La semaine des dernières fois

Alors, c’était ça? Ce n’était pas si terrible. Presque décevant, d’ailleurs, tellement c’était peu émouvant, peu cérémonieux, peu marqué. Aujourd’hui, j’ai eu ce qui sera peut-être le dernier cours de ma vie. Les études, c’est fini. Enfin, fini… Il y a quand même le stage (vous savez, ce truc magique non rémunéré qui consiste à faire le job d’un vrai salarié, que seul un étudiant peut faire). Donc, tant que je ne serai pas salarié (peut-être) ou chômeur (plus probablement), je bénéficierai d’un filet psychologique qui me donnera l’impression d’être encore étudiant, de ne pas avoir fait le grand saut. Sioupeur!

Donc, avec un filet, je ne serai malgré tout plus étudiant. Je ne serai plus dans la promo des plus grands. Je serai un jeunot. Un jeunot qui bosse. Beeeeeuuuargh!! Les rentrées vont me manquer. Tout le monde déteste ça, mais personnellement j’ai toujours aimé ça. Pour retrouver les potes. Pour apprendre. Pour avoir une petite place bien confortable au milieu de ses semblables. Désormais, la place, il va falloir se la faire dans une communauté autrement plus large, et se définir son identité de grande personne. Vous avez probablement senti, que vous me connaissiez en vrai ou que vous me lisiez seulement, que je ne suis pas du tout prêt à être une grande personne. « Et bien si, mon grand, on veut plus de toi, ça fait cinq ans que tu es là et que t’as pas voulu te bouger les fesses d’ici, alors maintenant, dehors!! »

Beuh… Comment on fait pour devenir grand??

Bon, accessoirement, je peux me permettre d’en remettre une dernière couche sur la nostalgie, avant bien sûr de faire un petit post spécial « leaving Bordal »… Donc, je n’ai pas beaucoup insisté sur cet aspect des choses, cette semaine, mais effectivement, on a enchaîné les dernières fois.

– le dernier exposé
– la dernière nuit blanche sur un boulot à rendre le lendemain (et que, bien évidemment, on a commencé à l’arrache la veille au soir)
– le dernier dîner avec des amis dans un appartement bordelais où il y a encore des meubles
– le dernier repas de Master
– la dernière fois qu’un prof nous a fait sourire avec une blague vaseuse qu’on ne comprendra plus dans six mois
– la dernière fois qu’on a embrassé la foule étudiante du regard dans le hall
– le dernier passage fructueux dans les bureaux administratifs
– la dernière fois qu’on a cherché quelqu’un du regard près de la machine à café
– le dernier regard vers la bâtisse et vers les gens
– la dernière place de parking pas trop pourrie qu’on a réussi à choper
– le dernier « à bientôt »

Bizarrement, et contrairement à ce que ces lignes donnent à penser, je ne réalise pas encore. Je suis juste fatigué par toute cette peur contenue, et par les événements qui s’annoncent à Paris. Pas encore nostalgique, déjà triste. Et vous, la fin des études, ça vous rend nostalgique? Haut les cœurs, mes enfants? Quitte à se complaire dans le passé, retenons au moins les beaux souvenirs, les instants passés avec des personnes chères, et ceux où l’on s’est rendu compte que non, on ne déteste pas tant que ça nos études. Et les premières fois, surtout. Notamment la première fois que nous avons mis un pied ici, dans un bâtiment tout pourri de travaux, sans se rendre compte vraiment de ce que ces études et cette ville allaient faire de nous… Allez, évitons les larmes. Adieu, l’école.

2 réflexions au sujet de « La semaine des dernières fois »

  1. & dernier gala……
    Vous allez me manquer, tiens!
    Mais ce sont de nouvelles aventures qui commencent!! & ça va être très chouette, j’en suis sûre!

    Des bisous……..

    PS : on se voit demain????

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