Clichés berlinois, épisode 6

Jusqu’à hier, je me demandais si j’allais réussir une soirée berlinoise correcte, après trois cuisants échecs successifs. Heureusement, c’était hier soir l’anniversaire de Vanessa et l’arrivée en fanfare de Petite Marie (oui, tous mes amis viennent à Berlin dès que je m’y trouve, c’est beau cet amour). Parce que depuis la dernière fois que j’ai posté (soit samedi)… Que des soirées plombées!

Samedi soir: Splendide retard d’une heure et demie à la fausse Oktober Fest sponsorisée par la bière Löwenbräu. Bon, déjà, j’aime pas être en retard. Mais le Méri et Vanessa ne se formalisent guère de ce genre de détails. Le problème, c’est qu’avec le Poussin on arrive un peu après la bataille: plus de musique, chapiteau à moitié vide, désolation totale. Le Méri m’encourage vivement à goûter la bière bavaroise dans son verre (j’aime pas la bière), se rabattant de son côté sur une chope abandonnée là par un quelconque berlinois bourré. Hmmm, miam, vive l’herpès potentiel! Mais comme nous le savons, Méri, tel Parker Lewis, ne perd jamais. Il a d’ailleurs échappé de peu à une mort atroce puisque sa chope abandonnée contenait en son fond du verre brisé et qu’il ne s’en est aperçu qu’à la dernière gorgée. Magnifique! En avait-il avalé, s’était-il tranché l’oesophage?? Non, bien sûr, car il est trop fort et qu’il avait choisi une chope avec des bons gros morceaux de verre qui ne rentrent pas si facilement que ça dans une bouche qui boit… Voila pourquoi je paye mes consommations, moi (et ce, même si cela fait de moi un frileux petit bourgeois)!
La suite de la soirée s’est plutôt bien déroulée, avec toutefois un souci qui allait nous la flinguer peu à peu: personne n’avait d’idée de l’endroit où aller. Moi? Connaît pas Berlin. Poussin? Est là depuis quinze jours et stagise, autant dire qu’il ne sort pas. Méri? Envie d’une boîte gay fantastique et gratuite, ce qui n’excite guère Vanessa et est de toute façon mission impossible. Vanessa? Elle vit là depuis deux ans, c’est donc elle qui va nous trimballer! On se retrouve donc dans un bar sympathique qui passe de la musique kitschounette, où le Méri se fait zieuter avec insistance par un « hétéro » qui a une nana pendue à son cou, dansant sur du Tainted Love de Soft Cell ou sur la B.O de Dirty Dancing, alors que tout le reste du bar est assis. Pendant ce temps, Poussin et Vanessa se battent à coups de paille et en s’envoyant les glaçons de leurs verres à la gueule. Vous avez dit l’affiche? En attendant, le Méri s’est fait des admiratrices, là au fond à gauche.
En sortant du bar, le drame intervient: il est une heure, Vanessa nous cherche une boîte située quelque part entre gratuite et pas chère. Elle en connaît une, mais n’a pas intégré une chose: le Méri veut une boîte gay, et tant qu’on ne se dirigera pas vers le quartier de Schöneberg il sera exécrable. « Nan mais attends, ils passent la Camisa Negra là-dedans?? C’est trop pourri! ». On reprend le métro pour se retrouver dans le quartier de Vanessa, où après avoir attendu un tram pendant dix minutes le Poussin et moi-même décrétons que nous sommes fatigués. Soirée gay ou pas, on rentre. Nous apprendrons un peu plus tard que Méri et Vanessa ont fini dans le bar situé au pied de chez cette dernière, avant que le Méri n’aille s’endormir dans un métro pris dans la mauvaise direction, pour finalement se trouver un établissement pour messieurs. Son endurance me sidèrera toujours.

