La dernière rentrée

Ce week-end n’aura pas seulement été marqué par l’interview de Mylèèèèèène déclarant à Claire Chazal qu’elle la trouve « très jolie et très sensible (contrairement à cette p*te arriviste de Laurence Ferrari qui a piqué la place de PPDA et qui a refusé de me recevoir en plateau)« . Non, il n’y a pas eu que ça. Il y a aussi eu une étape cruciale de ma vie familiale. Depuis hier soir, dimanche 31 août 2008, mes parents n’ont officiellement plus de moutards à la maison. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour ma mère ça veut dire beaucoup. Vous n’avez pas d’enfant, ma brave dame? Bon, vous avez au moins été le lardon ou la lardonne de quelqu’un, non?

Bref, en nous voyant partir pour Paris, et avec la perspective de se retrouver seule, nez à nez avec mon père en rentrant, pas pour la première fois, mais d’une certaine manière de façon définitive, elle nous a fourgué la moitié du contenu du frigo de peur que nous nous laissions mourir de faim. Car si le frangin roule sa bosse hors de la maison depuis un bail, nous avons bien cru que nous ne réussirions jamais à le sortir du lycée. Et puis, en juin dernier, il a vaguement bachoté son bac, et il l’a eu, l’enfoiré. Du premier coup, en plus. Comme quoi, l’appeler « Dunaze » pendant des années aura porté ses fruits: il a dû avoir envie de me/nous prouver le contraire. Et le voila propulsé dans la vie étudiante en ce beau 1er septembre, dernier d’une fratrie de deux où il a fallu, comme votre serviteur, trouver une place et une identité. Le cancre sympathique contre le balai dans le c*l, je vous laisse imaginer la répartition de ces rôles, bien sûr.

Toujours est-il que la scène d’hier soir m’a, un peu, rappelé l’un des plus agréables films qu’il m’ait été donné de voir en cet été qui s’achève: Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon, qui est déjà sorti il y a un bail mais que je vous encourage à voir si vous en avez l’occasion (et pas seulement pour la chanson de Daho). La première scène du film, avec le départ de l’aîné pour sa piaule d’étudiant et la môman qui cherche à le retenir, était un peu du même accabit que mein Mutter retardant notre départ en cherchant ce qu’elle pourrait bien nous refourguer de plus pour perdre encore quelques instants. Vous me direz que j’étais le premier à partir, comme dans le film, et que la scène aurait dû me faire penser à moi. Mais en fait non, quand je suis parti de la maison il y a cinq ans, mes parents sont venus aménager mon premier appartement avec moi à Bordeaux et m’ont lourdé sur place, ce qui finalement ressemblait plutôt à une arrivée en colo. Donc non, je n’ai pas eu droit à la larmoyante scène de chantage affectif pour m’empêcher de passer le seuil de la porte. J’ai eu droit, en revanche, à la scène d’adieu, avec voiture qui s’éloigne à l’horizon et Mère qui reste scotchée à sa fenêtre pour me regarder devenir tout petit au bout de la rue.

C’était vachement émouvant aussi, en fait.

Comme quoi, les parents, faut savoir les abandonner à temps, sinon, c’est qu’ils ne vous laisseraient jamais partir, ces zèbres-là. Si j’étais resté au patelin avec eux, je passerais mes samedis soir au Macumba situé à 60km de là, je roulerais bourré pour y aller, j’aurais une majorité de potes agriculteurs et je voterais fièrement Sarkozy en crachant sur les feignasses aux 35 heures et les racailles que personne n’a jamais vues au patelin… Non pas que mes parents soient comme ça, mais bon, l’environnement, vous savez ce que c’est, ça déteint.

Mouais. C’est rare, mais je suis d’accord avec ma mère. Il était temps que mon frère se barre de là.

7 réflexions au sujet de « La dernière rentrée »

  1. C’est beau ce que tu écris… J’en verserai presque une petite larme…! Je ris mais en fait, je comprends ce que tu dis.
    Dans ma famille, on fait l’inverse, la maison va s’agrandir à nouveau car la frangine revient y habiter. Je ne sais pas à qui ça va faire le plus drôle, mais c’est possible que ce soit aux parents (ils ont beau essayer, ils n’arrivent pas à se débarrasser de nous!;-))

    Bon, faut qu’j’aille voir le premier jour du reste de ta vie, moi, maintenant….
    (tout le monde ne m’en dit que du bien!)

  2. @ alphonsine: et surtout, ils ont trois filles, les pauvres (mouarf)!

    @ chondre: Ouiiiiii, je sais, mais je n’arrive pas à trouver comment on fait pour cesser cette scandaleuse discrimination à l’entrée du commentaire!! Je vais essayer de demander autour de moi… 🙂

  3. Une fois dans le tableau de bord blogger tu cliques sur l’onglet « paramètres » puis dans l’espace « qui peut ajouter des commentaires » tu coches la case « toute personne, inclut les utilisateurs anonymes »

    Wala.

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