Manu Joucla et Eric Massot s’engagent… presque ! au Petit Palais des Glaces

Remets-toi de tes émotions, lectorat ! On ne va pas faire grève pendant une semaine au motif que je t’ai épuisé avec mon dernier post à rallonge, nan ?

Youhou ? Y’a encore quelqu’un ?

Pfff, ‘sont tous partis, ces nazes…

Ok, tant pis. Pour ceux qui restent (mais si Marine, je t’ai vue) (elle va être belle, la rentrée, si tu passes l’été à traînasser sur le ouèbe, tiens) (n’importe quoi, toi), parlons culture. « Encoooore ??? ». Ouais, encore. La culture mainstream, c’est fondamental. Si t’as pas compris ça, t’as rien compris.

Et donc, de quoi qu’on va causer ?

(consterné)

Tu lis même pas les titres, en fait.

L’autre jour, avec les jeunes cadres dynamiques qui me servent de potes en attendant que je sois assez riche pour m’acheter des comédiens à qui je ferai subir des opérations de chirurgie esthétique pour qu’ils ressemblent aux héros de Dallas (ou de Dynastie) (j’hésite encore), on s’ennuyait ferme sur le ouèbe. Normal, me diras-tu, on est des jeunes cadres dynamiques, c’est un peu notre boulot de pourrir nos Fessebouc et nos boîtes mail en attendant de faire une dépression et de chercher un sens à nos vies en allant construire une ferme pédagogique en bouse au Togo.

Ouais, bon, ça va bien, le faux sentimentalisme anti-capitaliste, qu’est-ce qu’on racontait donc ?

Bah on se disait qu’on allait pas assez au théâtre, et que pour des aspirants CSP++ wannabes comme nous, bah c’était fort dommage. Rien que samedi dernier, en soirée mondaine, on avait rien d’autre à se raconter que nos histoires de boulots, il a fallu péter le menton du Meilleur d’entre nous pour animer un peu la soirée. Bonjour la déchéance sociale.

Alors on a vachement hésité. Il faut dire qu’en se moment Danièle Gilbert fait la grève des animations d’hypermarché, et que pour gagner son pain elle joue dans une pièce de théâtre qui s’appelle Presse Pipole.

Moi, je dois dire que ça me faisait rêver (tu me connais), parce que finalement, au-delà de La Ferme Célébrités (qui doit revenir en Afrique d’ici la fin de l’année, si j’ai bien suivi) (en l’occurrence, je suis pas sûr que la caution « c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe » soit aussi évidente pour La Ferme que pour le recyclage du Juste Prix, mais bon)… bref, donc, je disais (il faut que j’arrête les parenthèses) (ou pas) qu’au-delà de La Ferme Célébrités, Danièle Gilbert c’est une animatrice que j’ai toujours trouvée fort marrante quand je l’apercevais à la télé. La légende urbaine veut que ce soit une vieille peau de quatre-vingt-dix balais, genre Régine, mais elle n’a pas l’air si liftée que ça. J’ai jamais vu de près les photos dénudées qu’elle avait fait dans les années 80 pour se racheter une image moins cruche dans le magazine Lui, mais rien que la démarche, je trouve ça funky. Et pis revoir son brushing 70’s (hyper trendy, d’ailleurs) dans les bêtisiers qui reprennent ses grands instants de solitude à l’antenne, c’est un vrai bonheur. Bref, tu l’auras compris, Danièle Gilbert (nue), j’adore, j’adhère… au concept, au moins. J’ai donc milité sec en sa faveur.

Mais bon, personne ne m’écoute, je suis un être incompris, alors la chaîne de messages a décrété qu’elle était plus puissante que ma seule volonté (je croyais pourtant que le ouèbe, c’était la théocratie) (ah, mais on me souffle à l’antenne que Dieu, ce n’est pas moi mais Go*gle), et finalement on est allés voir…

Manu Joucla et Eric Massot s’engagent… presque ! au Petit Palais des Glaces.

Je vais t’avouer un truc : au-delà du fait qu’aucun de ces deux mecs n’est Danièle Gilbert (même en louchant dans le noir), j’étais un peu sceptique avant d’y aller.

Déjà, les deux sont des anciens des Nous C Nous. Je sais pas si tu te souviens des Nous C Nous, mais c’était une troupe d’humoristes découverts par Graines de Star (l’ancêtre de la Nouvelle Star, programme dont l’avènement sonna la mort de la carrière de Laurent Boyer [nu] sur la six)… Et les Nous C Nous, sous leurs dehors de boys band comique, ils me soûlaient plus qu’autre chose (mais pas trop non plus) (parce que j’évitais de trop m’exposer à leurs sketches) (je t’ai déjà parlé de ma phobie des groupes de mecs ?).

Bref.

Si tu regardes ce qui reste de Graines de Star aujourd’hui, bah tu t’aperçois qu’en fait c’était un plan à peu près aussi foireux que de gagner la Star Ac’ en 2005, ce truc.

Les Poetic Lovers : portés disparus.

Jenifer : éliminée et imposée par la chaîne rivale quelques années après.

Alizée : en voie de has-beenisation façon Mireille « je n’ai de fans qu’au Japon » Mathieu.

Grégory Lemarchal : bon bah c’est politiquement incorrect de le rappeler, mais il est quand même décédé, ce malheureux garçon.

Nâdiya : euh, amie ennemie au fil de la mélodie ?

Sandy Valentino : Pooooourquoi pourquoi tout ça n’arrive qu’à mooooouaaaaa, et pourquoi est-il tombé sur mooooouaaaaa ?…

Tilly Key : qui ça ?

Eve Angeli : au secours…

Bref, Graines de Star, avec le recul, on ne la remercie pas trop.

