Plus rien n’s’oppose à la nuit

Pas grand’chose à te raconter de mon Wochenende, lecteur, si ce n’est bien sûr la petite tristesse qui ressort de la disparition d’un grand monsieur, pour qui je ne me suis jamais véritablement passionné mais qui m’inspirait une déférence certaine.

Il faut dire qu’on lui devait quelques chansons (et quelques albums) savoureux, et qu’il avait l’air d’un tonton taciturne qui nous intimiderait dans les réunions de familles mais dont on saurait parfaitement, au fond de nous, qu’il est le moins con du lot. Et puis c’était un acteur, aussi. J’avais bien aimé son face-à-face avec Arno dans J’ai toujours rêvé d’être un gangster, et je l’avais aussi remarqué il y a quelques années dans La confusion des genres. Il avait, en tant qu’acteur, ce même débit lent et cette attitude faussement pataude qui collait très bien à ses rôles.

Et puis ses dernières apparitions, si diminué, si changé, et en même temps, conservant une classe intacte. Il ressemblait, aux dernières Victoires de la Musique, au vieux monsieur qu’il ne deviendra pas. On eut presque pu penser que l’hommage unanime de la profession était en prévision de son décès, s’il n’avait pas été déjà si plébiscité depuis presque trente ans. Alors, comme tout le monde, on retiendra Vertiges de l’amour, Gaby Oh Gaby, Madame Rêve, Osez Joséphine (c’est marrant, je connais une fille qui s’appelle Joséphine et qui déteste cette chanson, alors que moi, j’aime bien la chanson de Don McLean) (une question de fréquence de diffusion, sûrement), et quelques autres…

Je ne vais pas m’appesantir, je n’étais pas un inconditionnel, et techniquement son décès ne change pas grand’chose à mon quotidien. Mais c’était un bon. Et des bons, on en manque toujours.

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