Revoir le bassin

Ce blog se transforme peu à peu en vaste entreprise d’adieux à la vie bordelaise. Je file un mauvais coton. On ne s’en rend pas compte, mais à quelques mois, voire quelques semaines, du départ pour ainsi dire définitif de Bordeaux, il est grand temps de (re)faire quelques petites choses rares qu’on ne pourra plus faire par la suite. Il y a bien sûr les endroits qu’on aime et qu’on fréquente pourtant peu, les musées et autres bars qu’on s’était juré de voir et où l’on n’a pas mis un pied en presque cinq ans, les quartiers inexplorés… Faire un brunch en ville un dimanche matin, dîner une dernière fois en tête à tête avec une amie, aller enfin voir une expo du Musée des Beaux-Arts, boire un verre au Port de la lune ou au Samovar, monter au sommet de la tour Pey Berland, prendre des photos au Jardin Public, entrer dans ce magasin où on n’a jamais pris le temps de jeter un oeil…
Aujourd’hui, avec Alex, on a refait un classique rare et pourtant facile: on a fait un petit tour à Lège Cap Ferret. Car même si ce n’est pas la Côte d’Azur, on a quand même nos petits bouts de plage à proximité de Bordeaux. C’est quand même dommage de ne pas avoir profité davantage des week-ends pour se faire des après-midi de plage, non? D’autant qu’on y rencontre parfois des soldats délicats et parfumés… Il n’en fallait pas plus pour que, malgré la crève qui me serre la tête comme un étau et me fait couler le nez comme une fontaine, j’accepte de faire un tour chez nos amis ostréiculteurs, avec leur bassin, leur océan, leur vent, leurs embruns, leurs dunes, et leurs sandwiches outrageusement chers. Je me rends compte aujourd’hui que ce petit privilège, quasiment inconnu des étudiants parisiens, lyonnais ou strasbourgeois, va me manquer.

Il faut dire aussi, pour excuser mon manque d’assiduité plagiste, que je n’ai jamais passé l’été à Bordeaux (à mon grand regret), et que la plage en mars… Voila, quoi. J’espère donc que la banlieue balnéaire bourgeoise de Bordeaux saura rester un joli souvenir. A défaut, ce sera avec une petite pointe de mépris que nous dirons, du haut de nos trente ans et de nos richesses s’élevant à des millions d’euros (bien évidemment): « Hein, le bassin de quoi?? Nan mais attends, chérie, moi la plage, c’est Maïamai ou rien, quoi! ». Un petit message à la deuxième personne pour moi, donc. Profite bien de tes petites plages atlantiques, elles ne payent pas de mine mais tu y as fait plein de choses, garçon: poursuivre le Méri en slip panthère, choper un coup de soleil d’un seul côté du visage, l’amour (eh ouais, un de mes fiers actes de débauche), dormir dans une ZX après avoir niaisé sur Eternal Sunshine of the Spotless Mind dans le froid autour d’un bière, tremper tes petits pieds, bronzer, commenter un match de foot avec plantage de nez dans le sable, prendre des photos… Tu n’auras plus le temps de refaire tout ça, mais c’est déjà bien de l’avoir fait.

5 réflexions au sujet de « Revoir le bassin »

  1. moi je suis déjà en route vers d’autres aventures… un peu plus au nord…
    amsterdam ce week-end. et poutant, à peine rentrée, il me suffit de lire le blog pour être nostalgique.
    vous me manquez !!

    @ vinsh : encore joyeus anniversaire et désolée pour ce coup de fil un peu rapide, c’était juste pour t’éviter la facture internationale!

  2. bon il va arrêter! si ça continue je vais avoir le moral à zéro et je suis insupportable dans ces cas… alors tu prends des risques avec ta nostalgie.

    modestime.

  3. Ah ce beau bassin! Je n’aurai jamais cru dire ça (parce que j’ai tout ce qu’il faut chez moi), mais j’en ai accumulé des photos, des souvenirs et des casseroles sur ce bassin. Et bizarrement, mes virées à la plage me semble bien plus calmes quand vous n’êtes pas là! J’avais jamais eu du sable dans le nez avant vous…

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