Top 40 des 2000’s : n°1

Bonsoir les gens, j’espère que tu passes une bonne Saint Sylvestre, avec les huîtres et tout, hein, histoire d’enterrer cette année 2009 qui fût malheureusement aussi pourrave que les grands prédicateurs de crise mondiale ne nous l’avaient prédit fin 2008. Mince alors.

Avant d’en finir avec tout ça et de passer à 2010, je voulais juste revenir sur ce top 40 et ses motivations.

Pourquoi 40 et pas 50, pour commencer ? Bah j’avais déjà à peine le temps de faire 40 posts dans le mois, alors 50… C’est pas faute d’avoir eu des titres à caser dans ces dix places supplémentaires, hein, mais cela me semblait injouable, étant donnée ma propension à blablater de ma manière verbeuse et limitée pendant au moins quinze lignes à chaque fois.

Du même coup, j’ai zappé quelques artistes dont l’absence te semblera probablement scandaleuse, a posteriori, mais que veux-tu, on ne peut pas caser tout le monde, et si je m’étais permis de mettre des ex-aequo à certaines places, ç’aurait été encore moins lisible, encore moins logique, et encore moins du jeu que ces 40 places déjà hautement discutables. Alors toutes mes excuses pour avoir zappé Robbie Williams (si tu me connais en vrai, tu as forcément relevé cette absurdité apparente), Lady Gaga à qui je laisse les 2010’s pour achever de me convaincre mais qui aurait pu être top 5, Shakira, les Puffycat Dolls, Steps, Gossip, Santigold, Noisettes, Adele, Aaliyah, Calvin Harris, Katy Pourrie, David Gray, Robots in Disguise, Placebo, Royksopp, Sigur Ros, The Dandy Warhols, Justin Timberlake (nu) en solo, The Strokes, Aerosmith, Micky Green, T.I, Alicia Keys, Bat For Lashes, Mya, Destiny’s Child, The Virgins, Chris Cornell, Céline Dion (si, si), Audioslave, Ladyhawke, Beck, Nouvelle Vague, DB Boulevard, Missy Elliot, KT Tunstall, REM, Fatboy Slim, Lily Allen, Simple Plan, Garbage, Stereophonics, Morcheeba, Feist, Red Hot Chili Peppers, The Fray, Madison Avenue, Nelly, La Roux, Cascada, Macy Gray, Hard-Fi, Carlos Santana, Franz Ferdinand, Bloc Party, Janet Jackson et son frère Michael (je refuse d’être élégiaque et de crier avec les loups, la postérité de MJ ne doit rien à You rock my world), Green Day, Blu Cantrell avec ou sans Sean Paul, Benny Benassi (même pas honte), Scissor Sisters, Sonique, Muse, Roger Sanchez, Dido, Linkin Park, Michelle Branch, Bon Jovi, Moloko, Roisin Murphy, Leona Lewis, Girls Aloud, Miss Kittin, Ms. Dynamite, Daniel Bedingfield, Badly Drawn Boy, Eminem, Meuwahia Carey, The Libertines, MGMT, I’m from Barcelona, The Ting Tings, Vampire Weekend, Weezer, ATC, Toni Braxton, Bruce Springsteen, Razorlight, Dragonette, Usher, D’Angelo, Craig David, Amy Winehouse…

Bref, on n’en sort pas. Je pouvais pas espérer ranger tous ces gens dans 40 petites places, sorry.

Tous ces artistes m’ont marqué par au moins un sinegueule, mais il a fallu faire des choix, voila tout. Et être pertinent n’est pas une ligne de conduite obligatoire en ces lieux maudits, comme tu le sais trop bien. Je me suis arrangé pour distiller leur présence ça et là dans mes posts, et certains d’entre eux feront de sympathiques « old sluts » dans de prochains articles. Chouette alors.

J’ai pu constater, par ailleurs, que Rolling Stones a établi un classement qui par certains aspects recoupe bizarrement le mien, et que le concept « best of des 2000’s » fait partie des DON’T de la blogosphérie en ce beau mois de décembre. Pas de bol. Je suis donc officiellement pas un mec cool. Je m’en doutais. Tant pis. Être cool en permanence doit être éreintant. Même seulement sur un bloug.

