Guerre des chefs



Avertissement: ceci est un post relou écrit sous pression au travail, mais comme Modestime a décidé de ne plus jamais écrire la moindre analyse politique ici (tu m’étonnes, c’est une célébrité, maintenant, il va pas continuer à traîner ici comme une pintade) et que ça fait longtemps, je m’y colle.

Ce matin, alors que me trotte dans la tête le tube de Guy Marchand « Destinée » (oui, j’ai une vie intérieure très riche), la nouvelle fait sensation, et pourtant pas encore la Une. Car ça y est, on le tient: Barack Obama sera bien le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine. Face à lui, et parce qu’après tout les super-délégués ont tout à fait le droit de changer d’avis lors de la Convention démocrate du mois d’août, Hillary Clinton ne reconnaît toujours pas sa défaite. Le meilleur d’entre nous me déclarait ce week-end que oui, Hillary Clinton pouvait encore emporter l’investiture malgré une position plus que délicate. Aujourd’hui, cela semble hyper compromis, mais apparemment, toujours pas perdu. Que peut faire Hillary? Reconnaître sa défaite après la stratégie de déni qu’elle déploie depuis des semaines, ce serait perdre la face. Se maintenir jusqu’à la désignation officielle du candidat démocrate, au contraire, lui permettra peut-être de montrer à Obama qu’il n’a pas n’importe qui en face de lui. Offrir la vice-présidence à Mme Clinton, compte tenu de ce rapport de force, deviendrait alors un enjeu important pour M. Obama, qui n’aurait que ce moyen de se « débarrasser » de son encombrante rivale… Cependant, continuer la primaire Démocrate si longtemps, alors que du côté Républicain le candidat est connu depuis des semaines, ne risque-t-il pas de porter préjudice au candidat Obama? Sa défaite serait bien triste, compte tenu de ce qu’il représente (espoir, renouveau, globalité…) et de la sympathie généralement ressentie par les Français à l’égard des Démocrates, mais à ce jour elle n’est pas exclue. Présenter un front uni au grand public, pour un parti, est crucial. Avoir une équipe brillante et motivée, c’est important (ils sont jeunes, ils sont beaux, adoptez-les!), mais si la conduite du pouvoir doit virer au combat de coq pendant tout un mandat, ça n’inspire pas confiance. Remarquez, le climat au sein du parti dominant dans notre beau pays n’est pas forcément idyllique depuis un an, mais au moins, au moment de l’élection, ça ne se voyait pas (trop).

Comme je le disais au meilleur d’entre nous, toujours ce week-end, avec mes habituels arguments « café du commerce », nous risquons dans les années à venir de rencontrer un problème relativement similaire en France, au sein d’un certain parti pour lequel je ne cache pourtant pas ma sympathie. Bon, j’ai bien conscience du biais rhétorique qui intervient ici: le PS, ce n’est pas le parti Démocrate. Pas les mêmes statuts, pas la même stature non plus, ni le même pays, ni la même culture, ni la même idéologie… Bref, pas grand’chose en commun. Si ce n’est la même prétention à envoyer un candidat à la Présidence, et le même échec à le faire depuis au moins deux échéances électorales. Or, outre la question du charisme, le candidat PS de 2012 aura tout intérêt, s’il veut l’emporter, à évoluer dans une ambiance différente de la guerre des chefs (de bon aloi en cette année 2008 pour les débats et les propositions, mais bon) qui sévit actuellement à l’approche de la désignation du nouveau Premier Secrétaire. Si Ségolène Royal passe, réussira-t-elle à s’imposer comme candidate « naturelle » pour 2012? Si c’est un autre, rencontrera-t-il le même questionnement? La guerre des chefs peut-elle durer au-delà de la désignation du chef?
Si la réponse est oui, alors il est probable que John McCain remporte l’élection présidentielle américaine de novembre. Et il y a fort à parier que, de notre côté de l’Atlantique, l’on va reprendre de ceci jusqu’en 2017.

Attention. Ce n’est que mon avis. Il n’a pas la prétention d’être plus éclairé que le vôtre, mais il est là: les options politiques auxquelles j’adhère ne sont pas celles qui connaîtront le cheminement le plus évident. En 2008, en 2012, et qui sait, peut-être au-delà. Mais le pessimisme n’a jamais aidé personne, et je peux aussi me planter dans les grandes lignes, alors je me tais, et j’attends.
D’ici là, M. Obama a rendez-vous avec son destin.
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P.S.: Sinon, et dans un tout autre registre, aujourd’hui cela fait un an que j’entretiens une relation à distance avec un certain Poussin. Soit la majeure partie du temps qu’a duré notre relation jusqu’à présent. Je pense pouvoir affirmer que ça va toujours bien, qu’il y a de l’amour, et que même si ce n’est pas facile tous les jours, nous avons réussi à être heureux. Une liste de cadeaux a été déposée chez Colette, chez Louis Vuitton et au Sexodrome de Pigalle pour fêter ça. A votre bon coeur!

5 réflexions au sujet de « Guerre des chefs »

  1. Félicitations pour cet anniversaire !
    Pour le cadal, j’avais pensé à une carte au Parti S******ste, mais maintenant que tu le dis, un petit truc en provenance du Sexodrome fera très bien l’affaire !!! 😉

  2. félicitations pour ton année de relation à distance =) !

    en ce qui concerne ton analyse politique, figure-toi que je partage totalement ton opinion… même si je ne suis pas forcément pro-PS, je trouve dommage qu’on soit privés d’une réelle opposition à Sarko à cause de la guéguerre des chefs qu’ils se livrent depuis… 2002?

  3. Il semblerait qu’elle négocie tout de même une porte de sortie honorable. ( poste de vice-président, conseillère sur le dossier de la santé publique ou encore remboursement de ses dettes de campagne … )
    Affaire à suivre … à distance ! 😉

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