FAP Land

Insortables… Hier soir, alors que la soirée devait être pépère genre « on a pas de thunes, on va se boire une bouteille à la maison », je me suis retrouvé à faire du gardiennage de pintades jusqu’au bout de la nuit. Après un pique-nique bucolique au Pont-Neuf, nous nous laissâmes convaincre de finir la soirée aux Follivores. Bon, ça fait provincial de dire ça, mais moi, les Follivores, je n’y avais jamais mis les pieds. Alors lorsque cela m’a été proposé, j’ai sauté sur l’occasion, je me devais d’essayer. Et comme je suis un gros beauf, j’ai passé une excellente soirée. On reproche souvent aux Follivores d’être ringardes à force de vouloir être « second degré » et de balancer des merdouilles kitsch usées jusqu’à la corde. Quoi de plus ringard que Sardou et son Connemara ? Sauf que… Si effectivement on se croirait dans une boîte ringarde, l’ambiance est juste électrique et survoltée au possible. Oui, Ophélie Winter, Téléphone, Indochine, Vanessa Paradis, la Star Ac’, Mylène Farmer, et toutes les autres daubes en barres qui ont marqué la variétoche française depuis la fin des années 1970, c’est supposé être le fond de commerce des boîtes (gays ou non) de province. Mais justement. Notre petite histoire a été marquée par une certaine boîte gay bordelaise, qui proposait de l’électro et des daubes de variétoche et qui, progressivement, nous en a privés. Pour les quelques uns qui s’en souviennent, le Polux, ça déchirait. Du moins lorsque j’étais en première année. Et puis, progressivement, ça s’est beaufisé : de plus en plus d’hétéros, de moins en moins de second degré, de plus en plus de tubes FM du moment. C’est devenu un Macumba tout ce qu’il y a de plus ordinaire, avec des videurs cons et une ambiance qui peinait à décoller. La dernière fois que j’y ai mis les pieds, c’était en 2006, et j’ai officiellement dit adieu à ma première boîte bordelaise: le cœur n’y était plus.

Alors, tu parles, quand je me suis retrouvé au milieu de mecs torses nus qui se roulaient des galoches et de leurs copines filles à pédés, à sauter partout sur du Yelle ou du Cindy Sander, j’étais aux anges ! Bon, ce n’est pas grand-chose, mais retrouver la sensation grisante du grand n’importe quoi, avec de la musique ringarde et des mecs à mater, ça fait du bien quand ça ne vous est pas arrivé depuis deux ans.

Donc voila, j’assume, les Follivores, j’adore, j’adhère, même si je suis sûr que la programmation musicale est la même à chaque fois. T-shirt trempé de sueur sur un tube de Dalida, c’est aussi ça, le bonheur !

Mais revenons à mon sujet de départ : le gardiennage de pintades. Car oui, les pintades étaient là. Lilibuzz et Cacahuète m’ont accompagné, et elles s’en sont donné à cœur joie : les FAP étaient lâchées, et elles ont été indécentes au possible. Bon, déjà, la Lilibuzz débarque à moitié torchée, avec un chemisier déchiré, et on a failli la perdre dans la file d’attente. La classe. Arrivées à l’intérieur, elles se sentent comme des poissons dans l’eau (tu m’étonnes…) et sautent sur tout homo qui passe. Autant dire qu’elles n’ont pas arrêté de sauter sur tout le monde, le quota « sexualité alternative » approchant les 98%. Tout le reste, c’étaient des FAP. Et il y avait un hétéro, aussi. Evidemment, celui-là, il était pour nous : j’ai dû régulièrement aller sauver mes gourdes des bras velus et virils de ce bellâtre qui, probablement sous prétexte de l’ambiance légère, les collait langoureusement, dansant en cherchant leurs amygdales à la bouche… Dégage, Don Juan, elles sont avec moi ! Je ne suis pas en mesure d’établir une comptabilité précise, mais je dirais qu’à elles deux elles ont galoché une dizaine de mecs (aucun hétéro dans le lot, bon score). Il a fallu que je coure dans tous les sens pour qu’elles ne se fassent pas embarquer par la concurrence! Bah oui, je vais pas laisser mes FAP partir avec d’autres individus aux mœurs douteuses! Pour ma part, j’ai pris trois mains et deux pinces aux fesses. Mais enfin, jeune homme, c’est très déplacé !

Bref, pour autant que je me souvienne, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas amusé comme ça, à hurler des chansons pourries en parfaite communion avec mes voisins de pistes, à remuer du popotin jusqu’à épuisement et à transpirer en riant. Donc, ne boudons pas notre plaisir, soyons second degré et assumons. Enfin, assumons… oui, oui, assumons tout, sauf le couchage à 6h15 du matin pour cause d’attente du premier métro. Décidément, on ne tient plus le rythme de la débauche. J’vous le dis, qu’on va devenir des vieux cons !

2 réflexions au sujet de « FAP Land »

  1. Q’est ce que j’ai kiffé la vibe avec mes homos! C’était génial…les photos de la pré et de la post soirée en témoignent d’ailleurs! Ahhhhhh, on était bien, tintin…

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