La faucheuse

Ami du vendredaï, bonsoir.

La semaine a été un peu longue, non ? C’est qu’avec toutes ces fêtes de feignasse en mai, on s’était habitués à partir en ouikène le mercredi midi, hein ? Y’en a qui devaient fulminer dans leur coin…

Donc, c’est vendredaï, on est bien épuisés comme il faut, faudrait voir à récupérer la fougue de nos vingt ans si on veut pas terminer comme Grand’Mère Yeta.

Quoique en fait, je trouverais ça cool de finir comme Grand’Mère Yeta.

Bref, que te raconter en cette fin de semaine, pour te montrer que non, je ne suis pas en voie de fossilisation avancée ?

Je pourrais bien te parler d’Hadopi, histoire de faire ma p*te blogosphérique, puisqu’il paraît que c’est l’un des plus gros sujets de la blogo pour le premier semestre 2009. Mais bon, vu que j’ai rien de très pertinent à dire sur le sujet, je vais m’abstenir…

Benoît XVI nu ?

Nan, je ne crois pas que ça te fasse rêver. Quoique, je dois dire que je n’ai jamais vraiment réussi à sonder les goûts des lecteurs de ces lignes… Et pis de toute façon pas besoin d’être grand clerc (oh oh) pour savoir ce que je pense du bonhomme.

Je pourrais aussi embrayer sur la nouvelle passion de mes lecteurs pervers : Evelyne Dhéliat en string. Mais je n’ai pas le courage de chercher les photos.

Z’êtes compliqués à satisfaire, je trouve.

Alors je vais plutôt balancer un sujet délire, un sujet que plus funkytown, tu meurs :…

La mort justement.

Oué.

Comment je t’ai séché, là !

Bon, rassure-toi (à moins que tu t’en foutes royal) (après tout le ouèbe 2.0 est un milieu hostile et cruel) (on se croirait dans un épisode de Oz) (sans les sodomies sous les douches) (bref), je n’ai point perdu de membre de ma famille ni de proche d’aucune sorte récemment. Touchons du bois, au passage, parce qu’il y a quand même du potentiel, comme chez tout le monde. Je sens que ma veine lyrique va exploser, là.

L’autre soir, avec un échantillon représentatif de mes grognasses, comme on est des gens cools, on s’est rendus dans un bar crasseux old school de Saint Germain pour faire genre qu’on se la pète grave vu qu’on est parisiens depuis plus d’un an maintenant. C’est fou comme on finit par mener une existence bobo sans même y faire attention…

Bref, c’est pas de ça que je voulais te parler…

La mort, donc.

Ah oui, alors pas la mort en général, hein, on a arrêté la métaphysique depuis les cours de philo en terminale : non, simplement, tout à coup on s’est mis à parler du vol AF 447, avec tous les gens qui étaient dedans et dont on savait pas trop au début s’ils étaient morts ou s’ils avaient échoué sur une île inconnue (genre comme dans Lost).

Lost, la série où le navion il explose à moitié en vol, mais pas complètement, où il se casse en deux parties qui atterrissent chacune d’un côté de la même île, et où il y a des survivants dans les deux parties de l’avion. Autant te dire que l’aviation civile est quand même pas si mortelle que ça.

Tu sais quoi, j’ai pas vraiment peur de l’avion, en temps normal. J’ai dû le prendre une centaine de fois dans ma vie, alors franchement je suis un rien blasé par l’appareil, et je ricane sous cape quand des beaufs applaudissent le pilote à l’atterrissage. C’est bon, les gars, on est plus en 1963.

Mais quand même, l’avion de Rio, il m’a fait passer une ou deux sales nuits.

Probablement parce qu’avec l’incertitude, on a eu le temps de s’imaginer plein de trucs horribles : scènes de panique, passagers au courant de leur mort imminente pendant plusieurs minutes, explosion en vol, dislocation, chute progressive de l’appareil avec tout le monde vivant au moment de l’impact… Bref, que de joyeusetés possibles qui font rêver.