Dimanche soir: Nouvelle incursion à la Oktober Fest, cette fois-ci suffisamment tôt pour profiter de la musique et de l’ambiance. Bon, mon amour pour les folklores régionaux est bien connu de tous, hein. Il faut dire, comme je l’ai affirmé de ma voix la plus snob au Méri, que je viens d’une région (l’Île-de-France) qui n’a aucune identité régionale, et qui à ce titre n’a pas besoin de perpétuer de désuètes et totalement beaufs traditions folkloriques pour justifier son existence administrative. Bah ouais, nous on a le fric, le pouvoir politique, le rayonnement européen, les grandes entreprises: on n’a pas besoin d’identité! Vive le parisiannisme odieux. Du coup, je goûte peu les ambiances « fête au village » avec mecs bourrés et guinguette. Bon, ok, je suis un gros connard snob, mais il ne faut pas négliger l’importance d’une origine géographique. Je suis donc insensible à l’ambiance fraternelle des traditions régionales, au point que Cacahuète et Lilibuzz, en quatre ans, n’ont jamais songé à m’inviter aux fêtes de Bayonne, imaginant bien mon intégration parmi les basques bourrés (et surtout l’obstacle que cela représenterait pour leurs potentielles proies masculines à choper). Que voulez-vous, moi, me retrouver au milieu de gens bourrés qui puent la bière qu’ils ont renversée sur leurs fringues, et qui chantent bras dessus – bras dessous des chansons que je ne connais/comprends pas, ça me gonfle au bout de dix minutes. Désolé, hein! Le Méri, toujours optimiste, a bien essayé de me convaincre de sourire à la vue de beaufs qui devenaient de plus en plus homos et tactiles à mesure qu’ils picolaient, mais lorsqu’une vieille m’a extirpé de mon banc (bah ouais, z’ont pas de vrais sièges à leurs tables, les bancs c’est con-vi-vial!) pour me forcer à danser en ronde sur I will survive (chanson que je maudis depuis 1998), je me suis dit que c’était trop pour moi. En moins de dix minutes, je grognais « Prends ton manteau on s’en va ». Vous avez dit? Je pourris l’ambiance? Rhoooo, tout de suite…

Enfin, lundi soir, après le périple de Potsdam (voir post précédent), le Méri a envisagé de me faire découvrir la gay night berlinoise. Verdict: Schöneberg, le lundi soir, c’est naze. On s’est retrouvés à un karaoké dans le pub irlandais de l’Europa Center, avant d’échouer, après une nouvelle demi-heure de marche, dans un bar qui passait du Polnareff et où les clients se comptaient sur les doigts des deux mains. J’ai bu un Weinschorle (vin blanc + limonade), encore une horreur à mettre sur le compte allemand. On était assis en terrasse et la pluie a commencé à tomber. Loose intégrale. Je ne pensais pas tomber plus bas quand, à Friedrichstrasse, j’abandonnai le Méri dans son S-Bahn pour aller prendre mon U-Bahn. Cinq minutes plus tard, devant la station, ils sont là, ils m’attendent: les taxis pour les cons qui ont raté le dernier métro…

Et de trois soirées ratées avec le Méri, trois! Qui dit mieux? Je ne perds pas espoir d’en réussir une avant mon départ samedi! 😉

PS: En photos, la déesse de la Victoire de Siegessaüle (l’ange des Ailes du désir de Wim Wenders), la Oktober Fest, l’affiche de M le Maudit au musée du cinéma et de la télévision…

9 réflexions au sujet de « Clichés berlinois, épisode 6 »

  1. Bonjour à tous, modestime est de retour sur ce blog qui commence à sentire la naphataline quand je ne suis pas là; enfin, je posterai bientôt,avant mon départ à la capitale, pour un séjour romantique (je vais voir le Méri)

    adichats

    modestime

  2. et oh, mon vinshou, je te rapelle le nom de ton patelin ou bien ? Parce que niveau beaufs et paumés, c’est pas mal non plus … 😉
    et il fallait le dire que tu voulais venir à Bayonne, mais en général c’est un des seuls moments de l’année ou j’oublie ma condition de FAP ! Les gros bourrins d’hétéros étant plus présents en nombre que les homos … Je sais pas pourquoi ?!? 😉

    Allez courage, je suis sûre (ou presque) que tu vas réussir à faire une vraie soirée, même pas loose, même avec le méri !

    @modestime : Ah te revoilà, je commencais à m’inquiéter de ce silence ! (qui a dit Mère juive ??? )

  3. @ modestime: welcome back! Désolé, je ne crois pas pouvoir corriger les commentaires, ta bévue est sur le net pour l’éternité! 😉

    @ lilibuzz: ouais, ben c’est presque la capitale chez moi… Non? Ouais, ok, c’est juste pour dire que j’ai pas de folklore, c’est tout!

    J’espère bien réussir une soirée avec le méri dans les plus brefs délais!

  4. Je propose une tournée générale à Stuttgart en avril pour la fête de la bière bis…moins énorme, mais y’a moyen de s’amuser: l’important, c’est d’y être ponctuel (à 23h, on ferme!)
    Un habitué (burps!)

  5. Voyons, tu sais bien que je ne me déplace plus sans ma Dracula. sans elle je ne suis rien! Tu reviens quand au fait? Parce que bon, c’est pas tout ça mais y a du boulot ici! Laurence P. t’attend!

  6. @ lombrick: bah en avril, je serai pas en train de débuter ma vie enthousiasmante de stages de longue durée?… On verra si on peut!

    @ Petite Merde: je rentre demain soir sur la région parisienne, je fais route vers Bordeaux dimanche, et lundi, les cours reprennent (enfin, sur le papier)… Beuh!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*