Et les Nous C Nous, donc ? Bah la troupe est dissoute, à l’époque elle me faisait moyennement marrer, mais elle a livré à la postérité un certain Jean Dujardin, comédien plein d’avenir qui construit peu à peu son trou dans le cinéma d’auteur français un peu confidentiel. Et Bruno Salomone, aussi, dont le sketch pas très drôle du cochon dinde devait, pour la postérité également, pourrir mon année de troisième.

Re-Bref, en résumé du résumé, pas un souvenir impérissable, les Nous C Nous.

Et Manu Joucla et Eric Massot ? Bah ils ont l’air de ramer un peu plus que leurs potes, mais ils se donnent toujours à fond sur scène, même dix ans plus tard, les petits, et c’est assez stimulant.

Bon, je craignais un peu leur spectacle, donc, à cause du lourd passif Nous C Nous, et aussi un peu à cause d’un article d’Alexiane qui sous-entendait gentiment (parce que c’est une fille terriblement gentille) (écoutez, Thérèse, je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement elle est gentille) que c’était pas über drôlissime de sa race qui déchire, au final.

Je suis assez d’accord avec elle, après avoir laissé passer une nuit de sommeil là-dessus, pour dire qu’il y a comme un semblant de climat « GO du Club Med » dans l’humour de ces deux garçons. Avec tout ce que cela implique de défauts (certaines blagues un peu faciles) et de qualité (un public vraiment cool, bon enfant, et une impression générale d’avoir passé un très bon moment, parce que la sincérité et la simplicité de Joucla et Massot ne peut qu’emporter l’adhésion).

Alors voila, j’ai globalement passé un très bon moment, j’ai vraiment rigolé à gorge déployée, et avec mes potes on a convenu qu’on se referait des soirées théâââââtre parce que c’est drôlement cool d’aller à la rencontre de comédiens comme ces deux-là.

Le problème vient surtout du fait que, si j’y réfléchis, j’ai du mal à resituer un sketch ou un gag précis que j’aie trouvé marrant (tu sais, comme quand on reparle d’un spectacle après l’avoir vu, et qu’on dit « ah ouais, et tu te souviens du passage sur la coiffeuse ? rhaaaaaa, excellent [rire gras] ! » : bah là, presque rien). J’ai par ailleurs trouvé le spectacle un peu court (bon, ok, c’était annoncé, mais une heure vingt, ça fait un peu light) (le spectacle aurait gagné à durer un ou deux sketches de plus) (et à en raccourcir un ou deux de ceux qui existent)… Enfin, j’ai plus été marqué par les blagues que je trouvais un peu faciles ou déjà entendues que par celles qui m’ont fait rire comme une baleine (au passage, si quelqu’un sait d’où vient l’expression rire comme une baleine, je suis preneur).

Euh, je sens que je te le vends mal, là, mon pestacle.

Bon, en gros, en termes d’écriture, c’est peut-être améliorable mais les événements s’enchaînent bien et sans temps mort (s’ils font un nouveau spectacle, j’irai le voir avec plaisir). En termes de mise en scène, c’est assez simple (on est dans une petite salle) et c’est très bien comme ça. En termes de personnalité des comédiens, c’est plus difficile à évaluer : ils sont diablement sympathiques et mettent clairement l’ambiance dans la salle (le côté « GO »), et on a un peu l’impression de voir deux potes à nous qui se démènent sur scène. Et c’est peut-être là que réside le problème : si deux potes à toi font un spectacle sous tes yeux, toi, est-ce que tu aurais le courage de leur dire que leurs vannes sur Régine, sur le cannabis ou sur les banquiers, tu les as déjà entendues cinquante fois ?

Non, tu n’en aurais pas le courage (espèce de p’tite b*te, va).

Et moi non plus, je n’en ai pas eu le courage. Parce que ce spectacle, il est juste touchant, avec de vrais morceaux de bravoure dedans (dont un passage mémorable en slip) (bonjour le niveau, hein) (mais quand même, Eric Massot est bien foutu, sache-le) et une sincère bonne ambiance, et que quand tu en ressors avec tes potes toxicos qui se rallument vite vite vite leur première clope depuis 90 minutes, non, vraiment, tu n’as pas réussi à trouver ça nul.

Alors que ton côté « vieille connasse élitiste » aurait bien voulu, quand même.

5 réflexions au sujet de « Manu Joucla et Eric Massot s’engagent… presque ! au Petit Palais des Glaces »

  1. Mais grave que mon cote vieille connasse elitiste voulais… decu je suis… en meme temps moi Joucla et Massot je me rapelle de la periode post graine de star sur nul part ailleurs… et je les detestait pas… alors je peux pas t'en vouloir !

  2. Je ne me suis pas cassé le menton, je me le suis juste ouvert. Nuance. Et d'ailleurs ça me fait bien chier.

  3. Rien à voir avec cette pièce, mais dans les découvertes de Graines de stars, tu as tout de même oublié de citer Cylia (et sa sublime chanson « Un monde à refaire ») et Leslie. Quel manque de culture franchement, je suis déçue.

  4. @ J. : Attends, mais Danièle Gilbert, quoi ! C'est un indispensable, à voir au moins une fois dans sa vie. Comme un concert de Mylène.

    @ FabulousF. : bon, bah toi, tu les verras pas, évidemment, je crois que leur tournée se limite aux provinces françaises. Ou alors on annexe Hong Kong ?

    @ Le meilleur : les sutures te font une barbichette ?

    @ Amélie : Navré pour ces oublis ô combien importants : c'est vrai que Cylia avait eu droit à une chanson écrite par David Halliday (Un monde à refaire, donc). La classe.

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