Week-end exotique: gardiennage de volaille

Week-end chargé et léger, reposant et rempli, mes loulous, voila qui est inhabituel! Pendant que des cars polonais visitaient les ravins, de mon côté comme prévu, finalement, j’ai fini par accepter l’invitation de Pirouette à Tours. Non, on ne se moque pas de nos destinations de week-ends! D’ailleurs c’était très bien. Profitant de l’heureuse initiative prise par son papy et sa mamie de déserter leur logis, Pirouette nous a conviés à venir dévaster la maison profiter de la festive ville de Tours. Si, si, c’est une ville, y a même un Gérard Darel! En version résumée (parce qu’il est tard, là), ça donne:

Vendredi: arrivé pas trop tard, me suis à peine paumé. Heureusement que Pirouette m’a guidé au téléphone (oui, oui, je téléphonais en conduisant, au mépris de ma sécurité ainsi que de celle des autres usagers de la route, j’ai même écrasé une vieille et son caniche pour gagner un peu de temps, j’avais pas envie de freiner, voila vous savez tout). Découverte de la maison et des photos de jeunesse de la petite Pirouette. Il y a des gens, comme ça, qui ne changent pas et qui restent beaux de la petite enfance à la jeune femme de 21 ans addict à Gérard Darel, T*ra Jarmon, C*mptoir des Cot*nniers et autres petites choses chèèèères! Bref, un verre plus tard on va chercher Cacahuète et Macha à leur train, qui hurlent en nous voyant devant la gare, devant des taxis blasés. De retour chez Pirouette, il faut les baillonner pour les convaincre d’arrêter de glousser, pour ne pas réveiller les voisins. Le pitch est en effet le suivant: seule Cacahuète est supposée être présente, donc Macha et moi seront le couple de passage en journée, mais qui en fait dort ailleurs. Bon, les voisins n’allaient pas non plus nous la jouer dénonciation de juifs sous l’Occupation, mais bon. Le climat était pourtant limite maquis au niveau des piaules, entre l’iguane empaillé de la chambre de Pirouette et le chien de chasse en faïence de la mienne. Sentiment de clandestinité renforcé par ma situation géographique, d’ailleurs: ma piaule était à la cave! Après m’avoir jeté dans le cachot dans la chambre comme une souillon désobéissante, les grognasses m’ont enfermé à double-tour en riant comme la sorcière de la Belle au bois dormant, me laissant pleurer dans mes bras croisés sur le lit telle une Princesse Sarah spoliée, pendant que ces Mademoiselle Mangin en puissance gloussaient à l’étage au-dessus. Nan, je rigole, en fait je suis descendu à la cave de mon plein gré, et puis de toute façon j’étais crevé et je me réjouissais d’avoir mon intimité et de ne pas profiter de l’odeur des pieds de Cacahuète avec tout le rez-de-chaussée… Coup de flippe à signaler, quand même: dans la nuit, vers trois heures du matin, je me suis vaguement réveillé et, en somnolant, j’ai aperçu un truc qui bougeait dans la nuit. J’ai sursauté sur le lit et, en beuglant, j’ai commencé à donner des coups de pieds dans le vide. En allumant la lumière, j’ai vu que ce n’était qu’une Sainte Vierge phosphorescente. Les gens ont de ces idées de déco…

Samedi: levé à presque midi, comme une crotte en week-end. Ai offert aux filles une manifestation de ma Cro-Magnon attitude matinale. Avons été consternés par la question intellectuelle posée par Jean-Luc Reichmann dans son émission raffinée du midi: « Sur cent célibataires, en boîte de nuit, combien n’avancent ni ne reculent, de peur d’être ridicules? ». Résultat: nous avons passé le reste du week-end à ressortir nos « Comment veux-tu, comment veux-tu que je t’enc***? » et autres « Dans ton c** », oubliés depuis le lycée pour ma part. La matûrité est un processus très lent, avec parfois des phases de régression, donc. Il a fallu que je me planque comme un amant dans une pièce de Feydeau pendant ma douche (j’ai fait le plus simple: dans la douche) parce que le cousin de Pirouette a débarqué et qu’il n’était pas supposé savoir qu’on était là. Macha et Cacahuète, telles des Anne Frank sur le point de se faire griller (ouais, je sais, c’est moyen comme comparaison) se sont déguisées en statues à côté de l’iguane empaillé dans la chambre. Le cousin n’a rien capté (ou rien dit, ce qui revient au même: on n’aura pas d’ennuis). Après-midi shopping avec un appareil photo jetable cheeeer (ai oublié le mien en Allemagne). Les gourdes ont fait chauffer les cartes bleues, Macha a notamment trouvé d’immondes de très jolies chaussures vertes dont j’ai particulièrement admiré les tapisseries florales internes. Ses pieds vont trop kiffer. Pour ma part, pas de coup de foudre, donc pas de chauffage de carte bleue. Même pas pour acheter des chaussures pratiquement identiques à celles que j’avais déjà (la jolie vendeuse à casque Playmobil a échoué, encore une victoire de Canard de Méri, le roi des profs en radinerie). Enfin si, un détail, qui a son importance: ai décidé d’aller au concert de Vanessa Paradis avec Cacahuète!! Ce sera en novembre. Elle a intérêt à se ramener sur scène avec -M-, la Vaness’!

