Il voit des frigides partout

En cette période pré-examens et post-échec électoral, essayons de rester légers. Après deux nuits quasi-blanches dues à mon passage express en Seine-et-Marne en grande partie, je peux le dire, ça y est: je suis à jour… en Desperate Housewives! Vive le téléchargement illégal! Quoi, et les révisions? Vous allez me foutre la paix deux minutes avec ces exams?! Ok, c’est la merde absolue, mais si j’arrête de dormir, de manger et d’adresser la parole à des êtres humains d’ici lundi, j’ai une chance d’accrocher une moyenne de 8/20. Je suis large, en somme! Revenons plutôt à nos Desperate Housewives. J’adore absolument cette troisième saison, quoique tout cela commence à manquer un peu de crédibilité. Je ne révèlerai rien sur les contenus des épisodes, histoire de ne gâcher le plaisir à personne. En tout cas c’est vachement mieux que la deuxième saison, dont le défaut scénaristique tenait à mon sens dans l’intrigue un peu chiante autour des Applewhite. Au milieu de tout le petit monde de Wisteria Lane, nous avons tous un personnage préféré. Pour ma part, et ce n’est guère étonnant quand on connaît un peu ma mère (non, j’exagère), je vénère absolument Bree Van de Kamp. On ne devrait pas tarder, dans les rediffs actuelles sur M6 (en VF, hélas) à tomber sur l’épisode des jeux érotiques avec Rex Van de Kamp. Fétichisme de la cravache garanti après ça…
Mais avant de devenir la pauvre Bree, maniaque de la propreté et des apparences un rien frigide à qui il arrive tous les trucs les plus horribles de la série (c’est bien simple, il suffit qu’elle vienne de se débarrasser d’une horreur pour qu’une autre, encore pire, survienne), la comédienne Marcia Cross a été… Kimberley Shaw!!
Je re-contextualise: un jour, TF1 inventa Melrose Place, et plus tard, TPS/CanalSat inventa les chaînes pourries rediffusant les vieilles séries de TF1 qui me permirent de redécouvrir Melrose Place. Dans ce contexte télévisuellement pénible, émergea Marcia Cross. A la base, la série de Aaron Spelling, déjà coupable de Beverly Hills, narrait les aventures de jeunes gens vivant sur la côte ouest des Etats-Unis. Sur ce concept, il était assez logique que le feuilleton ne marche pas.
Puis, devant l’impératif de faire de l’audience, les scénaristes ont complètement pété les plombs (quoique), et ont introduit dans l’intrigue ce qu’il fallait de pathologies psychiatriques et… de cul.
Ce changement crucial est illustré par l’apparition d’un personnage emblématique de Melrose Place : Kimberley Shaw. Au départ, Kim est une interne au charme altier, amenée à travailler avec Michael Mancini, un des sages habitants de la magnifique résidence. Michael coulait jusque là des jours heureux avec Jane. L’arrivée de Kimberley chamboule tout ça: le docteur plein de talent et d’ambition couche avec sa partenaire de garde. Ce qui entraîne un divorce, et une aventure avec la sœur de son ex-femme. Logique, non? En tout cas, dans la série, ça se tenait. Plus tard, un chouïa bourré, Michael tue Kimberley dans un accident de voiture. Entre temps, tout le monde a commencé à baiser avec tout le monde.
Plein d’épisodes suivent, avec leur lot d’intrigues et de baise (je crois qu’à peu près toutes les combinaisons hétérosexuelles possibles ont été explorées entre les personnages). Et puis, ta-daaaah, Kimberley réapparaît! En fait, elle n’était pas complètement morte, elle a fait un coma et apparemment personne ne le savait (c’est quand même dommage, pour ce qui était supposé être une affaire d’homicide involontaire). Elle a quand même dû morfler car elle porte une perruque par dessus sa crinière complètement ruinée, qu’elle dévoile au téléspectateur ébahi sur fond musical de saxophones hurlants. Dès lors, probablement pour se venger de l’état de ses cheveux, elle entreprend de démolir la vie de ceux qui l’ont mise dans la dèche. Michael dérouille en priorité, puis la nouvelle ex-femme de celui-ci qu’elle s’arrange pour envoyer en taule, et Amanda aussi, même si on sait pas trop pourquoi… Elle fait donc, dans un accès de fureur vengeresse, exploser Melrose Place! Dans une scène aux effets spéciaux… hum, très 90’s, on voit la résidence détruite par le feu salvateur. Kimberley, hélas, mourra avant la fin de la série, non sans avoir recouché avec Michael, puis Peter, et probablement d’autres encore. J’ai été très triste, jeune homo intellectuel téléphage que j’étais, de voir disparaître cette super méchante psychotique de mon écran…
Depuis, quand je vois Bree Van de Kamp et tous ses tics, je ne peux m’empêcher de penser un peu à Kimberley Shaw.

10 réflexions au sujet de « Il voit des frigides partout »

  1. idem, j’étais fasciné par Kimberley; surtout qu’elle avait réussi à faire enfermer Jane ou Amanda, je ne sais plus, dans un asile! Et la soeur de Jane, qui s’était alliée à Kimberley!
    J’étais un des plus grands fans de cette série, tous les soirs en rentrant du collège vers 17h;
    voilà les causes de mon état aujourd’hui!!

    Flo

  2. Je me demande si c’est un truc d’homo de se souvenir d’elle? En tout cas moi non plus je ne ratais jamais MP! C’était après ma période « Princesse Sara » dans les Minikeums… je crois qu’on ne se refait pas!

  3. je regardais pas princesse sara, mais effectivement, Kimberley c’est un peu comme Dalida, une mère arachnide

    flo

  4. Auquel cas je n’étais pas si loin de la réalité en la comparant à ma propre génitrice, qui sans tomber dans les excès d’une Kimberley peut avoir les réactions d’une Bree…

  5. je suis pas homo mais j’enregistrais MP tous les soirs (mon bus arrivait trop tard donc je le regardais avec une heure de décollage)! Trop total addict!

  6. bon, mes chous, moi je ne connaissais pas Mélrose mais au résumé de vincent, ça a l’air très drôle ! c’est à se demander si ce n’est pas une caractéristique homoïssante ! MP et la mère étouffante ! je ne partage que la dernière, ça doit être ça le côté fille à pd !

    Merci pour ce grand moment de fou rire, ça faisait longtemps que j’avais pas rit ! Depuis dimanche en fait …

  7. Je vais demander à kiki33 de faire une enquête « sociologie des publics de Melrose Place », ça la changera des romans Arlequin!

  8. moi, j’avais pas besoin de l’enregistrer, j’arrivais à l’heure à la maison. sinon, j’allais le regarder à la Fnac avec mon frère. Car (désolée de faire tomber le mythe) cette série n’était pas uniquement réservée aux homos. La preuve, il était encore plus addict que moi et pourtant, jusqu’à nouvel ordre, il est avec LN…

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