Deux heures de glamour

Samedi soir. 18h30. Une heure et demie avant le supposé début du concert, pas mal, non? Non. Vraiment le mauvais plan. On ne débarque pas une heure et demie avant un concert. Bon, pas cinq heures non plus comme les psychopathes du tout début de la queue. mais pas une heure et demie, non plus. Un concert, c’est une réunion religieuse, alors un peu de ferveur, que diable! La file faisait le tour de la patinoire, on a presque cru qu’on pourrait entrer backstage. Cacahuète tente de se faire des copines vénales parmi nos voisines d’attente: « Ouais, ma pote ******* sera là, c’est une pote de -M-! ». Et ça marche, la fille au sandwich merguez-ketchup lui a fait les yeux doux. Finalement, à 19h, on est dans la salle, et pas si mal placés, en fait.
19h45. GrosConnard et sa femme GrosseConnasseMoche passent devant tout le monde (déjà, c’est moyen), en ne se gênant pas un instant pour bousculer au passage. Cacahuète a tenté de protester mais n’est pas passé bien loin du sac à main Jennypouf sur la gueule… Vanessa, faut embaucher des videurs à l’entrée de tes concerts, hein! Avoir payé un billet n’est pas un passe-droits! Et puis, ça limiterait le public aux VIP, genre seulement Cacahuète et moi, ce serait pas mal, ça…

20h. Elle n’est pas encore là. Elle nous annonce (sous les hurlements hystériques dès que sa jolie voix retentit dans le micro) le mec qui va faire sa première partie: Franck Monnet. Il a écrit des titres sur l’album Divinidylle, c’est un pote, elle l’aime bien. Cool. Mais rapidement, non, en fait. S’il écrit bien, on ne s’en rend pas vraiment compte vu qu’il chante unplugged avec une voix à peine audible des chansons du genre « j’adore t’écrire même si t’as pas le temps,… et ton mec doit trouver ça marrant de tomber dessus… et j’aime bien les romances morbides… ». Bon, je me souviens plus des paroles mais l’esprit y est. Moi je dis y’en a marre des Renan Luce et des Bénabar qui se multiplient! Les amoureux transis torturés et silencieux, c’est has been, changez de registre! Bon, le mec était quand même sympa avec le public et il a écrit des chansons pour Vanessa, alors on lui passe la demi-heure de marrade avec Cacahuète. Mais bon, Vanessa, faut venir, maintenant!

21h. Réinstallations techniques de mes c******! Et vingt minutes d’attente de plus! Ah j’te jure, z’ont pas peur de nous faire poireauter, hein! Mais elle arrive. Enfin. Elle est belle, elle a la pêche… et il y a -M-!!!!! Bon, ok, faut arrêter de l’appeler comme ça, il paraît. Matthieu Chédid, donc, est là. Il sera là pendant la majeure partie du concert. Et pour dire la vérité, pendant les dix premières minutes, j’ai eu un mal fou à décoller mes yeux de lui. C’est qu’il est super beau, en fait, ce mec! Bon, il a l’air un peu pataud, comme ça, mais il a une présence, une prestance, un regard… J’en suis troublé, tiens! Quand il plonge son regard dans la salle, on jurerait que c’est nous qu’il regarde. Il n’est pas là pour déconner, lui: un concert, c’est un bain de public, une cure de hurlements, un soin aux applaudissements! De mon côté, je jette une malédiction silencisuese sur le gros naze d’1m80 situé juste devant mon nez, qui n’applaudit jamais et ne scande les paroles d’aucune chanson: non, il est venu là uniquement pour tenir sa grognasse par la taille. Amis hétéros, surveillez vos copines ailleurs qu’en concert, s’il vous plaît, il y a des baffes qui se perdent.

Vanessa, qui a re-frisé ses cheveux (frisouille power!!), enchaîne les titres avec Matthieu Chédid, mais aussi avec les autres, qui sont loin d’être là pour meubler le fond de la scène. Et je surkiffe, comme dirait Lilibuzz, les chansons qui m’ont fait venir ici: Les piles, Pourtant, Tandem, Dès que j’te vois, Be my baby, Dis lui toi que je t’aime, Chet Baker, St Germain… Elle habite la scène, se déhanche, danse, cabotine avec les musiciens. Et elle incarne la mode. Normal, vous me direz, pour une égérie Chanul, ils vont pas prendre la bouchère du coin chez Chanul, non plus! Mais je comprends, en la regardant, en regardant Matthieu Chédid aussi, pourquoi ils sont so hype, so branché, so appréciés: ils portent leurs fringues de couturiers tout en se les appropriant, en les portant à la négligée, en restant loin de tout ça, ils sont eux-mêmes et ils sont beaux. Pour le commun des mortels, porter un truc qui coûte plus de 500 euros (aïe, déjà), ça guinde un peu: on fait gaffe à ne pas se tâcher, on se tient droit, on marche au lieu de sauter partout… comme dans des fringues normales mais en plus conscient de son image, peut-être. Eux sautent partout, jouent comme des enfants, ils sont plus beaux que des gravures de mode. Ils font vivre ce qu’ils portent. Ils incarnent plus la mode qu’un défilé. Et c’est beau de les regarder, aussi.

Beaucoup de considérations fashionisantes pendant ce concert, penserez-vous. « T’as pas écouté, abruti?? ». Meuh non, ça m’est juste venu comme ça, pendant une minute, en les regardant. Elle avec son top dos nu qui révélait le dos (bah ouais) dont, selon la légende, Johnny Depp est tombé amoureux avant même d’avoir vu le visage de sa propriétaire (j’entends déjà la vindicte populaire féminine: « Connasse!! »). Lui avec son look faussement négligé de dandy tout de noir vêtu. Oui, j’ai été aussi subjugué par l’aspect visuel des choses, par leur look, par le décor discrètement classieux reprenant les thèmes de l’album, par la simplissime hipness du tout… Bah quoi, on est aussi au concert pour regarder, nan? Sinon on achète le CD live, ça coûte moins cher!

Il y a eu deux rappels, dont un avec une petite session acoustique juste entre elle et Matthieu Chédid, et des centaines de portables qui brillaient dans le noir. C’est quand même vachement mieux que les mains qui prennent la forme d’un coeur, ce truc. Mais c’est toujours moins romantique que le bon vieux briquet qui brûle les cheveux de la voisine de devant.
C’est presque fini, on le sens. Et voila déjà un petit dernier a cappella, que je ne dévoilerai pas ici pour ne rien gâcher à personne, hein (enfin, disons simplement que le titre ça ressemble à l’ouragan de l’existence, et que franchement, fallait pas être grand clerc pour deviner qu’elle allait finir là-dessus, c’est quand même la chanson idéale pour un final). Sur ce, elle part, les yeux brillants. Nous aussi.

Enfin, jusqu’au retour à la réalité des barraques à frites à l’extérieur, de nos présentations en cours, de nos soirées télé devant Cold Case… Deux heures de glamour, c’est pas assez!!

3 réflexions au sujet de « Deux heures de glamour »

  1. J’arrive pas à la détester! J’ai beau essayer je n’y arrive pas!

    Bien d’accord avec toi pour Mathieu Chedid, il a un truc qui me déstabilise complètement.

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