L’exposition Annie Leibovitz

Regarder sa vie défiler en photographies doit être fascinant. Je crois que c’est un peu pour cela que, même du haut de nos vingt ans, nous nous acharnons à prendre des photos ultra laides de soirées arrosées sans grand intérêt (que ce soit en termes d’art ou de souvenir) : dans l’espoir qu’un jour tous ces clichés alignés soient capables de suivre ce qu’a été notre cheminement dans l’existence. Mon moi égocentrique y aspire, en tout cas, pour mes vieux jours. Ce week-end, j’ai cédé à ma curiosité d’aller voir l’expo consacrée à Annie Leibovitz à la Maison Européenne de la Photographie. « Annie Leibovitz : A Photograper’s Life 1990-2005 ». Annie Leibovitz, vous en avez sûrement déjà entendu parler dans la mesure où c’est l’une des plus grande photographes de la presse people (au sens noble du terme, hein, on n’est pas chez Closur ou chez Publuc, ici… ah si?). Les photos de la petite Suri (mouarf) Cruise en exclu mondiale en Une de Vanutu Fair, c’est elle; la photo de John Lennon nu embrassant Yoko Ono habillée, prise la veille de sa mort en 1980, c’est elle… Bref, elle a du métier et de la bouteille, et ça fait un moment que beaucoup de gens lui font confiance pour les immortaliser. Et certains de ces célèbres portraits jalonnent l’exposition, qui marque le contraste saisissant entre ce qu’une photographe professionnelle crée avec et sans moyens, avec des éclairages et maquillages pro et avec un simple appareil familial. De manière chronologique mais non stricte, les travaux de Leibovitz et des clichés privés défilent, sous nos yeux, nous menant peu à peu à l’étonnante jeune mère quinquagénaire qu’elle est aujourd’hui. Nous mettant face à ses bonheurs autant que face à ses épreuves.
Je ne souhaite pas dévoiler ici ce que l’exposition offre à voir, parce qu’après tout vous êtes simplement penchés sur des écran d’ordinateurs, présentement, mes enfants, et que cela ne saurait faire la blague. Juste quelques clichés qui m’ont marqué et qui, je pense, ne seront pas les mêmes pour vous si jamais vous allez voir l’exposition…

Quant à mon avis sur cette démarche alternant photos « de commande » qui ont rendu Leibovitz célèbre et photos personnelles de sa vie privée et de la longue maladie de sa compagne Susan Sontag, j’ai finalement peu à en dire. Je me suis parfois senti mal à l’aise devant des images qui ne représentaient pas spécialement d’intérêt esthétique et qui contribuaient surtout à une certaine forme de voyeurisme, probablement salutaire pour le travail de deuil de l’artiste. En revanche, j’ai été frappé par la force de certains clichés, et j’ai trouvé la vision de ces quelques années de bonheur fragile défilant sous mes yeux particulièrement poignante. Par ailleurs, et ce n’est là que ma vision des choses, j’ai trouvé frappante la mélancolie, la quasi-tristesse émanant des photos les plus anciennes, celles du bonheur passé qui, déjà, semblait se distinguer par sa précarité.
Autant dire que ça donne un peu le bourdon, cette expo, mais qu’en définitive, c’est vraiment un beau moment.
Je vous encourage donc à y aller, car pertinente ou non, je crois que la démarche de Leibovitz ne vous laissera pas indifférents.
Un petit aperçu, donc, sans en dévoiler trop j’espère…

Une réflexion au sujet de « L’exposition Annie Leibovitz »

  1. je sais ce que je fais, non ce weekend, mais celui d’après!
    ce dimanche avec ma soeur on a hésité entre cette expo et avedon et on a opté pour avedon! c’etait très beau ceci étant dit! je te la conseille aussi: c’est assez court mais quand on aime la photo, il y a un grain totalement unique!

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