Actrices nues et métrokipu

Je sais pas si tu as remarqué, lecteur parisien… ah oui, au fait, aujourd’hui, je discrimine le lectorat non-parisien pour partager une expérience de proximité, mais bon, les non-parisiens peuvent me faire partager leurs expériences sensorielles aussi pour me prouver ma fermeture d’esprit, hein.Bref.

Donc je disais : je sais pas si tu as remarqué, lecteur parisien, mais ces derniers jours, dans les stations du métro parisien, on voit fleurir la version 4×3 de l’affiche du Bal des actrices, le dernier film de Maïwenn Le Besco. Bon, je vais pas en parler d’un point de vue cinématographique, tu me connais, parce que : 1) je l’ai pas vu, 2) pour les chroniques culturelles, ici, on est loin du niveau Télérumu, 3) ça sort que dans une semaine, et 4) mais qu’est-ce que les régies pub attendent pour me contacter et me corrompre avec des invitations VIP aux avant-premières des films, je te le demande ??

Re-bref, si je te parle de ça, c’est point pour le film, mais plutôt pour l’affiche, vois-tu. Oui, je sais bien que tu vois.

Donc, ça ne t’a pas échappé (si ?), de Mélanie Doutey à Julie Depardieu en passant par Karin Viard ou Estelle Lefébure (oui oui, Estelle Lefébure est actrice), elles sont toutes à oilpé, comme pourrait dire une bachelorette. Non pas que cela me gêne, mais cela suscite chez moi un réflexe étrange : ça attire mon oeil. Ouais. Comme toute âme en peine condamnée à prendre le métrokipu de bon matin, j’erre dans les couloirs de la station en écoutant du Madonna sur mon Ipud comme une connasse, le cerveau embrumé et la bave aux lèvres, et tout à coup, mon oeil se trouve hapé par une affriolante cuisse féminine en liberté sur une affiche… Moi !

Si ça ne m’avait fait ça qu’à la première affiche croisée, mon enfant, je ne m’affolerais pas, et je me dirais que je suis juste une courgeasse de ménagère en puissance, incapable de résister aux arguments bassement provoc’ de la publicité. Mais cela arrive à chaque fois que je recroise l’affiche !

Peut-être pour le côté « empilage de chair », ou peut-être juste parce que j’ai une réaction épidermique judéo-chrétienne à la vision de la nudité : ça perturbe le cours de ma pensée, et c’est incongru, même dans le métrokipu. Donc mon oeil torve est mécaniquement attiré par ces multiples cuisses, hanches, bras, ventres entremêlés dans une esthétique orgiaque à la Shortbus (qui-qui m’a emprunté le DVD de Shortbus, d’ailleurs, ça me contrarie beaucoup ?). Bref, mon oeil est donc capable d’être attiré par une vision de nudité féminine. Mais merde, ce sont des femmes, quoi !! Cela devrait m’indifférer au moins autant qu’une pub pour le gel intime Rogé Cavaillus ! Et pourtant, le mini-buzz s’opère dans ma cervelle à chaque fois, en une demi-seconde : oh, des femmes nues ! Ce n’est certes pas du niveau de Madonna sous l’objectif de Lee Friedlander (encore heureux, bonjour l’émeute, sinon), mais quand même…

Par ailleurs, j’ai un peu la teu-hon de m’attarder devant l’affiche, parce que cette photographie (qui a dû être over-funky à prendre, quand j’y pense – « Attention, Julie, on voit ton nichon ! », « Karin, plie les jambes !! »…) a un défaut majeur : on est un peu obligé de s’attarder devant (et donc de passer pour un hétéro cochon) pour reconnaître les actrices qui y figurent.

On relèvera (ou pas) l’absence de Muriel Robin, qui fait pourtant partie du casting du film. Dommage, l’affiche serait devenue culte. Ou pas.

Du coup, je me demande si j’irai voir le film… Le casting a l’air épatant (où qu’elle est, Adjani ?), mais j’avoue que j’ai un peu peur que l’affiche ne soit que de l’épate-bourgeois, et aussi un peu peur de ne rien piger, comme lors du premier film de Maïwenn (Pardonnez-moi, en 2006 : le film dont le titre te présente des excuses pour avoir payé 8,50€ et rien compris à l’intérêt de l’histoire).

Mais bon, que le film soit bon ou pas, je suis prêt à pardonner beaucoup de choses à Marina Foïs.

2 réflexions au sujet de « Actrices nues et métrokipu »

  1. Ca me fait penser à certaines photos de The L Word (pfff, copieuse de Maiwenn, pas bien, pas bien)! Sinon, c’est vrai que j’aurais un peu honte de m’arrêter devant pour reconnaître les actrices,ça m’étonnerait que les gens se disent autre chose que « elle mate des filles à poil » 😀

  2. AH merci !!!
    Me suis pas arrêtée non plus, par peur du jugement social … puf !
    Surtout que c’est comme ça que j’ai découvert que Bohringer est enceinte ?!? (je lis pas Voilou, sorry !)

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