Groquik addict, ou comment une icône de jeunesse m’a fait aimer l’imperfection

Do you remember Groquik? Nooon?? Pourtant, c’est une icône de notre lointaine jeunesse. Limite du niveau de Jeanne Mas. Souvenez vous, ce grassouillet personnage jaune, symbole d’opulence et de générosité, berçait de sa bonhomie les publicités pour le chocolat en poudre Nesquok. Il avait cette tête là:

Bref, un jour, après des années à partager ses aventures avec les pitits nenfants, la marque, probablement apeurée à l’idée que les enfants ne prennent exemple sur l’obésité joyeusement assumée du charismatique Groquik, a décidé de le remplacer. Souvenez-vous, Groquik prenait le train pour partir « en vacances », et était aussitôt remplacé auprès des enfants par une espèce de lapin stupide, svelte et pseudo-cool, lointain cousin des lapins crétins:

En gros, Groquik, dans un passage de flambeau absolument déchirant, confiait ses petits futurs obèses à son pote le lapin Quiky (pffff, quel nom de merde, en plus! Au moins, Groquik ça sonnait comme une peluche marrante; là, on a l’impression que c’est la cousine sous ecstasy de Barbie et Skipper). Allez la marmaille, désormais la baby-sitter sera mince et vous fera faire du sport pour le goûter. Et de son côté, Groquik ne devait jamais revenir de ses vacances. Moi je dis que Groquik est victime de séquestration politique à Has-been-land! C’est dégueulasse! Il n’y a pas qu’Ingrid Betancourt dans la vie (bon, je sais, la comparaison n’est pas très heureuse)…

Bref, tout ça pour dire une vérité troublante qui me sautait aux yeux hier soir, et à vrai dire ce n’est pas la première fois: Groquik est peut-être la première non-icône sexuelle de ma vie. Et il se trouve que, dans la fiction de qualité que j’affectionne, j’ai toujours préféré les non-icônes sexuelles aux icônes sexuelles. Exemples frappants:

The Holiday (2006): Jude Law vs. Jack Black. Je préfère Jack Black… Même chose dans Closer (2005): au même Jude Law, je préfère le pourtant très cabossé Clive Owen.

Keeping the Faith (2000): Edward Norton vs. Ben Stiller. Je préfère Ben Stiller.

Friends: le pourtant mollasson Chandler est incontestablement le plus séduisant des trois garçons de la série; tout comme le bedonnant Jason Segel dans How I Met Your Mother

Voila, j’avoue mon goût de chiottes. Une fois de plus, vous me direz… Je suis addicted aux mecs tout mous et rebuté par les modèles de perfection physique! C’est le traumatisme de Groquik!!

Depuis, les films et les séries essayent bien de rattraper le coup de cet attentat contre la mollesse qu’a été la disparition de Groquik (accompagnée, il est vrai, d’une grande tornade de mesures favorables à la santé, et donc à la minceur, au soin de soi, à la mode, à la beauté… bref, à une assez flippante perfection physique). On a donc tenté de montrer que non, ce n’est pas une dictature: des mecs pas top peuvent choper, aussi! Rassurez-vous, ce n’est pas si grave, si vous n’arrivez pas à ressembler à Daniel Craig, ou au moins à George Clooney: il existe un salut pour vous (on va pas risquer une vague de suicides collectifs de mecs pas top, non plus)! C’est comme ça que nous voyons depuis quelques années fleurir les séducteurs fictionnels a priori nuls mais finalement tellement plus vrais et sympa que les gravures de mode. Gad Elmaleh, Paul Rudd, Edouard Baer, Vince Vaughn, T.R. Knight… Pas des canons absolus, mais des gars qui vont à contresens du modèle de la perfection, avec des défauts, des aspérités. De la vie, quoi. Et bizarrement, marqué par mon icône flasque chocolatée, je me reconnais plutôt dans ces « nazes » que dans les idoles tout droit sorties d’un clip de boys band. Je n’ai jamais surkiffé Brad Pitt, Justin Timberlake ou Tom Cruise, trop dépourvus d’imperfections et survendus.

