Vie mondaine, télé et taux d’intérêt (ou N’importe quoi, épisode 8749)

Aujourd’hui, je suis allé avec La Grande Moe assister à la journée annuelle d’autocongratulation d’une grosse bouate de gestion de la finance mondiale intergalactique, au motif que, me disait-elle, « y’a du cocktail chicos et des goodies à gogo à la sortie ». Au bout d’une heure d’interrogations powerpointées sur les SICAV et la gestion d’une exposition des avoirs privés au marché obligataire à la suite du rallye sur les crédits et de l’incertitude quant à l’évolution des taux directeurs de la BCE et de la Réserve Fédérale américaine, y’avait une pause café et j’ai crié grâce. On a donc séché la conférence intermédiaire et on est seulement allés à la dernière, celle où des économistes très très doués et très très reconnus (que je connais pas, donc) discourent en faisant des blagounettes du genre « Nous vous souhaitons une bonne année 2010, pleine de bonheur et de sérénité, pour vous mais aussi pour vos patrimoines, qui reviennent de loin, hon hon hon ! ». Perso, je me suis cru revenu en troisième année, au cours d’économie internationale (celui que j’écoutais, mais pas trop), mais j’ai réussi à ne pas décrocher, ce qui constitue déjà un exploit en soi, quand on me connait.

A la fin, on est allés au cocktail et on a joué des coudes avec les dirigeants en costard cravate, les jeunes sosies de Jean Sarkozy, les femmes de, les clients de, les assistantes de, et les aspirantes maîtresses de (les deux dernières catégories se recoupant). Pas de bol, en tendant le bras au hasard j’ai chopé tous les canapés au poisson (et je mange pas de poisson), mais leur traiteur était vraiment super. Par contre, les goodies, grosse déception : je pense que pour appuyer le discours sur le ralentissement des performances et la criiiiiiiiiiiiiise, la bouate ne voulait pas nous en mettre plein la vue avec un package de la mort qui tue à 850 euros par tête, et à préféré nous la jouer ratasse. Résultat des courses : une clé USB avec leur logo dessus (et les powerpoints à lire le soir avant de dormir, aussi).

Pfffffff, remboursez les invitations gratuites, moi je dis !

Et comme ma vie en Chômagie est très pique-assie… euh, mondaine, bah hier soir aussi j’étais à un cocktail à champagne, mais dans une autre bouate, vachement moins anonyme, d’ailleurs, puisque c’est une petite chaîne qui monte. Là-bas, pour le coup, point d’octogénaires millionnaires et point trop de costards cravates, mais Bruno Solo et Yvan Le Bolloch’ un peu intimidés par l’assemblée blogosphérique. N’ayez pas peur, les gars, on n’est même pas journalistes (ah si ?… ah merde, z’ont dû m’inviter par accident, alors).

Les deux comparses étaient viendus nous présenter quelques épisodes de Caméra Café 2, la suite de… attention ça va être à toi… attention…

OUIIIIII, Caméra Café, bravo !

Le pitch de départ, c’est donc que la vieille machine à café de la bouate où bossent Jean-Claude et Hervé (Yvan Le Bolloch’ et Bruno Solo, qui font quelques apparitions en guest) est refourguée à l’entreprise de l’étage du dessus (« les cons du dessus »), qui vont donc être les nouvelles têtes observées par le porte-gobelet. L’occasion pour les auteurs de rajeunir le casting et de faire revivre le concept de base de Caméra Café, mais dix ans plus tard. L’idée, donc, au-delà de l’exploitation d’une série dont le retour était apparemment réclamé à cors et à cris par les fans et par les dirigeants de la chaîne, est de mettre en avant des différences : entre deux entreprises, deux castings, deux époques aussi, puisque les relations de travail mises en scène ont sensiblement évolué depuis le lancement de la première série en 2001.

Les épisodes visionnés hier soir étaient assez marrants, mais je ne suis pas convaincu par le format, que je trouvais déjà limité avant, et qui ne change pas vraiment ici. C’est un programme court (un concept dont je ne suis pas forcément fan), tourné en plan fixe depuis la supposée machine, et les intrigues développées en trois minutes donnent des sketches parfois sympa, parfois un peu plus plats. Je suppose que c’est un écueil assez inévitable pour une série qui, par essence, se doit de produire beaucoup d’épisodes. Globalement, je ne pense pas devenir un téléspectateur assidu de la série, mais si je tombe dessus en zappant, je m’y arrêterai sûrement un peu. Pas la révolution, quoi : si tu aimais la première série, tu devrais aimer celle-là, en résumé (t’as plutôt intérêt, d’ailleurs, parce qu’ils ont déjà 400 épisodes dans les tuyaux).

Et si t’aimes pas, tu pourras au moins jeter un œil au nouveau duo vedette de la série, les nouveaux Solo/Le Bolloch’, en plus jeunes et plus sexy (Miqueline ne s’en est pas remis apparemment) : Arnaud Ducret (nu) et Yannick Choirat (nu). Histoire de te tenir la main jusqu’au bout, ça commence ce lundi à 20h. Je ne transmets pas les plaintes à la chaîne si tu trouvais ça mieux avant, merci bien, ta gueule Francis.


(C’est drôle, au départ le titre de ce post me laissait entrevoir une cohérence dans tout ce que j’allais écrire, mais en fait nan, c’est toujours n’importe quoi)

4 réflexions au sujet de « Vie mondaine, télé et taux d’intérêt (ou N’importe quoi, épisode 8749) »

  1. Nan le truc cohérent là dedans c'est que tu es devenu pique assiette, chômeur mondain, et tu as bien raison.
    JE ne manque jamais une occasion d'aller taper dans les petits fours et les verres de vins que la Mairie nous file à la moindre occasion.

    Je suis pauvre, je vis au crochets de la société, c'est normal.

  2. Quant à la Princesse, elle est allée pavaner dans les jolis salons de la Préfecture pour les voeux de M'sieur l'Préfet…
    Et même que cette grue s'est retrouvée fin saoule, au champagne à se gaver de mini crumbles…

    SOoooo chicaille, la pétasse !

  3. Biquet, je suis déçue que tu aies oublié la meilleure blague de toute la soirée autocongratulatoire des dirigeants du monde (de la finance) (du monde donc) (c'est pareil) :

    « C'est avec les bulles qu'on fait du bon champagne ».

    Hilarant, quoi.

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