It’s a recession when your neighbor loses his job; it’s a depression when you lose yours.

Je t’avais promis de t’éviter les coups de calcaire après ma pause bloguesque. Et bah au final je me rétracte, parlons soucis, parlons crise, parlons climat social. Call me François Fillon (nu).

Tu as remarqué, lecteur, c’est plutôt naze d’être jeune diplômé en 2009. Dans les faits, je le suis depuis 2008, mais comme j’ai pris un abonnement chez Nouvelles Frontiures au safari « série de stages payés au lance-pierre », en vrai je surnage dans mon statut d’étudiant attardé. Pour ton info, je fais actuellement ma dernière semaine de stage (youhou) et je n’ai pas de plan pour la suite. Mais bon, pas de panique.

L’un d’entre vous a-t-il son brevet de pilote?

Un peu blasé mais aussi très préparé psychologiquement à cette éventualité, je me gave de Kinder Buenu depuis deux semaines et j’ai pris trois kilos. Être djeunz, c’est naze, au final. Dommage, il paraît qu’être vieux, c’est pire. En résumé c’est difficile de savourer ces dernières bribes de jeunesse insouciante vu le panorama qui s’offre à moi dans les prochaines semaines.

Et bah tu sais quoi ? Je trouve que les gens font vachement les faux derches à ce sujet, et je m’en étonne. C’est vrai, quoi, la crise, la Chômagie, ça fait des sujets de conversation avec le chaland, ma brave dame. Et bah nan, que dalle. Mes collègues de la compta ou des RH, quand ils me croisent, ils ne se soucient pas un instant de mon (très proche) futur sort, eux mêmes qui ne m’ont pas embauché parce que « c’est la crise » et « on a des restrictions budgétaires de malade ».

Cela n’a pas l’air de les effleurer, que si eux ne m’ont pas embauché pour ces raisons, d’autres risquent de ne pas le faire… pour exactement les mêmes raisons.

D’où mon questionnement : est-ce que la winner attitioude en entreprise oblige les gens à occulter les difficultés socio-économiques qui prennent naissance chez eux ? Pour être corporate, il ne faut pas aborder le sujet qui fâche du stagiaire à qui on avait fait miroiter une pré-embauche ?

Je trouve ça bien bête, mes enfants. Parce que 1) ça fait bien quatre mois que j’ai senti le vent tourner et que j’ai intégré le fait que mon embauche était plus qu’incertaine, et 2) ça va, les gars, je le sais, que c’est pas de votre faute, alors arrêtez de me sortir des « Tu vas prendre des vacances, c’est chouette » ou des « Tu vas trouver tout de suite ». L’exemple typique, c’est quand on me demande en quelle année je passe, que je réponds « Ah nan mais j’ai fini mes études, là, je cherche du boulot » et que la personne prend un air vaguement gêné (« Ah merde, il devait être embauché, lui… »). Notre secteur, en ce moment, c’est la dèche intégrale, ne nous leurrons pas, et je n’en veux à personne. Mais quand on me joue la comédie du « Ah, mais c’est génial, tu pars vers d’autres horizons, alors ! » en sachant pertinemment que je n’ai pas d’horizon, ça m’horripile.

Cela me donnerait presque envie … euh… de m’arracher un bras pour avoir quelque chose à leur balancer.


(comprenne qui pourra)

Alors, lecteur, c’est aussi ça, l’esprit corporate ? Faire comme s’il n’y avait aucun souci ? Occulter le fait que le collègue du bureau d’à côté est viré et se casse dans trois semaines en évitant le sujet (véridique) ? S’enthousiasmer pour les milliers d’opportunités qui s’ouvrent au stagiaire pas embauché ? Nier, globalement et avec chacun, les aspects négatifs de la vie de l’entreprise ?

C’est très diplomate, mais il va falloir que je m’habitue…

5 réflexions au sujet de « It’s a recession when your neighbor loses his job; it’s a depression when you lose yours. »

  1. Bienvenue dans la vrai vie !! Mieux vaut s’y habituer.Quelques uns sont génés et sincèrement désolé pour toi, quelques autres ont peur pour leur cul ou ne savent pas comment aborder le sujet mais pour la grande majorité c’est « Tant que c’est pas moi, tout va bien alors pourquoi en parler ». Il te reste a entendre le pire de tout  » Vous avez le bon profil mais sans expérience nous ne pouvons pas vous prendre », le truc qui te donne envie de hurler  » Et comment j’acquiers de l’expérience si j’ai besoin d’expérience pour être embauché, c*nnard ? », quoiqu’avec ton style la réponse sera bien mieux tournée.

  2. J’ai compris le coup de Janice (hinhinhin)…
    J’ai compris aussi que tu attires le chaland un peu tordu qui rechercherait des clichés de François Fillon nu sur le net.

    Pour la corporate attitude, ben en gros, pour ceux qui restent, il n’y a pas 100 possibilités. Dans ma boite qui marche bien, une copine-collègue est en train de finir son CDD, pour le moment elle ne sait pas s’il sera renouvellé. Je l’espère, beaucoup de gens l’espèrent aussi, mais concrètement, on ne peut pas faire grand chose. A part glisser dans les conversations en interne qu’elle fait un bon travail et que ce serait dommage qu’elle parte…

  3. @ Joker : c’est vrai que généralement, jusqu’à présent, on me dit non en me rassurant sur mon sioupeur profil. Merci les gars, apparemment c’est très utile d’avoir un sioupeur profil !

    @ petite cervoise : évidemment que ce n’est pas de l’hostilité de la part des gens, non plus, mais bon, s’il y en avait au moins un dans le lot pour me dire en tête-à-tête qu’il sait que c’est pas ce que j’espérais et qu’il trouve ça dommage…

  4. Un seul mot d’ordre à te donner : persévérance.
    Tu vas être obligé de te dire par moment « mais COMMENT je vais me sortir de ce bourbier ????? ».
    Mais ca viendra. Si tu t’en donnes les moyens.
    Tous les gagnants du LOTO ont joué, c’est un fait.

    J’en sors, j’ai lutté, j’ai failli me pendre à plusieurs reprises. Mais j’ai eu mon heure.
    La tienne viendra, quand elle voudra.
    COURAGE !!!!!

    (et raboule ta face à Bordoche pendant tes vacances !!)

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