La Isla Botoxa

Comme promis, l’activité va peu à peu reprendre ici, que ce soit en écrivant au boulot ou à la maison, puisque désormais la Biiipbox marche. Autant commencer cette nouvelle ère « je blogue en stage » par un sujet culturel de qualité. Donc, vendredi dernier, comme vous ne pouvez pas l’ignorer, sortait le nouvel album de Madonna… Si, vous l’ignoriez ? Bah qu’est-ce que vous foutez là, alors ?? Après écoute religieuse, voila ce que je suis capable d’en dire à ce jour. Tout d’abord, et il est important de le souligner, je n’ai jamais réussi à apprécier un album de Madonna à la première écoute (ni un album de qui que ce soit d’autre, d’ailleurs, quand j’y pense) : habitué du matraquage radio et télé, je finis par m’habituer aux chansons, lorsque je réussis à la quatrième écoute à en retenir la mélodie et quelques paroles. Or, lorsqu’on me bombarde douze chansons les unes à la suite des autres, j’ai un peu de mal à m’y retrouver. Par ailleurs, même une chanson toute seule, je ne vais pas l’apprécier de la même manière la première fois que je l’entendrai que lorsque je la connaîtrai depuis trois mois. Il me semble que c’est tout à fait normal. Il y a cependant eu quelques exceptions à ce principe, des premiers singles issus d’albums dont ils ont été la vitrine idéale, dès la première écoute. Madonna a proposé certains de ces titres phares qui, par la suite, devaient porter le succès de tout un album sur la durée. Je pense notamment à Hung Up, en 2005, que j’ai trouvé cultissime dès la première écoute, ou encore à Music, en 2000, que j’ai eu la chance d’entendre pour la première fois à la télévision, dans ce clip absolument terrible que la Madone avait tourné avec Ali G/Sacha Baron Cohen… Bref, tout cela pour dire que la perception d’un album est toujours un peu particulière à la première écoute, et que dans trois mois je ne vous en dirais pas la même chose.

Hard Candy, donc, est le nouvel album de Louise Ciccone, ze plus grande célébrité internationale, et c’est un peu comme d’hab’ au niveau de la perception extérieure : carton annoncé auprès du public (déjà n°1 des ventes, alors qu’il est sorti il y a quatre jours) et critiques partagées. J’en rejoins certaines, pour dire la vérité. J’ai lu quelque part que si cet album était sorti il y a quatre ou cinq ans (donc, mettons, à la période d’American Life), tout le monde aurait crié au génie précurseur, mais qu’aujourd’hui, c’est juste un bon album dans l’air du temps. C’est assez proche de mon avis, même si, à l’écoute, je trouve que Hard Candy ressemble un peu à American Life, au point de frôler la redite.

Mais l’artillerie est neuve, et c’est là-dessus que l’album se vendra, même si la recette est un peu la même que pour la plupart des pouffes de la pop américaine depuis le début de ce siècle. D’abord, la production : faire appel à Timbaland en 2008, alors que c’est lui qui a forgé les plus gros cartons pop depuis 2006 (Nelly Furtado, Justin Timberlake… mais aussi précédemment Aaliyah, Missy Elliott…), ce n’est pas très novateur. Faire appel aux *N*E*R*D (qui ont bossé avec Britney Spears il y a six ans, et avec Gwen Stefani depuis le début de sa carrière solo!) et à Kanye West, non plus. Sur ce coup, Madonna a bien flairé l’air du temps (la pop-électro-R’n’B bien pouffe), mais l’idée ne vient pas d’elle: elle est un peu à la remorque de ses jeunes collègues allumeuses, et nous sert un peu la même tambouille que toutes les grosses vendeuses actuelles. On n’est donc pas dans la même démarche que, par exemple, Music, album pour lequel elle était allée chercher Mirwais, quasi-inconnu sur la scène internationale, ou que les audaces de Ray of Light. En 2008, Madonna sort la grosse machine à tubes, les plus gros producteurs de la planète pop R’n’B. Prise de risque zéro.

