se sentira enfin officiellement spéciale et intéressante.
J’ai décroché au début du dernier reportage, qui mettait en scène David et sa copine. Bon, je n’attaquerai pas sur le physique, c’est pas mon genre. En gros, il l’a cocufiée pas mal de fois depuis le début de leur relation, et elle a perdu confiance en lui. Elle passe son temps à le fliquer, à contrôler les nouveaux numéros de son téléphone et à lui faire les poches. Et quand il a le malheur de croiser un être humain de sexe féminin dans la rue, je vous raconte pas le scandale! Lorsque j’ai éteint ma télé, je commençais à comprendre David…

5 réflexions au sujet de « L’émission de qualité du lundi soir »

  1. Tu sais que c’est pas bête cette histoire de schizophrénie pour la jeune et désespérante Sabrina ou Samantha…enfin, la chanteuse ratée. Elle est super contente maintenant de savoir qu’elle est névrosée et donc artiste…non mais jte jure, les psys de Confessions Intimes c’est comme Sardin en éco…on y croit pas, mais pourtant ils ont bien leurs jobs!
    La dernière jalouse avait une ressemblance joussive avec un certain balai à chiotte…mais bon, je ne serai pas plus méchante ici…
    C’est vrai, puisque confessions intimes me permet de jubiler, il faut que j’apprenne à respecter les cas présentés…mais c’est trop bon d’être méchante!

  2. « tu vas pas nous foutre dans le trou pour une paire de nénés! »

    Vinshou, n’as tu donc pas encore compris tout le suspense de TF1 qui consiste à garder le meilleur pour la fin ??? Car si ton résumé nous as tiré les larmes ( de rire !) ton impasse sur le dernier reportage est impardonnable ! C’était le plus drôle et le plus jouissif !

    En gros, Jeannette, se trouve môche ! Ce qui est vrai – un nez qui ressemble à une péninsule,un cap que dis je!- n’est pas le plus lourd de ses défauts.
    Mais la madame, ne se focalise pas sur cet aspect majeur. Le problème, c’est ses seins : ou plutot la paire de mamelles qui lui sert de cache nombril. ça pend, c’est flasque et ça commence à veillir ! Les 40 ans bien tassés de la dame se ressentent effectivement et elle tente de le cacher par des cousins remplissant son soutif. Son mari – bourru mais bon gars- ne s’en souci guère, tout préoccupé qu’il est par le bricolage.
    Jeannette, donc, veut recourrir à la chirurgie esthétique et se rend en secret de son mari à Paris ( après une sombre histoire de croquettes)… mais voilà, ça coute cher ! 5000 euros les nénés, c’est un peu dur à digérer pour le monsieur. Jeannette, bien décidée, n’en fait qu’à sa tête et grâce à l’argent de la prod (on supose que TF1 a fait passer ça dans ses notes de frais journalistiques), elle se retrouve bien vite avec une belle paire de nénés haut perchés, d’un bonnet C !
    Le mari non fâché du résultat ne sait plus quoi faire, si ce n’est lui poser ses deux grosses paluches sur les nouveaux seins revenus à une hauteur normale. Une histoire qui finit bien donc.
    C’était sans compter avec la découverte -bien que tardive- de Jeannette pour son nez ! Nous y revoilà, elle est devenu accro à la chirurgie esthétique !

    morale de l’histoire : Bah, oui, mon brave monsieur, c’est qu’on leur donne un peu et très vite ils vous bouffent un bras ! (dicton de par chez moi!)

  3. Ayant réussi à résister à l’infâme pulsion voyeuriste qui rive les téléspectateurs de Confessions intimes à leur écran, je proteste, une nouvelle fois, contre ce choix de programmation télévisuelle.
    Non contents d’avoir été accros à l’everest du réchauffé annuel de karaoké pour cas sociaux, j’ai nommé la Star ac’, vous vous engluez dans l’immondice, la lubricité et la luxure (rien que ça!) en étant fidèles à Confessions intimes. Grand bien vous en fasse! Les pauvres victimes de cette starisation humiliante vous saluent bien…

  4. Hé! On n’était pas accros à la Star Ac’! On sortait le vendredi quand on en avait envie, on se forçait pas à rester devant TF1, non plus! C’est de la diffamation! Et puis, ce n’est pas pire que le regretté Scrupules… Cette starisation humiliate, on les y a pas forcés, et ils en sont souvent contents, d’après la chaîne! On va pas leur enlever cette joie, quand même? Allez, si tu es jaloux, on les appellera et on leur demandera de venir nous filmer, on a du potentiel aussi!

  5. Faisons un compromis: une émission de cas sociaux….réunis sur une île du Panama? Koh-Lanta, par exemple? Allez-y, filmez-moi, je me fous à poil, je perds la peau qu’il me reste sur les os et je croque mes morpions à pleines dents!

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