Dans les vieux pots…

Du charme des femmes mûres… Hier soir, Arte, que décidément je ne me décide jamais à regarder, diffusait Le Lauréat, film de Mike Nichols (1967) relativement sulfureux pour son époque. L’histoire de Benjamin Braddock, qui couche avec la femme du patron de son père, avant de tomber amoureux de la fille de celle-ci, c’est un peu le résumé cochon d’un parcours amoureux cliché. C’est vrai, admettons que nous finirons tous par nous maquer avec quelqu’un qui a à peu près notre âge, comme la société (et nos parents) nous le suggèrent. Cela ne nous aura pas empêché, dans un premier temps, de fantasmer sur plus vieux que nous. Bon, nous ne coucherons pas tous avec la femme du patron/le mec de la patronne, mais dans l’idée… Après tout, ne me dites pas que vous n’avez pas eu un petit crush lors de vos années collège pour un petit Brad Pitt? Pourtant, Brad a la quarantaine bien tapée. De même, depuis quelques années, effet Friends ou autre oblige, les beaux gosses de la trentaine fleurissent au ciné et dans la chanson, et ça marche pas mal pour eux: Mark Ruffalo, Leonardo DiCaprio (période Scorsese), Matt Damon, Robbiiiiiiiiiie Williams, Jude Law, Paul Bettany, Billy Crudup, Taye Diggs, Justin Chambers… Bon, ok, je prends beaucoup d’exemples que j’aime bien. Et bizarrement, aucun français là-dedans.

Ne me dîtes pas qu’aucun de ces mecs ne vous plaît, c’est leur boulot! Si vous préférez les filles (je ne sais pas si ça concerne grand monde ici), il y a Claire Danes, Drew Barrymore, Cameron Diaz, Marion Cotillard, Mélanie Doutey et les autres. Les trentenaires sont sexy, au moins dans nos yeux de midinettes de seize ans, et peuvent éventuellement toujours l’être lorsqu’on a (un peu) grandi. Les jeunes hommes de vingt ans sont charmants, mais il leur manque un petit je-ne-sais-quoi que les trentenaires ont atteint, et qui donne un frisson supplémentaire. La question que je me pose alors, surtout après avoir connu des mecs de la trentaine pour finalement être en couple aujourd’hui avec un poussin de mon âge, est la suivante: suis-je si pervers que cela?

Bon, la manière de demander est un peu brutale. Mais je me demande quand même si les mecs de la trentaine sont des fantasmes dus à une trop grande exposition aux chanteurs et acteurs pour midinette, ou des objets de désirs complètement déplacés, ou toute autre chose. Peut-être est-ce une preuve d’immaturité, de blocage à la case « j’ai seize ans et j’ai des posters de Brad dans ma chambre ». J’ai réalisé que si les mecs de la trentaine me plaisaient, ce n’était pas spécialement pour le plaisir subversif de jouer le toy boy (beuh), ni pour leur potentiel désir de se caser vite (voire d’être déjà mariés!), mais pour leur âge, vraiment. Trente ans, c’est l’âge de mes rêves, l’âge auquel j’espère m’être accompli ou à peu près, avoir trouvé le job que je veux, avoir commencé à acheter ma baraque, être jeune et matûre à la fois, l’expérience sexuelle et les amis de plusieurs décennies… et avec un amoureux au chaud, bien sûr. Tout cela est très bourgeois, mais que voulez-vous, le formatage de la société de consommation a parfaitement opéré chez moi. Et pourtant, comme toute cruche consumériste qui se respecte, je serai complètement déprimé, le jour de mes trente ans, de voir arriver le déclin inexorable de ma jeunesse, de mon sex-appeal (allez, quoi, j’ai pas trop abusé de ce côté-là, j’ai économisé pour plus tard!), de ma santé. Et puis, se réveiller un matin près d’un mec et se rendre compte qu’on a mal évalué son (grand) âge la veille au soir, ce n’est guère gratifiant. Pas envie de me retrouver à quarante ans avec un gars qui en aura soixante, la perversion a ses limites (quoique, je connais des couples très heureux avec cet écart d’âge, mais pas pour moi, merci).

