Et les Oscars, ils servent à quelque chose ?

Comme c’est la saison des cérémonies et que, décidément, c’est un de mes dadas (j’ai plein de dadas) (comme Guy Lux), je vais m’atteler à un post sur les principales catégories des Oscars, pour lesquels les nominations sont tombées aujourd’hui. C’est pas que je sois un critique ciné hors pair, ni même que j’ai vu tous les films en compétition, mais après tout, on peut se fier à un mélange de flair et de résultats de Golden Globes, SAG Awards et autres joyeusetés, et le petit plaisir des pronostics ne mange pas de pain.Et pis, bon, au moins, aux Oscars, les choses sont moins courues d’avance qu’aux Césars (mais j’y reviendrai une autre fois). Par nommés, je trouve que le cru 2010 est correct sans être excellent, avec peu de films surnageant, aucun film ne pouvant prétendre, par exemple, gagner les cinq oscars majeurs (film, réalisateur, acteur, actrice, scénario).

Meilleur film

(Loft Story, le film)

Avatar de James Cameron
The Blind Side de John Lee Hancock
District 9 de Neill Blomkamp
Une éducation de Lone Scherfig
Démineurs de Kathryn Bigelow
Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Precious: Based on the Novel ‘Push’ by Sapphire
A Serious Man de Joel Coen et Ethan Coen
Là-haut de Pete Docter
In the Air de Jason Reitman

Après les Golden Globes et le triomphe en salles, qui en fait désormais le plus gros succès de tous les temps de l’univers intergalactique, Avatar fait figure, mais sans plus, de favori. Le Démineurs de Kathryn Bigelow (l’ex-femme de James Cameron) a également des atouts, avec son sujet über politique, sa mise en scène et sa reconnaissance professionnelle déjà bien établie. Enfin, Là-haut, très bien porté par le public et assez poétique (même si je n’ai pas été aussi emballé que certains), ferait un méritoire premier film Pixar à décrocher l’Oscar du meilleur film.

Meilleur réalisateur

James Cameron (Avatar)
Kathryn Bigelow (Démineurs)
Quentin Tarantino (Inglourious Basterds)
Lee Daniels (Precious: Based on the Novel ‘Push’ by Sapphire)
Jason Reitman (In the Air)

Cameron le magicien est supposé avoir fait avancer l’industrie toute entière avec Avatar, qui ne manquera pas de provoquer un effet boule de neige d’enthousiasme pour la 3D, technologie pas complètement nouvelle mais dont l’essor devrait révolutionner le cinoche dans les prochaines années. Du coup, le récompenser pour marquer le coup ne sera pas de mauvais goût, même si, en termes de nominations et d’adhésion, on est loin de l’effet king of the world de Titanic. Son ex-femme aussi a des chances, car sa victoire offrirait un juste retour des choses après les Golden Globes (et pis faire gagner une femme réalisatrice pour la première fois en 2010, ce serait pas mal). Les autres, à mon avis, ont bien peu de chances de s’immiscer entre ces deux favoris.

Meilleur acteur

Jeff Bridges – Crazy Heart
George Clooney – In the Air
Colin Firth – A Single Man
Morgan Freeman – Invictus
Jeremy Renner – Démineurs

Jeff Bridges a obtenu le Golden Globe, ça me paraît bien parti pour lui. George Clooney, dans In the Air, est très apprécié de ses collègues de la profession, mais peut-être un chouïa trop en mode cabotinage (en gros, ce serait un peu facile qu’il l’ait pour ce rôle qui est certes sympa et bien écrit, mais qui ressemble trop à l’habituel numéro de playboy assuré et pince-sans-rire de George). Ma sympathie pour Colin Firth (et son Ours d’argent du meilleur acteur au festival de Berlin) me donne envie d’y croire un peu pour lui. Il n’y a qu’à regarder l’année dernière : Mickey Rourke, gagnant aux Golden Globes et ultra favori aux Oscars, s’est fait coiffer au poteau, un peu à la surprise générale, par Sean Penn pour Milk. En même temps, deux rôles gays remportant l’Oscar deux années de suite, ce serait too much. Jeff Bridges est à mon sens ultra favori cette année, donc wait and see.