J’ai jugé inutile de caser des titres francophones, aussi, non pas par snobisme (bien que je ne me refuse pas un peu de snobisme quand je me sens parisienne), mais parce que je ne vois pas l’intérêt d’exprimer par un classement que telle chanson de Jeanne Cherhal est plus ou moins bien que telle chanson de Madonna. Je ne crois pas que la comparaison soit pertinente, alors qu’il y a des qualités des deux côtés, donc je m’abstiens. En plus, dans un souci d’équilibre et de quota, j’aurais cherché à équilibrer présence francophone et présence anglophone/internationale, ce qui aurait faussé ma logique déjà pas bien solide.

Enfin, si je suis encore là dans dix ans (sur ce bloug, j’entends) (mais vivant aussi, c’est vrai que ce sera plus pratique pour bloguer), je doute de pouvoir à nouveau dresser un top 40 comme celui-ci, tant le marché du sinegueule tend à mourir. Peut-être (et même, probablement) les groupes et les pop-pouffes continueront-ils de proposer des sinegueules pour promouvoir les albums, mais bon, en digital ce n’est pas exactement pareil, et il n’est pas certain non plus que les clips pulluleront toujours, c’est que ça coûte cher pour pas grand’chose ces conneries-là (si ça se trouve, dans 10 ans, MTV ne diffusera plus que des real TV et des émissions de dating) (Jersey Shore et Date My Mum tout le journée !) (brrr)…

Bref, ce classement est avant tout une ode à mes 20 ans qui s’en vont peu à peu et à une industrie étrange et en voie de disparition qui a forgé ma culture de moule : le sinegueule. Il n’a aucune prétention, le faire m’a amusé et je te remercie de m’avoir accompagné ce mois-ci dans les méandres douteux de mon oreille droite, même si je suis mainstream à mourir.

Sur ce, finissons-en avec mon n°1.


n°1 : Beyoncé Knowles – Crazy in love (2003)



ZE smash hit de la décennie à mes yeux. Comme à peu près tout ce que fait Beyoncé depuis le début de sa carrière solo, cette chanson a connu un parcours bizarrement décevant dans les charts : certes, ce fut numéro 1, mais pas pendant trois mois comme on eût pu l’espérer/le croire compte-tenu de l’aura de la chanson. Il faut dire qu’en cet été caniculaire de 2003, Beyoncé était à la lutte dans les charts mondiaux avec Evanescence (ou, en France, avec DJ Bobo) (bonjour le niveau…) et quelques autres grosses lubies du moment.

Que l’on se mette bien d’accord, je ne suis pas fan de Beyoncé en tant que personnage. Le principe de la fille qui crée un groupe autour de sa seule personnalité et qui le fait manager par ses parents dès ses 14 ans, ça fait des dents qui rayent un peu trop le plancher à mon goût. Ce n’est pas que Destiny’s Child n’a rien fait de bien, je les ai même surkiffées, mais avec le recul il s’y passait des choses contrariantes qui, pour d’autres que Beyoncé, auraient eu pour conséquence de la faire passer pour une grosse connasse égocentrique.

D’abord, sa différence physique, probablement due à son charisme naturel, mais aussi à ses étonnants cheveux qui ont vite trouvé à se sponsoriser chez L’Oréul. Je la suspecte d’avoir obligé ses copines à ne pas se démarquer physiquement pour ne pas être trop bonnasses ni trop charismatiques, et d’avoir coupé les cheveux de sa cousine Kelly Rowland pendant son sommeil pour qu’elle ne soit pas trop bonnasse (alors que, dans Work, on a bien vu qu’elle l’était) (n’oubliez pas, les filles : le dos est une des parties les plus sexy du corps).

Ensuite, son placement au centre dans les chorés, les clips, et même les chansons, où elle disposait toujours du couplet le plus marquant (d’aucuns me diront que c’est elle qui rendait ledit couplet marquant, mais bon).