Après un apéro où nous avons décidé que nous serions les génies qui révolutionneraient la com’ de merde de notre école (quoi, nous, ambitieux?), le dîner fût une merveille: du sel avec un peu de riz, une impro de Joëlle Pirouette Robuchon (« Et bon appétit, bien sûr!« ), et du poulet au curry/coco. Perso, j’adore quand c’est aussi salé que des chips, donc je me suis resservi… Mais j’ai bien été le seul. Boire pour éponger tout ça semblait donc indispensable pour poursuivre la soirée. Avons décidé de conquérir le centre-ville de Tours avec nos gueules enfarinées et nos mines de zombies mal réveillés. Ouais, on est vieux, mais on a encore de la ressource. Je passe sur le coup de fil de la grognasse en chef qui m’a un peu sapé la soirée, pour en venir direct à la boîte de nuit. Enfin, si on peu l’appeler ainsi. Mais comme il y avait marqué Night club à l’entrée, on ne va pas faire la fine bouche. Pirouette s’est montrée forte et digne, retenant les prénoms et fayotant du décolleté pour entrer gratos. Comme je ne suis pas vaginalement (ni nichonnement) équipé, j’ai été le seul à devoir payer mon entrée. C’est la loose, d’être un mec quand les videurs sont hétéros… Bon, une fois entrés, on ne va pas s’illusionner, hein: des hétéros partout, pas de place pour danser, des chiottes dégueu’ (moi = petite vessie et exigences bourgeoises au niveau des toilettes), de la musique pourrave pendant vingt minutes. On décide donc de se réfugier au bar (réflexe naturel) pour picoler. Et là… Pirouette a fait montre de son statut indiscutable de FAP: il y avait en tout et pour tout trois homos dans la boîte (en m’oubliant moi), le reste étant composé d’hétéros seuls ou accompagnés (et qui dans ce dernier cas faisaient de la salade de langues). Eh bien croyez le ou non, les trois se sont retrouvés à moins d’un mètre de Pirouette en moins de trois minutes! Cette fille est un aimant!! Au passage, apparemment le grand blond breton s’intéressait à moi. Techniquement je m’en fous vu que je suis casé, que j’aime pas les blonds et que je supporte encore moins les cheveux de plus de 5 centimètres, mais ça flatte mon égo quand même! Cacahuète a gagné la guerre des coups de cul contre les grognasses qui se dandinaient à côté de nous: en moins de trois minutes de coups de hanches bien placés, et en dépit de leurs sournois coups de coudes, elle les a fait déguerpir vers d’autres horizons. Priorité aux stars bordelaises! La pauvre Macha, du haut de son mètre dix, essayait tant bien que mal de tenir debout entre les balèzes qui la blackboulaient dans tous les sens. Je ne suis pas sûr qu’elle ait pu nous éblouir de ses meilleurs pas de danse, dans ce bordel. Elle jetait des regards désespérés autour d’elle, telle un furet traqué… On a évidemment eu droit au traditionnel relou moche qui tente une approche subtile. Comme assez souvent, c’était pour Cacahuète, qui à force de s’imposer à coups de hanches a fini par exciter la convoitise d’un quadragénaire petit et mal fringué aux yeux globuleux qui sentait un peu la transpiration et le saucisson. Comme chacun sait, il y a une règle d’or en matière de mecs croisés en boîte: au-delà de deux tares, c’est éliminatoire (si vous comptez bien, je viens d’en énumérer cinq pour celui-là). Elle l’a donc gratifié d’un souriant « Nan mais attends, on est pas amis! » lorsqu’il a essayé de lui passer le bras autour du cou. Il est alors parti ramasser ses dents. Ah, les femmes…

