Qu’ils sont mignons…

Vous me connaissez. Ou pas d’ailleurs. Qu’est-ce que ça change, de toute façon, c’est juste une intro pour dire que j’aime pas les chiards… Oups.
Bon, j’ai bien conscience de passer pour un affreux mysanthrope en écrivant ça. Mais c’est comme ça depuis des années. J’aime pas les enfants. C’est que, même à l’âge de trois ans, je me tenais déjà admirablement bien en toutes circonstances. Parce que je suis un être tellement proche de la perfection, entends-je au fond de la salle? Non, parce que j’étais encadré (mais je donne quand même un point supplémentaire au fayot du fond de la salle). Je chouinais pour une broutille dans un lieu public? « Bam, une claque sur le derrière, au moins tu chiales pour quelque chose ». Je réclamais sans cesse un truc qui n’était pas disponible dans la seconde? « MEEEEEEEEEEERDEUH, J’TE DIS QU’Y’EN A PAS, J’VAIS PAS T’EN CHIER, DU KETCHUP!!! ». Mes premiers gros mots étaient des signes d’autorité. Du coup, l’autorité me fait plutôt marrer.

On voit le résultat vingt ans plus tard: je ne supporte pas ce qui insupportait mes jeunes parents chez les gnomes. A savoir les cris, les jérémiades, les bousculades, les courses-poursuites dans les lieux publics où ils se moquent de déranger des gens, les disputes. Bref, dès qu’on entend leurs voix à plus de cinq décibels, quoi.

Alors laissez-moi vous dire que je surkiffe le bus parisien.

Ouais, je sais pas si vous avez remarqué, mais les moutards sont de sortie aux heures de pointe, comme tout le monde. Le matin ils vont au square ou je ne sais où, le soir ils rentrent avec leur malheureuse mère ou baby-sitter payée au lance-pierre. Et je sais pas pourquoi, mais dans mon bus (ouais, MON bus), ils ressemblent un peu à ça:

Ma vision du bonheur matinal: une gnafronne de quatre ans monte, juchée dans une poussette, hurlant à l’agonie. Bon, déjà, cocotte, à quatre ans on apprend à se tenir debout dans le bus: ça sert pour plus tard et ça empêche ta p*#%$*§ de poussette d’encombrer le passage où on a déjà du mal à trouver une place pour poser ses pieds. Bref, la pauvre gamine hurle sa faim, et son inspirée génitrice finit par avoir l’idée de jeter au fauve… une madeleine. C’est bien, une madeleine, ça fait pas mal aux dents, hein. Et ça s’émiette bien, surtout. La monstresse s’émiette d’ailleurs la madeleine sur son visage plein de bave, elle en a partout autour de la bouche. Occasionnellement, elle mâche un morceau, qu’elle rebave au bout de quelques secondes sur son T-shirt. Puis elle s’applique consciencieusement le reste de la madeleine dans les cheveux, avant d’essuyer sa mimine sur mon pantalon… Bah oui, vous pensez bien que la poussette était stationnée sur mon pied gauche, sinon je n’aurais pas eu le loisir de contempler ce fascinant spectacle.

Comme on n’est pas chez mémé, je jette un regard mauvais à la mamounette, parce que, bon, personne n’a demandé à se faire saloper ses sapes par sa miocharde. Savez-vous ce que fit la dame, environ 25 secondes après?…

Elle redonna une madeleine à sa crapaude, qui s’était remise à chouiner et qui recommencça l’opération précédemment décrite. Deux arrêts avant que je descende, une famille avec quatre gamins de moins de huit ans monta. Bruyants, eux aussi. Ma descente du bus fut un soulagement, j’avais l’impression d’être une comédienne de Plus Belle La Vie sortant de la salle aux araignées et aux rats dans Fort Boyard.

Deux moralités à cette douce fable:

– Si je dois un jour avoir des gamins, je crois que ce seront les seuls dont je supporterai la présence prolongée; par ailleurs, je ne crois pas projeter d’avoir des enfants pour ce genre de joies visuelles et auditives de la petite enfance: il faudra que j’envisage plus froidement la paternité comme la construction d’un adulte épanoui et intéressant que comme l’élevage d’un nain hystérique, sinon je n’aurai pas le courage…

– Mine de rien, ces marmots crasseux sont un phénomène de régression intellectuelle (ou plutôt de progression intellectuelle non encore entamée) si intéressant à observer que mon trajet de bus m’en a presque semblé raccourci.

7 réflexions au sujet de « Qu’ils sont mignons… »

  1. Ah ah je me suis fendu la poire! J’ai les mêmes spécimen dans ma galerie commerciale. Les parents ne semblent absolument pas gênés de l’attitude de leurs enfants. Si je me lance un jour dans l’aventure de la procréation, je pense que je serai tellement stricte qu’aucun n’osera ouvrir la bouche 😀

  2. personne ne nous oblige à aimer les enfants des autres ni a les amener en Corse avec I muvrini et des murs!!!
    de toute facon c’est ton destin de « best potential father » tu n’y peux rien!! ahahha! et puis on te fera garder nos morveux aussi, hein, je sens que tu vas kiffer etre tata!

  3. Ca fait longtemps que je n’ai pas commenté, boulot oblige (hum hum, ok, vacances oblige aussi), mais je trouve que ta plume s’améliore de jour en jour 🙂
    Et cette histoire de schtroumpf bruyant et crado m’a bien fait rigoler car moi-même, je me surprends à avoir envie de leur mettre un sac plastique sur la tête. Et pourtant, les mômes me mènent à la baguette, va comprendre…

  4. un vieux proverbe chinois qui ne l’est pas (chinois et vieux) :
    « les enfants c’est comme les pets, on ne supporte que les siens »
    cqfd.
    j’ai tout dis sur mon amour pour les enfants.

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