Je suis heureux d’être avec quelqu’un de mon âge, finalement, pour une raison simple: nous aurons été des poussins ensemble, et nous aurons trente ans ensemble. Une décennie, la trentaine, à profiter tous les deux de cet âge fleuri mais pas encore flétri, ça vaut bien de patienter quelques années dans la vingtaine, avec des études épanouissantes (kof kof), des grognasses, des sorties en boîte, de la cuisine au micro-ondes, du mobilier de merde, des après-midi sèchage de cours/soldes, des perspectives d’avenir déprimantes… En espérant que nous tiendrons tous ensemble jusqu’à nos trente ans, entre les fantasmes d’hommes mariés et les profs lubriques!

11 réflexions au sujet de « Dans les vieux pots… »

  1. « profs lubriques et hommes mariés » … bizarrement ça va souvent ensemble !

    Je sais pas pourquoi ??!!
    En même temps, vous connaissez tous mon fantasme actuel du père de famille (papat est à point dans moins de 9 mois maintenant 🙂 ! Mais justement, c’est un fantasme, à la Grey’s Anatomy, de la jeune interne qui se tape le toubib (encore!) plus vieux, plus mature, plus expérimenté et plus inaccessible.
    Je me dis que le jour où je l’aurai accompli et ben, « puf » plus de fantasme ! Mais ce jour là, j’aurai peut être 30 ans !

  2. Et le médecin en aura 45?

    Ne t’inquiète pas, il n’est pas trop tard pour embrasser la carrière médicale: Meredith Grey accuse ses 39 balais et pourtant elle est interne!

    Je suis d’accord pour l’aspect dommageable de la réalisation d’un fantasme, mais après tout, on peut en avoir plein d’autres! Et puis, si la réalisation est une réussite…

  3. Non pas de médecin et de médecine pour moi !!! A moi qu’il revienne d’une mission pour « Médecins sans frontières » … ah le charme de l’homme courageux et philanthrope !

    Je préfére garder mes fantasmes à l’état de fantasmes pour le moment, la réalisation étant souvent râtée ! Mais qui sait ???

  4. Qui doit se sentir visé, là, pour la réalisation ratée??!

    Listen to the rain on the roof… Je sais pas vous, mais ici on se prend la plus belle saucée depuis au moins… une semaine (z’imaginez, on en a connu, pourtant, des averses, depuis!)!

    Un de nos clients, un barbu, vient d’arriver, il dégouline de partout, c’est hyper sexy… Sa voiture est garée à 15 mètres de la porte. On est le combien, déjà?

    … Ah oui, le 4 juillet! God bless America.

  5. Je suis dans une mystérieuse commune des Yvelines dont je tairai le nom (parce que sinon, c’est carrément pas anonyme, il ne peut vraiment y avaoir qu’une agence de com’ ici). Tu es à Paris, toi, non?

  6. Il faut que je vienne sur Paris un soir, mais je ne sais pas encore quand! Il y a la grognasse en chef qui arrive de Toulouse vendredi, je fais les soldes avec elle samedi, mais au-delà je ne sais pas.

    Les journaleux sont plus ou moins sur Paris avec leurs histoires de concours, mais pas très dispo et peut-être même pas tellement à Paris.

    Petite Marie est en stage à Paris, je dois aussi la voir bientôt!

    Bref, ce serait cool si je pouvais voir un peu tout ce petit monde, mais je ne prends pas le temps de bidouiller ça, vu les disponibilités fluctuantes de chacun.

    Tu seras là ce week-end??

  7. Pirouette, tu pourrais m’envoyer ce que tu avais fait sur les relations presse, mon patron voudrait que je fasse « évoluer » la page du site Internet que je t’avais montrée!
    Si tu as pu faire un peu changer ou approfondir le contenu, cela me serait assez utile d’ici demain, en fait… Sinon, pas grave.

    Désolé pour les autres, ça devient messagerie de boulot, ici (un bon prétexte pour trainasser sur un blog pendant le boulot: mobiliser ses relations pour être plus efficace, c’est beau les bonnes excuses!).

  8. ah mes idées toutes validées par une cliente, qui a dit de moi plus tard qu’elle était impressionnée par mon professionnalisme! Gloire à moi!
    Bon je rentre, je suis naze! Vous me manquez les lardons!

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