Un rien la perturbe

Cela faisait longtemps que je n’avais pas évoqué l’autorité maternelle qui règne sur mon existence, hein! Donc en voici une nouvelle anecdote (ou plutôt blagounette). Hier après-midi, une fois n’est pas coutume, je restai en cours le vendredi après-midi. Oui, nous sommes des feignasses en week-end le vendredi midi, voir le jeudi après-midi pour certains, mais là, trop dur, on a eu un séminaire « rencontre professionnelle » de 15h à une heure indéterminée (oui, ça m’a semblé long). Ma vie est si difficile… Bref, le topo est le suivant: un mec travaillant dans une branche supposée nous intéresser (car en rapport avec notre spécialité de master) vient nous rendre visite, dans la chaleureuse intimité d’une salle de cours, prenant généreusement sur son temps libre personnel, pour nous parler de son métier. Bon, celui d’hier n’a pas éveillé de vocation énorme chez moi, mais il a au moins réussi à capter l’intérêt de Cacahuète (et à tenter de lui soutirer des infos sur les concurrents chez qui elle bossait cet été). Il ne sera pas venu pour rien!
Là où ça se corse pour moi, c’est lorsque, trois minutes après le début de l’intervention du jeune homme, je reçois un premier coup de fil sur mon portable (heureusement laissé en silencieux, comme toujours). Je regarde l’objet vibrant: c’est ma mère, elle appelle de son boulot. Quinze secondes plus tard, nouvelle vibration, elle vient de laisser un message sur le répondeur. Bon, me dis-je, je l’écouterai en sortant de là. Mais trois minutes plus tard, nouvel appel. Puis encore, cinq minutes plus tard…

Un des défauts de ma mère (que je partage par ailleurs avec elle), c’est qu’elle a HORREUR qu’on ne lui réponde pas au téléphone. Je la comprends, mais il n’empêche que ça m’agace: si je ne réponds pas, c’est que je suis en cours, ou au ciné, ou occupé tout simplement, non? C’est inconcevable que je rappelle plus tard?? D’autant qu’à recevoir quinze coups de fil (oui, quinze!!) en à peine deux heures, de mon côté je commence à flipper: il se passe quelque chose de grave? Il y a eu un accident? Quelqu’un est mort?… J’ai donc passé une bonne partie de la rencontre avec le gentil monsieur venu nous parler boulot à flipper en voyant les coups de téléphone s’enchaîner. Sur quinze appels, onze messages, dont huit laissés entre 14h55 et 15h14. Je les ai écoutés en sortant, avec la voix de la téléconne qui me disait « nouveau message, reçu aujourd’hui à 14h55 », « nouveau message, reçu aujourd’hui à 14h59 »… Le temps de tous les écouter, de toute façon, elle aurait encore rappelé. Si quelqu’un pouvait m’expliquer l’intérêt de laisser 11 messages (de plus en plus hystériques et larmoyants) pour dire la même chose (= rappelle moi), je suis preneur!

Le pire, dans tout ça? Je l’ai rappelée dès que la première personne de la classe s’est levée de sa chaise, montrant la voie aux autres et signifiant clairement que c’était fini. Eh bien, croyez-le ou non, ma génitrice adorée n’avait rien de spécial à me dire!! Elle flippait juste, et n’a pas compris que je la reçoive vertement. Elle a aussi harcelé mon téléphone fixe (qui lui sert uniquement à surveiller ma présence chez moi), et s’inquiétait que je ne réponde pas, vu que je ne suis pas supposé être en cours le vendredi après-midi… Et si j’avais été au ciné, ou bien en train de m’envoyer en l’air, me direz-vous? Elle aurait fait exactement pareil. Il y a bien longtemps que je réponds au téléphone au cinéma (en chuchotant bien sûr), pour ne pas me faire engueuler à la sortie. Bon, ok, elle a ses raisons de flipper pour sa progéniture, c’est une mère, elle nous aime. Ok, ok. Mais c’est super chiant, quand même.

Hier soir, à 20h20, appel de mon père: « Ouais allô, il faudrait que tu rappelles ta mère, elle m’a appelé vers 15h en me disant « Je pars immédiatement à Bordeaux, Vincent ne répond pas au téléphone »… Je crois qu’elle s’inquiétait ». Mon père est un peu comme moi, il s’inquiète toujours en retard. En même temps, en retard sur ma mère, ça fait 22 ans qu’on l’est tous…

3 réflexions au sujet de « Un rien la perturbe »

  1. Rhoooo, c’est gentil de ne pas laisser ce pauvre post sans commentaire! Personne ne l’aime… 🙁

    Je crois que je vais vous foutre la paix avec les histoires de ma mère!

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