Back to Dark

# Pffff, bord*l à queue! On peut pas se barrer trois jours sans qu’ils pondent une nouvelle modif dans le menu de Blogger… #

Revenant d’un week-end ma foi fort reposant sur la côte normande, et constatant avec désarroi que je ne vous ai pas manqué du tout, je m’en reviens vers vous, non pas pour vous raconter mon week-end, mais pour vous évoquer ma dernière sortie ciné. Bien fait pour vous, bande d’ingrats !

Donc, The Dark Knight… Bah ouais, pas plus intelligent que le batracien moyen, je me suis moi aussi laissé tenter par le plus gros succès de tous les temps au box-office américain (enfin, derrière le bateau qui coule, hein, comme d’hab’), et par le parfum de succès, voire de chef d’œuvre, qui le précédait avec force et persuasion. Mais bon, pour être honnête avec vous, j’y allais avec un a priori plutôt négatif (c’est Alex qui m’y a traîné, pour ma part je n’étais pas pressé de le voir au point de me jeter dessus le jour de sa sortie). Car oui, je m’étais royalement emm*rdé devant Batman Begins en 2005, pompeux prequel à la saga de Tim Burton (du moins le croyais-je à ce moment-là) qui avait surtout bénéficié, fort opportunément d’ailleurs, de la romance naissante entre Katie Holmes et Tom Cruise pour une promo bien people… Ce film était chiant et sonnait creux après les quatre opus qui l’avaient précédé avec plus ou moins de bonheur:

1989 : Batman, de Tim Burton. Jusqu’alors, Batman était un vieux comics, adapté en dessins animés pour mômes et vaguement porté au ciné dans des films kitschouilles. Batman et son boyfrie… euh, acolyte Robin portaient des collants ridicules, des couleurs criardes et avaient plein de gadgets pour jouer à un manichéen jeu de course-poursuite « les bons contre les méchants qui veulent détruire le monde parce qu’ils sont très méchants ».

Mouais. Rrrrrrr, sexy!

Mais Tim Burton change tout cela, en proposant un brillant exercice de réalisateur : insuffler sa patte, son univers à une franchise réputée intouchable. Le méchant est épatant (Jack Nicholson, Joker apparemment indétrônable) et à la limite du personnage de cartoon, la fille est cruche mais pas trop (bah ouais, elle est journaleuse, quoi, c’est bien la caution intellectuelle qui prouve qu’elle est pas complètement conne, non ?), l’univers est dark et la parabole sur le héros mal-aimé car méconnu, des années avant la saga Spiderman, est intelligente et bien menée.

1992 : Batman, le défi, de Tim Burton. Tant qu’à faire, autant exploiter le filon, et pourquoi pas tenter une suite encore meilleure que le premier, déjà culte. Mission accomplie avec une intrigue plus complexe, des maquillages et décors parfaits, des méchants plus nuancés, et une Catwoman génialissime. Michelle Pfeiffer tient un de ses plus grands rôles, et entre dans le Panthéon des bombes sexuelles du cinoche.

1995 : Batman Forever, de Joel Schumacher. Changement de réalisateur, changement d’univers. Rien que pour ça, le film est réussi : qu’on aime ou pas (et beaucoup de gens détestent car ils ne peuvent s’empêcher de comparer avec le travail de Tim Burton), cette suite se tient, elle est honorable en ce qu’elle apporte à l’histoire de Bruce Wayne… Elle porte juste la patte d’un nouveau réalisateur, qui n’a peut-être pas la carrure d’un Burton mais qui comme ce dernier s’est livré à l’exercice de donner sa personnalité au film. En l’occurence, la personnalité de Schumacher mène à un film d’action mainstream, avec sa petite dose de kitsch coloré déglingué. Et pourquoi pas après tout. Dommage, toutefois, que Tim Burton n’ait pas tenté l’aventure une troisième fois. Restent Nicole Kidman et Jim Carey, qui tous deux portent l’essentiel de ce que le film a de charisme.

