Raté

Je n’ai pas été fabuleux du tout au gala, finalement. Non seulement il n’y avait pas de photographe ni de Méri, comme je l’avais prédit, mais en plus j’ai retenu une leçon: malade + médicaments + fatigué + alcool = très mauvais plan. La journée d’enfer que je viens de passer à me tenir la tête et à la garder posée sur un coussin autant que possible me l’a fait douloureusement comprendre… Je n’ai posé devant l’objectif avec aucune gourde pendue à mon bras, et elles n’étaient ni crypto-lesbiennes, ni over-bourges, ni vulgaires, ni court-vêtues. Rien ne s’est passé comme prévu, en somme. La pré-soirée était cool, même si je n’étais pas complètement là. Cacahuète nous a notamment fait une nouvelle démonstration de ses talents Dalida-esques. Qu’elle ne vienne pas ensuite se plaindre quand on lui dit qu’elle ressemble à l’icône suicidée! Nous avons fait un sort à deux ou trois bouteilles de vin et à une demi-bouteille de vodka, rythme sage en environ deux heures.
Heureusement que nous avons pris le bus pour nous rendre sur place, malgré tout. Le trajet m’a permis de me rendre compte que j’avais déjà la tête qui tournait pas mal, alors même que je ne pensais pas avoir beaucoup bu. J’ai vu Anne-Laure la salope, qui trépignait d’impatience d’arriver, à cause d’un besoin pressant. Vraiment, les femmes du monde ne sont plus ce qu’elles étaient.
Le château était très joli, mais le BDE s’était mal organisé. Comme souvent. D’abord, il fallait marcher 500 mètres dans la boue et dans le noir pour atteindre l’entrée. Mes chaussures sont foutues. Le tapis rouge était mal mis sur l’escalier, et les grognasses ont failli se casser la gueule avec leurs talons. L’intérieur était bien, l’extérieur facilement accessible sans qu’on se caille dedans. Juste un problème: le seul bar qui fonctionnait à peu près correctement se trouvait dans la seule pièce où il y avait de la musique, et donc pas de place. Un peu étouffant à la longue. Mes souvenirs de la soirée sont flous. Envie de dormir. Envie de danser. Anne-Laure la salope danse du Gwen Stefani avec moi. Je croise des gens. Parfois de vagues connaissances, seulement. Cacahuète tente une conversation civilisée avec le directeur, je la grille en désignant son verre vide et en hurlant « Déjà?? ». Alcoolisme mondain et crétinisme enfantin. Je bois, encore. Vodka, puis gin, puis whisky, puis re-gin. Mauvais plan. Vertige. Je ne sens plus mes jambes. Tout est ralenti. Je ne sais pas combien de temps je suis resté adossé au mur. Je sors, je croise Audrey. Elle m’emmène au bar. Je ne me souviens plus. J’ai mal au crâne, ma tête pèse une tonne. Je dors. Je suis dans une cuisine, on me gifle. Je suis dans les vappes, par terre. J’ai envie de vomir, de pleurer. Je ne m’étais jamais senti aussi mal en état d’hébriété. C’est plus physique que moral, mais je suis seul. Je les entends, je n’arrive pas à bouger. Je sors. On me parle. Il faut attendre. J’essaye de répondre intelligiblement. On s’en va bientôt? On reprend la navette. Audrey est partie chercher les grognasses et son manteau. Elle ne trouve personne. Elle a les clés de Cacahuète, qui ne pourra pas rentrer sans. Tant pis. Chez moi, je redeviens un peu plus apte à comprendre ce que je fais. J’ai toujours mal, si mal au crâne. Audrey va dormir dans le canapé du bureau, celui du salon ne s’ouvre pas. Mon poussin dort. Je m’installe près de lui. S’il savait comme j’ai pensé à lui depuis le début de la soirée. Dès le bus, j’avais envie de me retrouver près de lui. Pas encore de dormir. C’est cet instant là qui m’a donné envie de rentrer, de ne pas rester là-bas à me vomir dessus en attendant qu’on me ramène à la fin, quand tout le monde serait parti, avec les trois déchets qui comataient dans la cuisine. Et ça y est. Mais je dors presque aussitôt, sinon ma tête va exploser. Incontestablement une de mes pires loquitudes. Pardon, Audrey.
Ce matin, j’ai cru ne jamais pouvoir soulever ma tête de l’oreiller. Pourtant je l’ai fait, et dès lors j’ai su que plus jamais je ne boirais pendant une crève.

8 réflexions au sujet de « Raté »

  1. Je suis hyper choqué car je n’ai jamais autant dansé qu’à la pré-soirée et tu ne parles pas de moi;
    vil gueux, je boycotte ton site pendant plus d’une semaine!

    Floran

  2. Oh, ça va! Essaye de faire un strip-tease sur Salma Ya Salama, la prochaine fois! Promis, j’en parlerai. Mais là, tu n’as pas picolé, tu n’as pas dansé plus de 5 minutes… Tu aurais peloté Cacahuète ou déclenché un scandale, encore, mais là… T’es même parti en premier, et tu n’as dit aucune énormité!

    Je ne fais pas de miracle, je cite juste le signifiant… mdr

  3. oh Bichon!!! je savais pas que ça avait été si épique! Moi cela dit j’en ai fait encore des pas mal…j’avais un peu trop bu aussi à un moment, en plus je me suis fait embusqué à la vodka par des anciens du torpédos…donc ce fut terrible! heureusement, j’ai très peu de témoins!
    Je voudrai aussi qu’on apprécie les performances: je suis en Corrèze dans le petit patelin répondant au doux nom d’Argentat et miracle, y’a le wifi dans mon hôtel….enfin à la réception, parce que tu comprend au 3° étage, le wifi passe pas! Ah douce Corrèze!

  4. Vive la Corrèze et le wi-fi méga puissant qui réussit à y passer! J’espère que le retour aux sources se passe bien, pour ma part, je me remets tranquillement en me coltinant mon devoir sur les minorités linguistiques. Merci la mondialisation.

    Floran, boycott, c’est pour le blog? ou pour Cacahuète?

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