La solitude du sédentaire

Pourquoi tout le monde veut partir? Il y a toujours des absents, à force qu’il y ait des départs. Il est fort étrange de se retrouver à Bordeaux lorsque tout le monde est en vacances. Je ne suis arrivé qu’il y a trois jours, et déjà je tourne en rond chez moi. Je pensais avoir une vie intérieure plus riche, mais non, en fait. Être seul ici, c’est à la fois reposant, et grisant à force de calme. J’ai fait le tour de mes DVD, maté toute la saison 4 de Six Feet Under, fait mes courses, du ménage, vu mes parents. Bref, j’ai une vie absolument passionnante. Seule interrogation : comment vais-je faire pour survivre d’ici la fin de la semaine ?? Réponse : Poussin arrive demain soir !! Du coup, mon occupation est toute trouvée pour ma fin de semaine… Mais quand même, revenez, les gens !! Je veux sortir de chez moi pour avoir une vie sociale, pas pour me faire un ciné tout seul !!

J’aime cette ville, pourtant, mais la perspective de m’y retrouver seul est l’une de mes pires hantises. Suis-je donc un looser co-dépendant qui ne peut pas envisager de se reconstruire sa propre vie sociale après le départ de ses potes étudiants? La fin des études est une période charnière, pour moi, pour vous, pour à peu près n’importe qui, j’imagine. L’exaltante idée de changer de vie, d’activité quotidienne, de ville, et peut-être de fréquentations, tout cela semble nous pousser à un certain conservatisme. Envie de conserver une partie de son environnement intact, histoire de profiter d’une transition un tant soit peu paisible. Voila comment je me retrouve à fuir une ville que j’adore pour une ville que je déteste (bah oui, désolé, j’aime toujours pas Paris), afin de trouver un job ou de suivre un Master spécialisé. Je le fais autant pour ne pas rester seul à Bordeaux que pour mon avenir, et je profite de l’opportunité réjouissante de faire salle de bain commune avec deux de mes grognasses. Bref, je suis un garçon d’une grande stabilité. Certains diraient plan-plan. Et je cultive l’instinct de survie qui consiste à conserver mes conditions de vie bourgeoise… Est-ce à dire que je prends la mauvaise décision, que je pars pour de mauvaises raisons? Je pense que non, mais c’est vrai, plus ce départ approche, et plus je le crains (le fait de ne pas encore avoir signé pour mon stage n’aidant évidemment pas). Suis-je devenu un provincial convaincu? Ou bien est-ce que je me prends seulement la tête parce que je suis seul (et quasiment le dernier du Master), à m’angoisser pour un stage? Rhaaaaaaa, trop de questions, p***** de m****, fais ch***!!!

Hmmm. Il faut que j’arrête de me prendre la tête dès que je me retrouve seul chez moi. Les gens, revenez vite!

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