Je pock la loose

Journée de merde, aujourd’hui. Parce qu’il m’est arrivé des merdes et parce que j’ai été une merde. Et tout ça, ça pock la loose, comme dirait la cultissime Rosel*ne B*chelot (n’est-ce pas Petite Merde?).
D’abord, le cours de 8h. J’ai mis mon réveil à 6h40, comme d’hab’, et après avoir laissé la radio meugler jusqu’à 7h40 (hem…), j’ai décrété que je ne me lèverai pas… pour le deuxième jour de suite. Disons que je ne me pâmais guère devant la riante perspective de passer trois heures à écouter un prof à fort accent anglophone débiter d’un ton monocorde l’essentiel de la théorie des politiques publiques. A part les futurs thésards et les motivés qui veulent passer des concours administratifs, ce cours est souvent désert. Alors, le déplacer à 8h du matin, même à titre exceptionnel… J’ai été heureux d’apprendre que je n’avais pas été le seul à sécher ces trois heures excitantes. Mais quand même, un fond de culpabilité me reste…

Ensuite, la réunion de 11h30. Pas de drame en vue, juste que je n’ai rien compris à ce qui s’est dit. Pour un projet événementiel que je suis depuis presque deux mois, c’est pas mal, non? Si j’ai bien compris, on doit se montrer proactifs (terme bateau qui sonne pro), alors qu’en fait c’est notre commanditaire qui gère tout. Les partenariats image? C’est lui. Trouver du fric? C’est lui. S’occuper du traiteur? C’est lui. Les listings?… Bon, ça c’est chiant, alors c’est nous. Mais il va nous en fournir une partie, quand même. Va être proactif quand ton boss ne te laisse pas de marge: quand on propose un truc, on se fait engueuler, ou alors il nous annonce que c’est à lui de le faire. Et évidemment, tout contact extérieur sur le projet doit passer par lui… On va donc se contenter d’attendre d’être à la bourre.

Bref, passons aux morceaux de bravoure: l’exposé sur le marketing de la presse, réalisé avec passion avec Cacahuète… Que dire? La honte intégrale. Déjà, avant même de commencer l’exposé, le prof dit:
« Dîtes, vous avez un galop d’essai bientôt, non?

– Euh, oui. Le 15.
– Et personne ne pose de questions?
-… Boh… Non…
– Même pas sur le lieu, le type de sujet…?

-… Boh… Non…
– Parce que tous les autres groupes demandent… Donc pour ceux que ça intéresse, ce sera une dissert’, sur un sujet dont je ne peux pas parler.
– C’était quoi le sujet de l’année dernière?

– C’était pas une dissert’, cette année c’est une première (traduction: vous essuyez les plâtres) »

Bon, l’exposé a été ensuite une catastrophe, avec cafouillages, lecture linéaire de mes notes sans les comprendre (et ça s’est vu)…

Puis vinrent les questions.
Prof: « En quoi le modèle économique de la presse gratuite est-il standard? »
Cacahuète blonde: « Euh… Vous pouvez répéter la question? »

Prof: « Peut-on dire que le modèle de la presse gratuite est conforme à la théorie de Gabsewicz? »
Nous, les yeux hagards: « … »
Prof: « Bien, c’était dans le corrigé de la dernière fois, je vois donc que vous ne l’avez pas lu… »
Nous: « … »

Prof: « Le modèle économique de la presse gratuite est-il le triomphe de la théorie des effets de réseaux croisés? »
Cacahuète, solidaire, me tapant dans l’épaule: « C’est pour toi, ça! » (merci, conn*sse!)
Moi: « Euh… euh… euh… Faut dire oui ou non, là, c’est ça? »
Prof: « Oui »
Moi: « Hmmmm… Oui? »
Prof: « En effet. Et pourquoi? »
Moi: « Rhooo bah si vous cherchez la petite bête, aussi… »

Inutile de préciser que nous étions morts de rire pendant la totalité des questions, et que nous avons dû passer pour les fumistes insolents de service. Bon, ce n’est plus aujourd’hui que ça va nous coûter cher, mais c’est encore une fois la honte. Je le mets dans le top 3 des exposés les plus ratés de ma vie (et j’ai du lourd, pourtant).

Enfin, ma lecture de speech en fin de journée a été un échec (de plus), mais j’avais l’excuse d’avoir besoin d’évacuer. La critique constructive qui m’a fait le plus de mal à l’égo: « Ouais, mais il est gentil, lui, aussi! »… Au point d’ailleurs que Cacahuète, encore prise de fou rire pour son propre discours en me voyant pouffer au fond de la salle, m’a crié: « Vincent, tu sors!! ».

C’est épuisant, d’être un cancre…

8 réflexions au sujet de « Je pock la loose »

  1. merci !!!
    j’ai ri pour la première fois de la journée à 22H50 et ça fait du bien. Je « poke la loose » demain en exposé, que je fini péniblement ce soir avec un Internet cahin-cahin.

    La blonde a vraiment sorti en plein exposé : « Vinsh tu sors ! » ???

  2. Pire, pas en plein exposé, mais en plein discours où j’incarnais une militante de la Fondation… Nicolas Hulot! Quand je vous dis que ça va me suivre!
    Oui Lilibuzz, cette journée a été une des plus losseuses et des plus honteuses de ma longue carrière dans cette belle institution!

  3. Je n’ai jamais été douée pour les exposés non plus, en général je lis mes fiches, tétanisée, et je pique une crise dès qu’on me pose une question. Heureusement que je n’en fais pas cette année!

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