Le gros tout mou du dimanche

Dimanche grisâtre, désoeuvrement. C’est officiel: je vieillis. Cela me submerge depuis quelques jours. D’abord, le pèse-personne de mon amoureux (quelle idée!) m’a appris que je dépasse désormais les 62 kilos. Ce n’est pas encore l’obésité, mais j’étais à 55 au moment du bac, ce qui fait donc 7 beaux kilos de graisse (sur mon bide et nulle part ailleurs, je suis ravi) en moins de 4 ans…
Ensuite, il y a la soirée d’hier. Je n’ai plus le courage d’aller jusqu’au bout de la nuit. Mes acolytes non plus, d’ailleurs. Bon, il y a les circonstances, aussi: je devais connaître la moitié des gens à peine (et quiconque me connaît sait que je ne brille pas au milieu de la foule, surtout quand je connais pas), personne n’avait envie de se déhancher sur Dalida (sauf Coco, mais elle a tenu 3 minutes, c’te grosse dégonflée), et niveau picole, j’ai pas exploité mon potentiel d’absorption… Mais ce fut une belle soirée quand même: le Méri a eu son Powerpoint-souvenir et sa montre, il passe dans le camp des grandes personnes; et la Vilaine a apprécié son futur épanouissement féminin, que lui procureront inévitablement la lecture puis le spectacle des Monologues du Vagin, d’Eve Ensler. Reste à savoir qui elle choisira pour l’accompagner dans ce grand moment culturel (selon toute vraisemblance, son amoureux), mais je pense qu’on s’est bien débrouillés sur ce coup. J’allais me casser quand la pauvre Laure s’est retrouvée coincée dans la salle de bain, et que tout le monde a tenté de l’en sortir en allant jusqu’à essayer d’arracher la poignée (réussi) puis la porte (bravo Méri, ta virilité naturelle était un véritable bonheur!). Bon, perso, moi, j’ai seulement essayé d’ouvrir avec une casserole, et bizarrement ça n’a pas marché. A la fin, un tour de clé habile a suffi, et je suis rentré. En gentleman, j’ai raccompagné prestement jusqu’à sa bagnole Anne-Laure la salope, qui m’a encore menacé de mort à cause de la saison 3 de Sex and the City, qu’elle attend toujours. Le temps du Polux et du vomi derrière les bagnoles sur le parking est donc loin. Nous sommes de sages jeunes gens qui essayent de se préserver pour ne pas être déchirés avant le rush des examens. Même les grognasses rentrent tôt quand elles sont malades, au lieu de rester sur la soirée avec la tronche dans les toilettes! Vraiment, on devient bien…
Couché à 2 heures, donc, j’ai encore une fois senti la vieillesse me gagner quand mon amoureux est rentré vers 3h30 et que je ne l’ai pas suivi dans son envie de faire des galipettes. Non mais ça va pas?? A 3h30, moi, je DORS!
Je deviens aussi officiellement le confident de ma môman, qui a bien des soucis avec mon frangin ces temps-ci. Moi, le fils aîné et pédé attentif, je suis à l’écoute, parce que même si ma mère n’est pas toujours hyper facile avec moi, je l’aime énormément et je n’aime pas la sentir peinée. Alors je l’ai écoutée me dire tout ce qui n’allait pas d’une voix chevrotante, j’ai eu l’impression qu’elle était à bout, j’ai essayé de comprendre comment elle en est arrivée à ne plus supporter tout ça. Je diagnostique une fragilité particulière lors des ruptures amoureuses de ses enfants (j’en sais quelque chose, pour ce que j’ai morflé au moment de ma rupture avec F.!). Une heure de psychanalyse à ma mère, ça a du lui faire du bien, mais c’est épuisant. J’ai pas encore 40 ans, moi, qu’est-ce que je sais de la vie pour la conseiller?
Vraiment, je me sens tout vieux et mollasson. Et le pote de mes parents qui a débarqué ce matin à l’aube (10h20… espèce de barbare!!) pour faire du bricolage dans mon living-room n’a fait que le confirmer: j’ai besoin de faire mes heures, moi!
Moralité: je suis fatigué mais je vis désormais dans un appartement parfait, avec des porte-manteaux au mur, une porte qui ne grince plus et un verrou Vachette qui rassure ma mère à distance. Sécurité, mollasse-attitude, confort bourgeois… Une vraie mémé, quoi.

4 réflexions au sujet de « Le gros tout mou du dimanche »

  1. Ok, Pirouette anonyme, je te lance une invitation sur le champ! Mais je me vois obligé de supprimer ton message, pas pour te censurer mais pour préserver ton anonymat et ta tranquillité: on ne va pas laisser ton adresse mail en libre accès sur une page de commentaires! Je comprends que tu ne cautionnes pas ma non-envie de galipettes à 3h30, mais depuis ça va mieux de ce côté, rassure-toi! 😉

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