Top 40 des 2000’s : n°4

n°4 : Daft Punk – Harder, Better, Faster, Stronger (2001)



L’album Discovery, avec ses références disco, ses couleurs criardes, son vocoder saturé et sa house putassière dans la droite lignée de la fin des 90’s (Stardust, Cassius et consorts), avait tout du coup de poker : c’était soit culte, soit ridiculisé à échelle intersidérale.

Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo étant des gars très très doués, ce fut la première configuration qui survint, dans un carton instantané préfigurant le revival disco 80’s qui nous tomberait dessus quelques années après. Il faut dire, aussi, qu’être ado en 2001 t’amenait nécessairement à surkiffer Discovery (après tout, trois ans avant, on avait bien acheté les sinegueules de Larusso ET de Cher, alors on allait pas cracher sur de la house un peu sirupeuse). Ces sinegueules, portés par des clips de Leiji Matsumoto (en vrai, ces clips se révéleront être des extraits du film Interstella 5555 : The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem, dont l’album Discovery est la bande-son), nous évoquaient forcément les Dragon Ball et autres Lucile, Amour et Rock’n’roll de notre jeunesse. L’évidence pop des mélodies, enfin, allait nous suivre pendant une bonne partie des 2000’s.

Je me souviens des boums de l’époque du lycée, chez nous ça se faisait dans les granges ou les garages, ou alors dans des living-rooms recouverts de draps blancs pour ne pas saloper les buffets, pour les malchanceux d’entre nous qui étaient nés en hiver. Les couples officiels s’affichaient fièrement tandis que d’autres couples, improvisés et provisoires, se formaient dans les recoins ou les cuisines, au terme de négociations étranges. Au milieu de tout ça, je m’ennuyais ferme, en fait. Et pis il y avait les deux ou trois mecs qui avaient une table de mixage; il fallait absolument être pote avec au moins l’un d’entre eux pour ne pas avoir à se préoccuper de musique lorsqu’on organisait sa soirée. Si les invités voulaient, ils pouvaient ramener leur musique, mais il s’est assez vite avéré que ça faisait ringard de se ramener avec des CDs aux soirées. Et de toute façon nos DJs du vendredi soir avaient leur stock de musique sur eux.

Quand ils en avaient marre de végéter derrière leur platine, ils laissaient tourner une compil. Ou Discovery. Ce qui leur assurait bien une demi-heure de tranquillité. Je choisis Harder, Better, Faster, Stronger plutôt qu’un autre titre parce qu’il a réussi à avoir du succès tout en étant le quatrième sinegueule extrait de l’album, ce qui n’est pas une mince affaire quand on a été précédé de One More Time, de Aerodynamic et de Digital Love, et aussi parce que Kanye West en a fait le matériau de base de son superbe Stronger en 2007 (c’est donc un matériau de qualité) (même si Stronger a eu pour effet secondaire de parer nos rues de mecs ridicules avec leurs lunettes striées). Et aussi pour la vidéo Daft Hands. Mais en vrai, j’aurais pu choisir indifféremment un des trois autres sinegueules pré-cités, et même d’autres chansons de Discovery, mais bon, le principe ici c’est de choisir des sinegueules.

Bref, Daft Punk, alors que je te parle depuis le début de ce top 40 de french touch et de groupes qui ne leur arrivent pas à la cheville, ne pouvait qu’être dans mon top 5 des 2000’s…

Demain, on entame le podium, je suis très émotionné.

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