J’avais aussi lu, à l’époque, que pendant les concerts, lorsque les fans scandaient « Say My Name » sur la chanson éponyme, elle s’avançait vers l’avant de la scène et leur criait « Say Beyoncé ! » comme une chauffeuse de salle qui bosserait pour son compte perso. Ses copines ne devaient pas du tout avoir l’impression de passer pour des choristes, bien sûr.

Enfin, même si à l’époque c’étaient des gamines, les défections suspectes de LaTavia Roberson et LeToya Luckett (membres originelles du groupe) m’ont laissé une impression bizarre. Tiens, par exemple, dans le clip Bug A Boo, on les voyait encore… Et pis dans le clip de Say My Name, pourtant extrait du même album, elles avaient été remplacées (à la va-vite donc, puisque c’était toujours pour la promo de l’album The Writing’s On The Wall) par Farah Franklin et Michelle Williams (à ne pas confondre avec celle qui jouait Jen dans Dawson, hein). Farah Franklin ne filant apparemment pas droit, elle se fait jarter au bout de quelques mois.

En 2001, Beyoncé (qu’on n’appelle déjà plus que par son prénom vu que c’est comme par hasard la seule fille du groupe que le grand public a clairement identifiée), Kelly Rowland et Michelle Williams sortent Survivor, un album multi-platine qui récolte enfin les fruits du succès mondial peu à peu semés jusqu’alors, faisant d’elles le girls band le plus vendeur de l’histoire. Cool. Dans le titre phare de l’album, les filles règlent leurs comptes avec des vilaines personnes qu’elles ont réussi à éjecter de leurs vies, et on ne peut que penser aux ex-membres du groupe. Ambiance. Mais le monde entier s’en tape et se dandine. Le monde entier a bien raison.

Du coup, Beyoncé et ses parents réfléchissent et se disent qu’il est temps de larguer les amarres (les deux autres cruches du groupe, quoi), pour voguer en solo et faire plus de business. Elle fera bien semblant, en 2004, de revenir avec le groupe le temps d’un album torché vite fait bien fait, histoire de montrer aux fans qu’on ne s’est pas trop foutu de leurs gueules et que Destiny’s Child n’était pas qu’un cynique prétexte pour propulser la seule Beyoncé sur le devant de la scène. Bah nan, regardez, les gens, Kelly va faire un duo avec David Guetta dans cinq ans (et un autre avec Tiziano Ferro, lol), et Michelle a des projets personnels de chômage.

Bref, je n’aime pas beaucoup Beyoncé, je trouve qu’il y a autour d’elle une trop forte suspicion d’arrivisme (car, soyons bien d’accord, ce que j’évoque plus haut n’est que supposition de ma part, il n’est pas avéré que Beyoncé a traité son groupe comme une gougnaffière). Je n’ai rien contre le fait que dans un groupe on ait des prétentions en solo (le collectif doit être étouffant à la longue, on veut exister par soi-même, bla bla) : d’autres que Beyoncé l’ont fait, Gwen Stefani pour citer un exemple de ce classement, Sharleen Spiteri, Justin Timberlake, Fergie, Cheryl Cole, Zac Efron, Nicole Scherzinger… Mais avec un background managérial comme celui de Miss Knowles, j’ai du mal à comprendre l’unanimité dévote autour d’elle, quand bien même elle ne manque pas de talent. Elle n’inspire donc de polémique à personne ?? C’est bien aussi quand les gens sont polémiques, un peu moins lisses, nan ?

Cependant, je suis prêt à reconnaître que 1) elle a un charisme de malade, 2) même si ses albums ne se vendent pas à 15 millions d’exemplaires chacun, elle continue depuis 2003 d’imposer le respect à toute l’industrie de la pop et de bien bosser, et 3) quand elle a voulu entreprendre sérieusement de s’imposer au monde de la pop comme une sorte de nouvelle Diana Ross, elle ne s’est pas foutue de nous.