Meilleure actrice

Sandra Bullock – The Blind Side
Helen Mirren – The Last Station
Carey Mulligan – Une éducation
Gabourey Sidibe – Precious: Based on the Novel ‘Push’ by Sapphire
Meryl Streep – Julie et Julia

Là, on a un problème : Sandra Bullock, en gagnant le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique, devient de facto la favorite des Oscars. Peut-elle l’avoir, et de ce fait rejoindre Julia Roberts et Reese Witherspoon au rang prestigieux d’actrice bankable reconnue par ses pairs ? Si oui, le cinéma s’en remettra-t-il ?
Bon, sinon, on a Meryl Streep qui n’en peut plus d’être nommée presque chaque année sans jamais l’avoir, mais bon elle en a déjà deux. De son côté la petite obèse de Precious pourrait venir jouer les trouble-fêtes et définitivement transformer son film social en conte de fée. Je vais jouer le conservatisme et miser sur Meryl.

Meilleur acteur dans un second rôle

Matt Damon – Invictus
Woody Harrelson – The Messenger
Christopher Plummer – The Last Station
Stanley Tucci –Lovely Bones
Christoph Walz – Inglourious Basterds

Là, je ne pense prendre aucun risque en pariant sur Christoph Waltz, second rôle particulièrement truculent du dernier Tarantino, tellement salué et récompensé que c’en devient indécent. Les nominations de cette catégorie sont exactement les mêmes qu’aux Golden Globes, il n’y a pas vraiment de raison que le résultat diffère…

Meilleur actrice dans un second rôle

Penélope Cruz – Nine
Vera Farmiga – In the Air
Maggie Gyllenhaal – Crazy Heart
Anna Kendrick – In the Air
Mo’Nique – Precious: Based on the Novel ‘Push’ by Sapphire

Encore une fois, ici, les Golden Globes ont parlé : Mo’Nique, en jouant les mères tyranniques, semble bien partie pour l’emporter. Dommage pour les autres, notamment Vera Farmiga, charmante et intrigante dans In the Air, dans un rôle désabusé en diable et au franc parler agréable, sans gros truc à Oscar dedans mais quand même assez marquant. Penelope Cruz, qui a gagné dans la même catégorie l’an dernier, a peu de chances avec Nine, film apparemment complètement boudé par les Oscars…

Meilleur scénario original

Mark Boal – Démineurs
Quentin Tarantino – Inglourious Basterds
Alessandro Camon et Oren Moverman – The Messenger
Joel Coen et Ethan Coen – A Serious Man
Bob Peterson, Pete Docter et Tom McCarthy – Là-haut

Tarantino, malgré sa réécriture jubilatoire de l’Histoire, a échappé au Golden Globe. Il faut dire que son film a bien des aspects perfectibles, et que tous les rôles ne sont pas aussi bien écrits les uns que les autres (en même temps, difficile de ciseler des personnages de la même verve que Hans Landa) (mais quand même, le petit ami de Shoshanna…). Voila peut-être pour lui l’occasion de se rattraper, en tout cas, après pas mal de cérémonies où seul Christoph Waltz semble avoir été retenu au palmarès… Démineurs et A Serious Man sont des outsiders intéressants.

Meilleure adaptation

Neill Blomkamp et Terri Tatchell – District 9
Nick Hornby – Une éducation
Jesse Armstrong, Simon Blackwell, Armando Iannucci et Tony Roche – In the Loop
Geoffrey Fletcher – Precious
Jason Reitman et Sheldon Turner – In the Air

Pas vraiment d’idée, ici. Mais comme j’ai vu (et aimé) In the Air, et qu’il a eu le Golden Globe, je vais parier dessus. Les autres, c’est bien simple, j’ai pas vu, alors difficile de juger de la qualité de l’histoire, et a fortiori de la manière dont c’est adapté.

Meilleur film d’animation

Coraline d’Henry Selick
Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson
Là-haut de Pete Docter
La Princesse et la grenouille de Ron Clements et John Musker
The Secret of Kells de Tomm Moore

Là-haut, sans équivoque, devrait perpétuer la suprématie Pixar sur cette catégorie. Je n’ai pas encore vu La Princesse et la grenouille, qui a priori me fait bonne impression, mais les images de synthèse sont vachement plus à la mode…

Meilleur film étranger

Ajami (Israël)
El secreto de sus ojos (Argentine)
Fausta (La Teta Asustada) (Pérou)
Un prophète (France)
Le Ruban blanc (Allemagne)

Carton plein pour Le Ruban blanc ? Fausta et Un prophète, dans des registres hyper différents, ont aussi marqué les américains (enfin, un peu, quoi) (il ont fait 50 entrées chacun, quoi), alors pourquoi pas une surprise pour le film d’Audiard ?

Oulala, quel suspense les enfants ! Je vais en faire des insomnies, tiens… Ah, j’en fais déjà. Ah oui, j’en fais déjà.

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