La minute psy: l’ami jaloux

Bonjour, je m’appelle Vinsh (tous en chœur « Bonjour Vinsh »). Et je suis un gros jaloux (« Et on applaudit Vinsh! » *clap clap*). Je suis en fait un névrosé, mais avec ce handicap terrible (ou bien cette bénédiction?) qui consiste à être incapable de cacher ce qu’il ressent. Je ne dis pas ça pour me la jouer adolescente boutonneuse de quinze ans, genre « j’suis trop à fleur de peau, t’vois ». Non non, je suis vraiment nul pour me cacher : si je fais la gueule, si je déprime, si je suis triste, ou contrarié, ça va se voir tout de suite. Souvent malgré moi, mais parfois aussi parce que c’est ma manière de crier au secours. C’est d’ailleurs la base de mon principal problème de communication avec les autres. Paradoxalement, à force d’être si transparent dans mon « extériorisation », je me suis habitué à ce que les gens comprennent d’eux-mêmes mon ressenti. Du coup, quand je fais la tronche ou que je déprime, j’attends des gens, non seulement qu’ils viennent vers moi, mais en plus qu’ils comprennent quel est le problème sans que je leur explique.

Les grognasses bordelaises ont forcément quelques exemples qui leur viennent en mémoire. Je ne t’adresse pas la parole depuis deux jours? Tu devrais avoir compris pourquoi, je vais quand même pas t’expliquer comment tu as merdé, c’est tellement évident! Je déprime? J’ai pas envie de m’épancher, de toute façon tout le monde sait ce qui ne va pas… Non? Vraiment?

Bah oui, que voulez-vous, je suis le centre du monde. Enfin, de mon monde. Un jour, une personne que j’aime beaucoup m’a dit que j’étais la personne la plus égoïste de notre petit groupe. Bon, sur le coup ça m’a pas fait plaisir, hein, mais comme la conversation était houleuse j’ai commencé par mettre ça sur le compte de la colère de l’instant. Et puis, comme je suis un garçon qui s’écrase et s’auto-flagelle qui sait se remettre en question, je me suis demandé dans quelle mesure cette remarque était justifiée. Outre le fait que j’attends qu’on vienne vers moi et qu’on me comprenne sans faire le moindre effort de décodage, je suis effectivement un chouïa égoïste. Bon, rien de méchant, hein, mais par exemple sans désirer mes copines, je vais avoir une tendance naturelle à ne pas aimer leurs mecs et surtout, SURTOUT, à ne pas supporter leurs nouveaux potes masculins. C’est comme ça et pas autrement, j’étais là avant, c’est quoi cette espèce de tronche de cocker à mèche qui débarque parmi MES copines sans même être passé par MON approbation?? Parfois, pour empirer son cas, il n’est même pas homo!! Et mon hostilité épidermique à son égard, si elle se manifeste au mieux par de l’indifférence pour commencer, va vite devenir claire si on me gonfle trop avec des « Machin est trop marrant », « Qu’est-ce que c’était bien le pot d’hier soir avec Truc » (comment ça, bande de connasses, j’étais pas invité??!), « Bidule a ramené des joints, c’était trop coooool » (je fume pas), « Ouais mais attends, tu fais aucun effort pour accepter Gnagna, aussi »… Bah ouais, mais moi je l’ai pas autorisé à venir me polluer de sa coolitude hétéro à deux balles, ni à me regarder avec son regard méprisant qui dit « pauvre pédé accroché à ses copines »! Alors du balai, Jean-René, tu ne seras jamais aussi proche de mes copines que je le suis, surtout si tu espères les sauter! Et ta condescendance tu peux te la mettre où je pense!

Bon, voila pour ma minute de jalousie. Je crois que c’est ma principale manifestation d’égoïsme vis-à-vis de mes amis. La possessivité. Et je pourrais aller très loin pour ne pas les perdre au profit du premier naze qui passera par-là. Je ne sais pas si je les achète, si je les retiens inutilement, s’ils envisagent notre relation comme moi je l’envisage… Mais c’est comme ça : je ne partage pas, et ça ne changera pas. Ils/elles peuvent avoir tous les potes qu’ils veulent à côté, je m’en tape royalement, j’ai moi-même une vie à côté, mais on ne m’impose pas un petit nouveau comme ça, dans nos soirées, nos private jokes, nos souvenirs! Chers amis (et surtout, vous l’aurez compris, chères amies), vous pouvez avoir tous les « nous » que vous voulez dans votre vie. Mais le « nous » dans lequel il y a « moi », personne ne le polluera l’enrichira sans passer par moi… Oui, je sais, je suis un monstre. Mais c’est pour mon bien… 😉

La question que je me pose parfois : ma jalousie affective traduirait-elle de l’hétérosexualité refoulée?? Une chose est sûre: les filles, je vous aime!

10 réflexions au sujet de « La minute psy: l’ami jaloux »

  1. je suis un peu « pompette » (oui, oui comme les filles douces de Foresti !) alors là comme ça, j’ai limite les larmes aux yeux !!!(limite, tu vois, je sais rester classe tout de même, et puis je suis au boulot …où je suis censée bosser, mais c’est mon dernier jour aussi !)

    Je déteste la grognasse toulousaine pour avoir osé te dire que tu es égoïste ! (oui, je la nomme mais fallait pas dire des choses comme ça aussi !) Tu sais déjà ce que j’en pense ! J’ai passé pas mal de temps à t’expliquer le pourquoi du comment !