Dimanche: outre la découverte d’un nouveau jeu (se caler sur le rythme du rire de Pirouette pour se foutre de sa gueule et la faire rire encore et encore, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’orgasme ou étouffe, c’est au choix), nous avons apprécié les relaxantes vertus du Scrabble, en bons pépé et mémés épuisés du dimanche. Avec, quand même, un talent certain pour les mots poétiques: froc, vices, le verbe lambriser (qui n’existe pas, j’ai vérifié)… Le voisin m’a proposé, au moment où je repartais, de me laisser son emplacement pour garer ma bagnole (« J’ai vu que vous étiez garé là depuis deux jours, prenez ma place, c’est plus prudent! »). Bien joué pour la discrétion avec le voisinage, Vinsh, très bonne idée de laisser la caisse devant la porte au lieu de la planquer! La route du retour fut bonne, avec la désagréable sensation, lors des derniers kilomètres qui me faisaient emprunter le trajet quotidien de mon stage, que je venais de me remettre dans des rails.

14 réflexions au sujet de « Week-end exotique: gardiennage de volaille »

  1. Quel beau résumé! C’est assez bien dit! Je me suis fait grillé par tout mon open space à l’agence puisque je pleurais de rire devant certains passages…notamment la description de Macha en boîte…la comparaison du furet reviendra!
    Et puis évidemment, le désormais célèbre « comment veut tu que je t’enc*** » sera mon leitmotiv de l’été! Je l’aime trop!

  2. Ah ben merci bien, on m avait jamais comparé à un furet… encore un peu d exotisme plane… Quant à mes talents de danseuse… C est clair et net que la place manquait donc impossible de faire une petite choré à la Bruno Vandelli (au passage, sa maman me donnait des cours de danse, c est ça la rançon de la gloire cannoise!)
    Mais je tiens tout de même à m offusquer pour la description de mes chaussures parce qu elles sont trop belles d abord! Na! Sur ce, la pluie tombe sur la roche bordelaise ce qui amoindrit un peu tous mes plans « perte de temps » mais la mission Fnac m attend apres le déjeuner! Que la force soit avec moi!

  3. je me suis trop faite grillée … imaginez mon rire orgasmique que j’essaye tant bien que mal de retenir en lisant ton post… c’est pas gagné, même quand on partage des locaux de 300m2 à 4 ….

    je veux les Photos !!!!! Je sens qu’on va avoir la moitié de flou mais c’est pas bien grave !

    Allez, la bise et merci à Arnold et Sam (ou peut être bien que c’était Arnault et Hasam … )

  4. ah et je viens de voir :
    à Tours, on dit les « tourangeaux » et les « tourangelles » … jsuis pas sure de l’orthographe mais de la prononciation si !

  5. Tourengeaude, c’était tellement plus mignon pourtant! Y’avait un côté « viens là ma noireaude! »…bref, je m’égare, les racines corrèziennes surement!
    Je vois pas trop ce que tu aurais pu oublier vinshou! L’essentiel est en effet condensé!
    Au fait, je m’emmerde!

  6. Mon père??? Alors on m’aurait menti? (à lire avec le nez pincé) Je vais me charger des photos, don’t worrrry, be Jappy (je sais qu’il y en aura au moins une qui comprendra cette allusion à l’accent spanglish! merci de pas me laisser toute seule dans mes blagues pourries!) Et petite pirouette, juste pour info de la part de la reine du Scrabble: on dit ArnauD! Dites donc,ça marche si je me déguise en super héro Scrabble???

  7. Commence plutôt à te renseigner sur Super Furette!… Pour le « Don’t worry, be Jappy », je vais devoir te laisser seule dans ta blague. On ne m’explique jamais rien!

  8. Moi j’ai compris la blague !!!! Time goes by so ESlowly !!!!
    C’est juste une prononciation so spanish de l’anglais, plus Rolywood!!!
    Et je dois te signaler macha que malgré ton final brio au scrabble, au décompte des points, c’est moi qui est gagné ! Dysléxique ou pas, Non mais !

  9. Meme Penelope Jolicoeur passe par Tours, alors vous voyez, c’est trop la classe !
    Mais je ne suis pas sure Vinsh qu’elle entrera gratos à l’Exca*** … et qu’elle dormira en compagnie d’un iguane !

  10. Je suis sûr, moi, qu’elle est capable de faire les yeux de Bambi et le décolleté de Barbie à Hassam ou Hassan ou Arnold ou Willy (mouhahaha)pour entrer gratos en boîte!

    T’as bien vu son post « Nabokov »!

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