Après-midi ciné, esprit mal tourné…

Je l’attendais, je le voulais, je le désirais. Hier, il est arrivé. C’est bien sûr… Spiderman 3. Je sais, tout le monde ne l’aime pas, ce Spidey, héros de superproduction à gros bras (premier jour record, hier, 175.000 entrées à Paris!!). Il faut dire que Tobey Maguire, y a pas non plus de quoi se relever la nuit. En VO, il a une voix geignarde pour ne rien arranger (comme beaucoup d’acteurs américains, en fait), et c’est vrai qu’il a plutôt un physique à jouer dans des teen-movies ou des séries pour ado. Pas très musclé, pas une tête fantastique (ceux qui me connaissent savent qu’avec ses cheveux il partait mal…), bof bof tout ça. Quitte à y aller pour un beau mec, autant se reporter sur James Franco, meilleur ami/ennemi (au fil de la mélodie… -mouhahaha! ok, je sors) du terne Peter Parker/Spiderman. Mais voila, c’est bien là l’intérêt de la saga Spiderman: Peter Parker n’aurait pas pu être incarné par Brad Pitt, qui a par ailleurs 40 balais bien tassés; Peter Parker, c’est la quintessence du boy next door, l’étudiant américain moyen, pas le plus beau, pas le plus fort, limite geek dans son genre. Du coup, on s’identifie, au moins un peu. Les fans puristes du comics de Stan Lee ont reproché à Sam Raimi d’avoir changé le personnage originel, qui avait mis au point lui même sa panoplie de super-héros. Dans les films de la saga entamée en 2002, il ne fait que subir des modifications génétiques après la piqûre d’une super-araignée. Beaucoup moins crédible scientifiquement parlant, mais cela rend le personnage plus attachant. Franchement, vous vous identifieriez à un surdoué intello qui est capable de prouesses scientifiques pour se doter de pouvoirs arachnéens?
Ici, et pour ceux qui n’ont pas vu les deux premiers opus, Peter Parker est juste un pauvre gars du lycée qui est amoureux d’une jolie fille, subit les moqueries et se fait piquer par une vilaine araignée-OGM. Dans le premier film, il essaie de s’adapter à ses pouvoirs, tel un ado dont le corps se transforme à la puberté (avec des métaphores grosses comme des poutres, genre émissions mal contrôlées de toile gluante… beuh), et aux responsabilités données par son pouvoir, pour finalement se battre à mort avec le père de son meilleur ami Harry et ne même pas finir avec la fille. Triste, donc. Le deuxième opus montrait comment il se galérait à concilier la vie de Peter Parker et celle de Spiderman, que certains prennent pour un vilain. Sa relation avec Harry se dégrade (forcément, il « couvre » Spiderman, qui est supposé avoir buté son père) mais il finit enfin avec la fille – Kirsten Dunst, qui réussit bien à tirer son épingle du jeu malgré son rôle de potiche qui se fait enlever toutes les dix minutes.
Dans le troisième, ça va beaucoup mieux pour Peter Parker… Du moins au début. Il sort donc avec la belle Mary-Jane (c’est à dire, film US oblige, qu’ils s’embrassent de temps en temps et se tiennent la main parfois, surtout pas de sexe ni même de chambre commune), il concilie bien les deux pans de sa vie, Spiderman est enfin reconnu comme héros. Mais ça va se gâter assez vite, sinon on se ferait chier. Et la fin ne sera pas aussi rose que dans Spiderman 2, où il ne restait quasiment aucun problème. Le gentil Peter Parker va faire du mal autour de lui, et ça va tout changer.
Globalement, si vous n’êtes pas allés voir les deux premiers Spiderman, ce n’est pas celui-ci qui vous convaincra. Pour les autres, dont je suis, il donne un nouvel angle de vue et une nouvelle profondeur aux personnages, et pas seulement celui de Peter Parker, ainsi qu’une nouvelle dimension crypto-gay à Spiderman (combinaison noire façon cuir latex…) même si je sais qu’on exagère toujours un peu les traits homos quand on veut en voir. J’ai notamment été content que le personnage de Harry Osborn n’évolue pas de manière entièrement prévisible, et agréablement surpris par la tonalité comique que le film est capable de prendre. La scène du restau français est grotesque mais drôle, et Peter Parker qui se la pète dans un style méché très guilhemesque©, c’est bien marrant. Je ne pensais pas être surpris par ce troisième film, et ce fut le cas. Tout en ne perdant pas les questionnements existentiels, évidemment traités sous l’angle moral judéo-chrétien. L’aspect sombre des gentils, la vengeance, la peine de mort, la cruauté, la fierté, le pardon, l’incommunicabilité… Je sais bien que tout cela sonne un peu moralisateur, mais en la regardant avec recul, cette saga Spiderman a vraiment une profondeur énorme pour une série de blockbusters aux fins commerciales. Les effets spéciaux en mettent plein la vue aussi, car il faut justifier le fric que le film a coûté. Mais c’est avant tout cette évolution des personnages, ce refus du manichéisme, cette manière de ne jamais donner de réponse morale évidente, ce portrait un rien poussif d’une Amérique en attente du messie qui la sauvera de ses démons… qui fait de la saga de Sam Raimi une véritable entreprise de cinéma, digne d’intérêt cinéphile.
Pour les moins convaincu(e)s, je recommande, dans un tout autre registre, Love (et ses petits désastres), de Alek Keshishian, réalisateur oublié de In bed with Madonna. Le pitch? Une fashionista sympatoche incarnée par Brittany Murphy, qui bosse à Londres chez Vogue (forcément), son coloc’ homo et leurs potes cherchent l’amour. Rien de palpitant, me direz-vous. Mais c’est surtout un réservoir de répliques cultes, peut-être même capables de concurrencer certains de nos navets favoris… Extrait, avec Talullah, Peter et Finlay:
– Pourquoi elle continue de coucher avec son ex si elle ne l’aime pas?
– C’est peut-être un bon coup…
– Impossible, il est allé en pension. Il doit aimer la fessée, ou la sodomie. Peut-être même les deux!
-… C’est plutôt un bon coup, ça, pour moi.
– Pour moi aussi.
– (réflexion)… Ouais, pour moi aussi, en fait.
Ou encore:
– C’est votre mère?
– Biologique seulement, j’y suis pour rien!

Perso, j’adoooore!

3 réflexions au sujet de « Après-midi ciné, esprit mal tourné… »

  1. ce rose est franchement laid!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Floran

  2. J’adooore ce rose! EN plus, il sort beaucoup moins rose sur mon écran…j’ai pu constater les dégats sur l’ordi de Pirouette, ce qui est encore plus jouissif (oui, il faut bien jouir de quelque chose)

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