Secundo, le look. Bon, là, Louise ma chérie, un ou deux conseils : arrête le botox, parce que ta peau commence quand même à présenter des signes de fatigue, et que ta mono-expressivité sourcilliaire à la Cher n’est pas du tout un atout charme. Vire le photographe qui a fait les photos du livret intérieur de ton album, tu es monstrueuse. Enfin, tes nouvelles sapes : bon, je te comprends, au royaume de Rihanna et de Christina en body/nuisette, assumer tes cinquante berges, c’est dur. Mais ne crois-tu pas que tu achèverais mieux ta tâche d’émancipatrice autoproclamée des femmes en dépassant un peu le dualisme Mère vs. Putain que tu nous sers depuis 25 ans? Le trash quand on a encore la fesse ferme, c’est second degré, c’est cool ; quand on est ridée, c’est une preuve de recul sur soi ; quand on est botoxée à mort, c’est juste vulgaire. Passe plutôt par la case « robes de grands couturiers », si tu veux mon avis : tu seras toujours sexy, mais tu resteras sur ton piédestal de déesse, avec des sapes que ton public ne peut pas se payer dans un bazar de Pigalle… Essaye d’y réfléchir : être sexuelle, c’est bien ; faire envie, c’est mieux.

Navré pour cet aparté perso à ma pote Louise. Reprenons donc.

Ensuite, les tubes potentiels de l’album Hard Candy. Déjà, le premier, 4 minutes : accrocheur, sympa, mais surfait, je trouve. Mais quelques jolis moments qui devraient enflammer l’été 2008 (au moins autant que le tube de Cindy Sander, Papillon de lumière, que tout le monde fredonne à mon boulot, nan mais franchement, bonjour le niveau musical, en France). Le duo avec Kanye West (Beat goes on) est vraiment bien, j’espère qu’il aura les honneurs du marché single. Devil wouldn’t recognize you se laisse écouter, sauf que j’avais l’impression d’entendre une chanson de Sophie Ellis-Bextor. Miles away est plutôt doux, mais c’est vrai que ça rappelle un peu Love profusion. Give it 2 me, le futur deuxième single extrait de l’album, ne m’a pas transcendé. Espérons que ça viendra. Les critiques semblent promptes à juger la Madone dans un sens inversement proportionnel à son succès, prétendant qu’elle ne vend plus que sur son nom et que, grosso merdo, elle n’est plus à la pointe de l’innovation. Madonna ne fait plus le vent, elle le suit. Le fait que Hard Candy soit son dernier album sur le label Warner avant son contrat juteux avec l’organisateur de concerts Live Nation est révélateur : a-t-elle bâclé ce dernier album ? Ce serait exagéré d’insinuer cela. Comme pour beaucoup de ses albums, la reine de la pop va nous conquérir sur la durée (après tout, l’exploitation commerciale d’un album dure presque un an, le temps de sortir trois à cinq singles), sur ses coups de pu provoc’, et sur sa tournée… Alors laissons venir. Après tout, c’est ça aussi, le monde superficiel de la pop: tout le monde achète, alors on va bien finir par trouver ça bien!

4 réflexions au sujet de « La Isla Botoxa »

  1. Oh le vilain, il blogue au boulot! Décidément, c’est la journée Madonna : Elle, Le Monde, Toi (remarque la lettre capitale…)! C’est aujourd’hui que c’est sorti?? (tombée de la lune…)

  2. « être sexuelle, c’est bien ; faire envie, c’est mieux. »

    tu viens de rentrer dans mes phrases cultes ! 😉
    bises à toi !

    et puis c’est qui cette LOUISE ???;)

  3. En tout cas, je trouve que niveau pochette elle a recopié la dernière de Britney, à savoir : truc bâclé avec des brushes que n’importe qui peut se procurer sur Photoshop.. C’est hyper vulgaire en plus.

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