C’est aussi ce qui explique l’emballement médiatique du début, autour de cette triste histoire, et probablement la fascination qui pousse les médias à continuer à en parler, avec plus ou moins de bon goût, aujourd’hui.

Enfin, re-bref, quand je l’ai appris, avec l’ex-co-loque, c’était en cherchant un direct de Roland-Garros sur l’autoradio en revenant d’Orléans, et on a trouvé ça hyper choquant. Non pas parce qu’un accident d’avion est choquant en soi (on doit bien en recenser un ou deux par an, et même si c’est horrible à dire, on est un peu habitués à la probabilité de ce genre d’événement). Non, plutôt parce qu’on ne savait rien de ce qui était arrivé. Mourir sans que personne n’ait même pu savoir qu’on était en danger, ce doit être un grand moment de solitude… Tu me diras, on se sent pas seul longtemps, au moins.

Ok, je sors.

Du coup, on (NDLA : nous les blaireaux dans notre bar) (faut suivre) (j’ai mal au crâne, pas toi ?) est partis dans une longue discussion sur la peur de l’avion et nos chances de mourir dans ce genre d’accident. La vérité, lecteur : on a bien tourné la question en rond, et on n’a toujours pas peur de l’avion.

Aucun de nous.

Enfin, on était pas nombreux, hein, mais quand même : avec tous les flippés qui ne réussissent pas à se raisonner sur la fiabilité des pitits navions, nous on a juste pas peur. Parce que si ça arrive, c’est quand même vraiment pas de bol.

Conclusion de cet article qui commence quand même à se faire un chouïa longuet (« oulala, mais faut qu’on nique ! ») ?

Bah la partie conclu /ouverture de sujet / questions du jury, je te la livre tout de go : tu vois là le résultat de quand je suis pas inspiré et que j’improvise un post…

Si tu as six ans et que tu es tombé ici par hasard, je suis navré, sèche donc tes larmes et va jouer chez Pingoo, le blogueur avec un nom très rigolo qu’on croirait presque que c’est tout plein de jouets et de chocolats.

Tout ça pour te dire que j’ai des amis très marrants et des sujets de conversations über funky en ce moment. Tu comprendras alors que je ne me permette pas d’écrire tous les jours ici, y compris ceux de mal d’inspiration, sinon tu vois ce que ça donnerait…

2 réflexions au sujet de « La faucheuse »

  1. moi, chuis navionaphobique. J'ai jamais pris l'avion, et j'espère pourvoir m'en passer longtemps, au moins jusqu'à ma mort naturelle de vieux centenaire (vive les agents conservateurs qu'on avale tous les jours).

    lorque j'ai appris cet accident aux infos, et les premières hypothèses (turbulences, crash en mer) j'ai de suite pensé à ces gens, leur vie suspendue dans le ciel, dans le vide. A cette peur panique et soudaine qui à dû leur serré le coeur comme on peut même pas imaginer. Et dans l'hypothèse où l'avion ce soit crasher, imaginer ces personnes dans l'attente d'une mort certaine, est horrible. Que peut-on penser à cet instant précis où l'on sait que c'est la fin ? est-ce qu'on prie ? Est-ce qu'on est encore assez lucide pour penser aux gens qu'on aime ? Est-ce qu'on s'accroche au siège devant soi en fermant les yeux et en serrant les dents en priant pour que ça se termine, vite, très vite, en sans souffrir ?

    C'est quelque chose de trés dur à imaginer, parce qu'on ne sait pas soit-même comment on réagirait dans pareil cas.

    La mort, je la côtoie au quotidien, je travaille dans les pompes funèbres, mais…comment dire… on a beau voir et toucher des cadavres, tant qu'on est vivant, on se sent presque immortel.

  2. Mon Dieu, mon Dieu, moi aussi je fais partie de cette bande d'hystériques incontrôlables qui suent à grosses gouttes, qui courent dans tout l'aéroport en hurlant avant de prendre l'avion, et qu'il faut assommer à l'aide du mini-bar pour avoir un semblant de paix pendant le voyage.
    Cette nouvelle catastrophe aérienne me fait serrer les fesses.

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