Valentine’s Day, bien mais pas top

Bon, je vais finir par tous vous abandonner, tu sais, à force de déprimer tranquillou sur mes candidatures et de voir que MÊME PAS tu viens me supplier de revenir dans les commentaires. Nan mais je te jure, l’ingratitude du lectorat, parfois, ça me rappelle le collège.
Histoire de ne pas t’abandonner complètement, et aussi parce que mes stats ont tellement plongé que, du haut de mon piédestal bien au-dessus de ces basses considérations bloguesques (genre « ouais, ranafout’ de mes stats »), je vais tenter de sauver au moins mes sept lecteurs quotidiens avides de décolletés d’animatrices d’émissions de qualité (à propos, si quelqu’un peut m’expliquer ce que signifie la requête « comment complimenter une adolescente sans faire le canard », ça me dépannerait), je te ponds du nouveau post. Du post ciné, hein, parce que le ciné c’est mon seul prétexte pour sortir de chez moi actuellement, en-dehors des courses. La chômeur connexion, qu’ils appellent ça.
Alors voilou, hier, comme je mène une vie d’ermite célibataire chevronné, je me suis dit qu’une bonne tambouille hollywoodienne bien ficelée me ferait du bien au moral. Que nenni, mes autruches en string,  car Valentine’s Day, en fait, est une daube sur laquelle j’ai passé deux heures à soupirer entre deux vagues rires. Ouais. Je sais, grosse déception, on s’attendait au minimum à du prix d’interprétation cannoise, et au final, que pouic. Dégoûté. Bon, ok, c’est du Garry Marshall, mais quand même, Pretty Woman ou Princesse malgré elle, c’était pas chiant. Au pire, gnangnan, mais faut aussi savoir ce qu’on veut quand on entre dans une salle de cinoche, non ?
La fausse bonne idée du film, c’est de tout miser sur son casting, et c’est vrai qu’il faut avouer que ça a de la gueule (même si, au final, cite-moi un BON film dans lequel une de ces personnes a joué récemment, hein) : Jessica Biel (nue), Jennifer Garner (nue), Jessica Alba (nue), Julia Roberts (bon, ça suffit, maintenant), Ashton Kutcher, Jamie Foxx, Kathy Bates, Patrick Dempsey, Bradley Cooper, Eric Dane, Taylor Lautner, Anne Hathaway, Taylor Swift, Topher Grace, Queen Latifah, Shirley McLaine…
Ce qui fait qu’on s’intéresse au film au début, c’est qu’on se demande qui va se taper qui, suspense ô combien hametant qui pour certaines intrigues dure jusqu’à la fin, chouette alors. Mais au final, le film pâtit d’un manque de rythme dans le scénario, avec plein de scènes pas très drôles et des liens finalement ténus entre les différentes intrigues. Quand on cherche à faire un film niais romantique choral genre Love Actually (c’est bon, les mecs, on l’a senti), mais avec l’excuse commerciale de la Saint Valentin, autant miser sur les scénaristes plutôt que sur le casting people : certes on fera moins d’entrées le premier week-end, mais sur la durée le film sera reconnu comme pas trop pourri, ce qui à mon sens en vaut la peine. Car dans Valentine’s Day, pour deux ou trois scènes à peu près marrantes, quinze scènes bourrées de caractérisations sommaires des personnages, de dialogues pas extraordinaires (la verve des personnages british de Love Actually ou de Good Morning England, ça passe aussi par les dialogues) et des clichés les plus éculés de comédies romantiques, voire de séries sentimentales pour ados fossilisés sur leur canapé. Dans le désordre : coucher ou ne pas coucher pour la première fois avant la fac, pardonner ou ne pas pardonner une vieille infidélité, mon mec est-il secrètement marié ou pas, je suis blasé de la Saint Valentin et c’est donc précisément ce jour-là que je vais trouver l’amour… Bonjour les efforts, Mr Marshall.
On aurait à la limite pu miser sur les clins d’œil tout trouvés proposés par le casting, mais même pas. En effet, et c’est troublant quand ça survient à une échelle pareille, plusieurs des acteurs du film ont en commun le premier film/série qui les a rendus célèbres. Julia Roberts et Hector Elizondo sont les deux rescapés de Pretty Woman, un film qui nous permettait de croire que le tapin pour une gamine fauchée de vingt ans c’est pas du tout sordide (ouais, dans un cinq étoiles avec la carte de crédit de Richard Gerbe, tu m’étonnes, chéri), et réalisé par… Garry Marshall qui a maintenant vingt ans, d’ailleurs, la vache, ça colle un coup de vieux, ça. Ashton Kutcher et Topher Grace étaient respectivement Kelso et Eric dans That 70’s Show. Eric Dane et Patrick Dempsey sont Docteur Machin et Docteur Truc dans Grey’s Anatomy. Bradley Cooper et Jennifer Garner doivent à peu près tout ce qui leur arrive de bien aujourd’hui à la série Alias… Eh bah tu sais quoi ? Même pas les scénaristes les ont fait se croiser dans le film ! Trop naze.
A la limite, vas-y quand même pour Taylor Swift, qu’on a mis en couple avec Taylor Lautner parce que, hon hon, Taylor et Taylor, trop drôle. La petite Taylor joue en effet un rôle très « Dorothy Doll » dans son genre, quoiqu’elle a été mise dans l’intrigue la moins intéressante. Le petit Taylor, lui, nous montre l’intérêt qu’il y a à le voir dans un film où il n’enlève pas le haut : aucun, apparemment.
Ah, et pis quand même, on appréciera les quelques scènes de Queen Latifah, la seule qui bénéficie de dialogues un peu marrants.
Mais bon, ça fait light, au bout du compte. Je vais peut-être me ressortir de vieux DVDs de Meg Ryan, moi.

5 réflexions au sujet de « Valentine’s Day, bien mais pas top »

  1. Je ne peux qu'adhérer au commentaire de Jungle Julia!! Dans les années 80 on savait faire des comédies romantiques rafraîchissantes… L'ironie c'est qu'aujourd'hui, c'est justement Meryl Streep qui a piqué sa place d'héroïne de comédie romantique à Meg!!(Cf le dernier Nora Ephron)

  2. Je vais le voir demain, avec une bonne dose de niaiserie à mon actif, faudrait vraiment que ce soit nul pour que je n'aime pas!

    Et pour info, « faire son canard » en langage djeunzz, ça veut dire « faire son bouffon », ça veut dire trop montrer son affection et donc perdre tout intérêt.

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