Du potentiel érotique de Jean-Marc Barr

Tout se joue super tôt dans l’existence. Regardez-moi : il n’y a qu’à voir à quoi je ressemblais en maternelle pour ne pas s’étonner de ce que je suis devenu. 1) D’abord, les filles, toujours présentes en nombre dans ma vie, ont commencé dès cet âge à constituer la quasi-intégralité de mes relations. 2) Ensuite, le rapport à l’altérité sexuelle, découlant, directement ou pas, du premier point : en gros, mes rapports avec mes collègues de la gent masculine sont calqués sur ceux entretenus par mes copines pintades. J’ai beau en faire partie, ils sont un peu le camp adverse, dans mon inconscient sexué. Donc je perçois souvent ces messieurs comme une espèce de grande fratrie à l’humour gras, se serrant les coudes et n’acceptant les petits nouveaux que s’ils font preuve de prestance couillue devant un match de foot/rugby/handball/n’importe quel sport collectif regardable avec des bières, et bizarrement j’ai toujours eu du mal à me sentir intégré dans cette belle solidarité. Les filles, elles, sont toujours prêtes à accueillir les garçons parmi elles, même s’ils ne regardent pas le foot avec elles, et sans trop d’arrière-pensées (surtout s’il n’est pas question pour nous de chercher à les sauter). En gros, et par voie de conséquence, à cause de ces préjugés grotesques, ma communauté d’affinité, c’est celle des dindes, même si en tant que dindon je fais office d’intrus. 3) Enfin, ma conception de l’homme idéal.

Là aussi, tout s’est joué super tôt, et bien évidemment de manière inconsciente (quoique) : le premier vrai choc esthétique de mon existence, c’est lui :

Hier soir, la six nous gratifiait de la 800ème diffusion du Grand Bleu, le film ultra-culte de toute une génération, à laquelle je n’appartiens pas mais que je n’ai pas trop de mal à comprendre. Compte-tenu de son époque, ce film est une réussite : bande-son parfaite, acteurs jeunes, beaux, drôles mais pas trop, histoire poétique et visuellement réussie d’une quête de sens et de sensations. Et Jean-Marc Barr. Rhaaaaaaa, Jean-Maaaaarc! Rosanna Arquette avait beau être magnifique (malgré ses sourcils mal épilés, mais c’était quoi, leur problème, dans les années 80??), Jean Reno avait beau tirer son épingle du jeu, celui qui crève l’écran, c’est Jean-Marc Barr. Je ne m’explique pas pourquoi il fait cet effet là (en tout cas, je ne suis pas le seul apparemment), mais hier soir en revoyant le film, malgré sa bande originale qui a pris un coup de vieux, sa réalisation tellement « bessonienne » et ses gags aujourd’hui vus et revus mille fois, cela m’a sauté aux yeux : Jean-Marc Barr dans Le Grand Bleu est mon premier émoi amoureux de cinéma. Jean-Marc Barr a déterminé mon orientation sexuelle!! Le corps de nageur? Peut-être. Les yeux et le sourire énigmatique avec lesquels il allume la pauvre Rosanna avant de la négliger comme un vieux jouet abimé? Probablement. Et les cheveux? Très certainement.

Et comme, paraît-il, on cherche toujours au cours de sa vie amoureuse à retrouver l’ivresse de son tout premier coup de coeur, celui qui a été à l’origine de tout, je ne peux pas m’étonner de n’aimer que les petits trapus à cheveux ultra-courts, ne reculant même pas devant les calvities naissantes… Parce que, bon, faut bien avouer, aujourd’hui, Jean-Marc Barr, il s’est un peu laissé pousser le front. Mais vous savez quoi ? Même comme ça, je le trouve irrésistible! Comme quoi, les névroses trouvent un semblant d’explication dans la culture populaire!…

Et aussi, peut-être, dans l’obsession parentale de vous tondre la tête une fois par mois jusqu’à votre adolescence (par hygiène?).

Mais là n’est pas la question : voila donc de quoi va parler ce blog, j’ai trouvé! Comme certains d’entre vous, premiers lecteurs de ce tout jeune blog, que je connais dans la vraie vie, le savent, j’ai une culture de merde. Enfin, pas de merde, mais j’ai une culture générale pop mainstream, que je n’ai globalement pas cherchée beaucoup plus loin que dans ma télé, mon ouèbe, mes radios musicales pourries et, quand même, quelques livres. En résumé, je ne suis pas quelqu’un de très underground : à l’adolescence, je n’ai pas poussé la curiosité culturelle hors des sentiers battus de la télévision hertzienne, de MTV et de mes romans. Et pourtant… Je viens de passer cinq ans en cursus « grande école » (mon Dieu que ce terme peut me gêner parfois), sans chercher à en savoir plus que ça!

Je m’explique : en plus de ma légendaire fainéantise, une partie de moi souhaitait tout simplement voir si, effectivement, j’avais mérité ma réussite au concours, ou si au contraire j’allais vraiment devoir me bouffer du Tocqueville, connaître par coeur les noms de tous les chefs d’Etat du monde ou sortir dans mes conversations privées des extraits d’arrêts de la Cour de cassation. Bosser, quoi. Et faire semblant de kiffer ça.

Résultat des courses : cinq ans plus tard, une culture générale toujours d’une déplorable putasserie, que je n’ai eu aucun scrupule à mobiliser devant de très sérieux professeurs, et quelques apports, tout de même, de ma scolarité à ma curiosité et à mon ouverture sur le monde. Ma culture toute pourrave, je l’ai allègrement étalée, comme de la confiture quand on arrive à la fin du pot. Et bizarrement, quand on est capable de se souvenir des paroles des tubes de Larusso ou de Sandy Valentino (qui???), on impressionne les gens. Ou on passe pour un gros freak, au choix. Eh bien vous savez quoi ? C’est fou comme connaître les régions d’origine des miss France ou les noms de tous les mecs de Paris Hilton peut s’avérer utile pour réussir dans les examens et dans la vie. Et pour se payer des grosses hontes de classe internationale, parfois. Mais aussi et surtout pour éclairer le quotidien d’une lumière pop bien plus rigolote.


3 réflexions au sujet de « Du potentiel érotique de Jean-Marc Barr »

  1. Mais le pire c’est que tu as raison! Ma meilleure amie aussi a déliré sur ce mec quand elle était plus jeune, et maintenant tous ceux sur qui elle flashe lui ressemblent comme deux gouttes d’eau. Perso, j’aime qu’un homme ait des cheveux, alors… 😀

  2. Comme je te comprends, je le trouve absolument magnifique dans ce film… Je ne l'ai plus jamais trouvé aussi beau après.
    Mais c'est sans doute le sujet qui me fait ça aussi, parce que j'ai dû être un poisson dans une autre vie, alors je comprends sa passion.

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