1997 : Batman et Robin, de Joel Schumacher. Quatrième film, qui ne sert à rien si ce n’est à presser le citron un peu plus en exploitant deux nouveaux méchants pas encore apparus jusqu’alors au cinéma : Poison Ivy et Freeze (Arnold Schwarzenegger, grotesque). George Clooney n’est pas convaincant en Bruce Wayne, le personnage de Robin est déjà apparu dans le film précédent, cela fait belle lurette que la population de Gotham fait confiance à Batman et qu’il n’a donc plus le statut de héros honni, la nouvelle combinaison en latex donne l’impression que ce film était uniquement destiné à quelques fétichistes pervers qui voulaient voir les fesses de George moulées dans un collant improbable (dont moi, j’avoue, mouarf)… Bref, en plus d’être visuellement raté, ce dernier film ne sert à rien.

Donc, lorsque Batman Begins sort en 2005, la rupture de ton est frappante : ce film là se prend au sérieux, manque cruellement de la dimension ludique ou de l’inventivité esthétique de ses prédécesseurs. En plus, Bruce Wayne met dix piges à endosser le costume et l’identité de Batman. Ça traîne en longueur, ça répète des informations déjà dites dans les films précédents sur le passé de Bruce Wayne tout en les contredisant, ça manque de peps et de funkyness, tout ça.

Et puis j’ai réalisé que Christopher Nolan mettait en place une nouvelle saga, avec, donc, de nouveaux visages, pour les héros comme pour les vilains, et une nouvelle façon, moins comics, plus adulte mais finalement intéressante quand même, d’aborder le personnage de Batman. Ce qui l’amène à mettre en scène une autre histoire, en fin de compte. Harvey Double-face ne serait donc pas le complice de l’Homme Mystère, le Joker ne serait donc pas le meurtrier des parents de Bruce, la fille ne serait donc pas systématiquement une blonde (et, mieux, la même fille pourrait apparaître dans deux films de suite, sans se cantonner à un rôle de cruche James Bond Girl)… Bref, il fallait oublier tout ce que nous savions de Batman grâce à la saga précédente : c’est une nouvelle histoire que Nolan nous raconte.

Vu comme cela, le deuxième opus était (un peu) plus alléchant. Car oui, au final, ça se traîne encore un peu en longueur, ça se prend au sérieux… bref, ce n’est plus la démarche fun et comics que c’était, et du coup, bah désolé mais j’accroche moins. Ce qui n’empêche pas The Dark Knight d’être un très bon film, dans un ton différent de Burton ou de Schumacher, avec une réalisation soignée, une nouvelle histoire, un Bruce Wayne doté d’une dimension moins « aristocrate balais dans le c*l » et plus playboy que celui qui vivait sous les traits de Michael Keaton… Bref, c’est différent, c’est bien aussi, mais j’aime moins. Mon conservatisme habituel.

Quant à la prestation du regretté Heath Ledger, dont tout le monde a dû vous dire qu’elle était géniale et hallucinante (on parle de nomination posthume aux Oscars) et qu’elle faisait oublier le génial Jack Nicholson…

Eh bah c’est vrai.

Verdict : vous pouvez y aller, les enfants, allez. Vous aimerez, ou pas, mais ce n’est pas du foutage de gueule, ce qui est appréciable pour un blockbuster estival.

4 réflexions au sujet de « Back to Dark »

  1. ah ben bravo! maintenant je sers d’excuse pour aller voir des blockbuster! belle solidarité, bel esprit monsieur!
    bon plus sérieusement, j’ai réussi a trouver heath ledger sexy malgré le coté totalement sadique et flippant du joker.. ca doit etre mon coté, je kiffe les bad boys…ou mon coté amenez moi en hopital psy peut etre…

  2. @ alex: Rhoooo bah faut pas s’énerver!! De toute façon j’y serai allé, j’étais trop curieux de le voir, donc autant que ce soit avec toi! Quant à la sexy attitude de Ledger en Joker… moui, je dirais option numéro deux pour toi: HP!!!

    @ marine: eh bien rassure-toi, dans The Dark Knight ça démarre direct et on se ronge assez facilement les ongles!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*