J’aime les « guy next door« , en règle générale. Pire, quand j’en vois un sur mon écran, avec un air de chien battu trop gentil et une petite brioche à la place d’abdos impeccables, je le préfère à la bombe sexuelle qui apparaît généralement à ses côtés pendant tout le film/épisode, dans le but à peine caché d’en faire le moche de service. Le beau mec mis là pour être beau est juste flippant: être comme ça lui a demandé trop de travail et de lutte contre ses bourrelets! Où sont ses défauts, bordel??

C’est grave docteur?

Groquik a-t-il vraiment eu un impact sur mon inconscient affectif et sexuel? Ou bien suis-je seulement sensible au manichéisme « gentil moche/beau salaud » de la fiction de qualité? Franchement, dans le second cas, les publicitaires et scénaristes de fiction devraient faire gaffe avant de nous vendre du grassouillet boy next door pour nous consoler de ne pas ressembler à Jude, Brad, Josh et les autres. Parce que, à force, on finit par sincèrement leur préférer nos grassouillets ou juste tout mous Robbie Williams, Matthew Fox, Zach Braff… Ce qui n’est pas toujours du premier choix, vous l’avouerez (enfin, ça dépend des périodes de régime et/ou de désintox, quoi).

13 réflexions au sujet de « Groquik addict, ou comment une icône de jeunesse m’a fait aimer l’imperfection »

  1. Bien. Bon va falloir faire une analyse je crois parceque c’est pas possible tout ça (toi y compris Alex!).

    Et un beau Jonathan Rhys-Meyer, ça vous plait pas? (il a une cicatrice hein, notez bien, il est pas parfait)

  2. @ alexandra: si je peux aider…

    @ le meilleur: Jonathan Rhys-Meyer était mignon dans Match Point, mais depuis je le trouve trop minet. La faute à « Velvet Goldmine » et aux Tudors, peut-être… Et puis mince quoi, il faut bien des gens pour apprécier les petits dégarnis rondouillets, non?

  3. je ne connais pas la moitié des noms qui ont été cités. Je comprends le principe du post (auquel j’agrée) mais les noms… avec les photos ce serait mieux pour moi

    mod.

  4. Merci merci merci!

    Mes copines me ragardent toujours d’un air entendu (« où sont tes petites gélules, tu les as pas prises aujourd’hui! ») dès que je dis que non les choses du calendrier des rugbymen ne m’attirent pas!
    Vive les « vrais » qui ne cavalent pas au sport tous les soirs, qui alignent sans vergogne deux plâtrées de lasagnes, qui remplacent par le charme (qualité ô combien précieuse) une beauté trop stricte, effrayante!

    Bref, comme dirait pépin, many thanks pour ce billet!

  5. @ modestime: pffff, toute une culture à refaire, mon enfant! On va s’occuper de toi quand tu monteras sur Paris

    @ le meilleur d’entre nous: dans un prochaine article, des acteurs célèbres nus! Je vais essayer de mettre ça au point!

    @ evan: Matt Damon n’est pas mal, mais son second couteau de gros potes Ben Affleck m’a toujours fait plus d’effet! 😉

    @ Frédérique: remablle tes petites gélules, nous sommes plusieurs! Ce post aura au moins eu le mérite de le montrer!

    @ l’arno: bah sur le papier, Ben Stiller, il a quand même pas le physique de Jude Law… Mais c’est vrai qu’il plaît. Quoique, peut-être pas à ceux et celles qui surkiffent Brad Pitt. Si?…

  6. Eh eh eh… De l’effet, le Benou?!! c’est peu dire… vue la quantité de navets que j’ai pu me taper rien que pour le voir ! 😀 Eh non, je n’ai pas acheté le DVD de Paycheck, mais c’est pas passé loin 🙂
    Allez, je retourne regarder Daredevil !!

  7. Oui, je ne suis pas moi non plus attiré par la perfection physique.
    J’ai stoppé toute activité sportive depuis 6 mois … 10 bon kilos plus tard ma nana m’aime (physiquement) plus qu’avant (!). Elle préfère mon « Nutella » à mes tablettes « Milka » …
    Pour « rebondir » sur le sujet Groquik, sur Wikipédia il y a une info marrante pour cette fin d’année.

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