Car Crazy in love, au-delà du gimmick trop entendu dans les B.O de films et de séries ou en fond sonore dans les reportages de présentation de Nouveau look pour une nouvelle vie sur la six, est le sinegueule le plus puissant de la décennie. Dès la première écoute, on l’a retenu, on l’a kiffé, on s’est demandé « la vache, qui a fait ce truc de dingue ? » : cette chanson est ZE classique instantané, elle nous envoie sa fanfare en pleine figure dès les premières secondes, elle est tellement catchy qu’on se demande comment elle n’a pas toujours existé, on l’a dansée, on l’a eue en tête, on n’a pas pu passer à côté, et même dans le cas où elle a fini par nous soûler, elle nous a fait plaisir au moins une fois.

Depuis 2003, Beyoncé a proposé d’autres tubes, mais probablement aucun qui soit aussi énorme et apte à traverser le temps. Toutefois, elle a su trouver le respect de ses pairs, la gloire auprès d’un public conquis par son charisme et sa voix certes performante, faire oublier ses demi-échecs en un clin d’oeil (deuxième album qui fait pschitt, oscars loupés pour Dreamgirls, smash hits pas aussi forts que le premier, duo avec Shakira qui marche mais ne crée pas l’événement attendu…). Toujours bien entourée et bien conseillée, elle continue de surprendre, avec des clips qui rappellent qu’en plus de chanter elle sait danser, en sachant rire d’elle-même et en adoubant une jeune louve aux dents longues qui sera peut-être plus célèbre qu’elle dans cinq ans…

Je ne sais pas si Beyoncé réussira un jour à renouveler la performance de pondre un smash hit d’une telle évidence, mais comme l’un de mes plaisirs existentiels consiste en ces rencontres euphorisantes entre mon oreille et un artiste, je ne peux qu’espérer qu’elle passera les 2010’s à essayer.

10 réflexions au sujet de « Top 40 des 2000’s : n°1 »

  1. Evidemment, l'absence de Lady Gaga et de Muse m'a marquée, mais comme tu le dis, 40 c'est peu pour caser tout le monde!

    Ce numéro 1 me convient assez, faut avouer qu'on a tous kiffé…

  2. Tu me tues avec numéro un,tès cohérent, et avec tes explications à la fois vachardes, « complimenteuses » et esthético-érudites (oui, en 2010, j'emploie de mots qui n'existent même pas!).
    Une très bonne année à toi, avec la santé, la réussite, l'amour et un classement dans les bloggers influents!

  3. Eh bien ma foi, je suis tout à fait d'accord avec ton numéro 1!

    Merci en tout cas, cool ou pas cool ton Top 40 a été très agréable à suivre!

    Happy new year =) !

  4. Ahhhh le suspens est donc terminé ! Je suis d'accord tiens, encore une chanson qui me fait hurler « j'adooore cette chanson » avant de commencer à bouger comme une pole danseuse !

    Bravo pr le top 40, sacrée performance ! et bonne année pour le bloug !

  5. ça me donne envie de danser et de chanter : le clip, le rythme, ce post super cool ou bien un classement que tu as réussi à mener à terme ! Bravo, quel beau chalenge réussi !!!!

    2010 va être une belle année, musicalement, blogguement et humainement, c'est promis, yeah sir !!!!

  6. @Marine : Muse j'aurais pu trouver à les placer, mais que veux-tu, ils ont un peu moins compté pour moi. Quant à Lady Gaga, je serai peut-être foudroyé d'ici deux ans, mais bon…

    @lord de winter : je te souhaites aussi une très belle année, en espérant qu'elle soit moins lose que 2009 !

    @mathilde : aaaah, bah c'est gentils d'avoir suivi, j'avais comme des doutes, moi ! 😉

    @appas : merci merci, comme tu as beaucoup suivi le classement, le compliment me touche d'autant plus !

    @cacahuète : bonne année à toi, bonne année au shakage de booty, bonne année aux pop-pouffes !

    @lilibuzz : ça a intérêt (pour toi comme pour moi, d'ailleurs)

    @petite cervoise : la queen bee est un autre détail qui tue, mais bon, je voulais pas non plus être accusé de blasphème en sortant plus de dix saloperies sur Bee…

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