    Alors bien sûr, il est dur d’ouvrir notre cercle surtout aux hétéros males, perdus parmis nous ! C’est aussi le revers de la médaille d’être une FAP !
    Comme dans une famille, il faut se faire accepter, (Louis Brioche ne méritait peut être pas d’être accepté … enfin ne resortons pas les vieux dossiers !), car vous êtes ma famille, celle qui compte, celle que je me suis choisie !
    Pour tout ça, simplement merci !

  2. Hein?? C’est ton dernier jour?? Conn*sse!!… Désolé, c’est plus fort que moi, parfois. Il faut que tu nous fasse un bilan de « l’expérience »!

    Pour nos amis hétéros, j’avoue que le problème vient de moi: je ne me sens pas à l’aise avec eux, je n’ai jamais su m’intégrer parmi eux et quand ils débarquent, ils jouent avec vous une carte que je ne joue pas: celle de la séduction. Et avouons que c’est quand même plus agréable pour une fille que d’être cernée par les homos, non?

    Donc j’ai peur de vous perdre, un peu. Et puis ils ont qu’à faire des efforts avec moi, aussi, je suis la mère maquerelle à instinct paternel du groupe, c’est moi qui décide s’ils sont assez bien pour passer leurs soirées avec mes filles et moi! Non mais…

    La logique de groupe fait que personne ne pourra y être pleinement intégré sans être accepté de tous. Donc voila, je vous explique pourquoi, peut-être, il y a si peu d’hétéros parmi nous: c’est peut-être à cause de moi!

  3. mais non ce n’est pas à CAUSE de toi ! Je crois qu’au fond, cette situation convient à tout le monde.
    Nous, puisque nous sommes en « sécurité » parmis vous, que nous pouvons être naturelles et géniales naturellement 😉 sans avoir à penser à une quelconque relation de séduction.
    Vous, par ce que vous pouvez jouer à fond au père juif et nous avoir rien que pour vous.
    Et ce qui marche c’est qu’il n’y a pas de jugement entre nous, de relation ambigüe de séduction, on s’aime comme on est, avec nos défauts et nos qualités !

    Alors, nous pouvons avoir nos vies de couples respectives (bon ok, pas moi pour le moment, mais ça viendra …) et essayer (hein ?) de continuer de nous voir et d’être bien ensemble !
    Je veux pas vous perdre non plus … et à mesure que Froid City se rapproche, je me dis que vous allez êtes vachement loin de moi ! J’ai peur ! Parce qu’on final, si je suis une FAP c’est aussi que je sais que vous m’accepetez telle que je suis, chieuse à souhait, sans aucune confiance en moi et psychorigide à mes heures !
    Quel mec hétéro accepterait ça ? Dis moi !

  4. Je ne m’inquiète pas pour le Québec, ils vont t’adorer! Leur accent est tout mignon, tu vas bien trouver un ours mal léché pas marié!

    Tu nous manqueras bien sûr, on hurlera à la mort fin août à ton départ, mais on keepera in touch, on s’appellera on s’fera une bouffe, et on se reverra en janvier. Je compte sur le premier semestre pour passer aussi vite que cet été (‘tain on est déjà le 3 août!!), et sur le deuxième (et dernier) pour être bien long! Parce que lorsque tout le monde quittera Bordeaux…

    🙁

  5. Je suis, semble t il, la personne la plus égoïste au monde qui soit! donc je ne peux que te comprendre…

    Parce qu’après tout, tout ce qui ne me concerne pas, ne m’intéresse pas…

    Pour les amis, je les prête, il n’y a pas de problèmes, vu que je sais que je suis le meilleur de tous les amis 😉 et que donc je ne suis pas en mesure de les perdre, sauf si je veux les perdre, bien sûr!

    (oui ma modestie naturelle est aussi une de mes grandes qualités)

  6. @ gauthier: je me demande si, avec ta modestie, je me comporterais différemment. C’est vrai que ce que j’ai écrit a un petit côté « je ne suis pas le meilleur des amis, donc ne me quittez pas, pitié!! ». Mais même si j’étais un modèle de confiance en moi, je pense que je ne serais pas partageur! 😉

    Courage pour le boulot après le week-end que tu viens de te faire!

  7. @gauthier : n’hésite pas à lui refiler l’adresse de ton coach modestie, estime de soi !

    @vinsh : devine sur qui je suis tombée hier soir à Bordeaux ? … Louis Brioche ! Je suis censée le voir aujourd’hui …

  8. @ vinsh : je t’aime. nous non plus on n’est pas forcément toujours les meilleures amies qui soient (quoique?). on s’appelle ce soir parce que j’ai plein de trucs à te raconter…
    en attendant, je lis tout ce que j’ai loupé depuis jeudi !

  9. C’es bien ça, les amis: on prend tout chez eux: les qualités et les défauts, & c’est pour tout ça qu’on les aime!
    alors, bon, t’es peut-être pas très partageur, & alors?

    PS : devinette: qui a écrit ce commentaire?

  10. Hmmm, vue l’abondance de comms dont tu as abreuvé ce blog hier, je dirais que tu es Marianne, l’enrhumée qui se réchauffe devant l’ordi en rentrant de l’usine… 😉

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