Lie To Me, une série qu’il faut la regarder (sinon elle fera pas d’audience)

Lundi soir, nous étions quelques blogueurs à être invités par M6 à venir découvrir la série Lie To Me, dont la diffusion débute ce soir sur la chaîne. C’était une bien chouette idée, vu que j’aime beaucoup les séries policières « à personnages ».  Sans vouloir faire de comparaison débile (le parallèle avec The Mentalist est souvent dressé par la presse, comme pour mieux opposer TF1 et M6), tu sais que je suis un fan plus ou moins assumé de Cold Case et de New York Unité Spéciale, avec leurs crimes plus ou moins sordides, l’importance des témoignages dans l’approche des enquêteurs, et les personnages, donc, généralement vachards et pince-sans-rire (avec toujours une figure féminine beaucoup plus douce et « premier degré » pour contrebalancer) (ces séries sont hyper sexistes, en fait). Bah là, c’est un peu ça, et j’aime, forcément.
Donc, découvrir une série qu’on m’annonçait comme géniale, avec un enquêteur grande gueule qui va m’apprendre plein de trucs sur les menteurs, ça me bottait bien (ça et le champagne « Château Veuve M6 » avec le logo de la chaîne sur la bouteille). A quelques réserves près, vu que GQ, le magazine qui m’énerve mais que j’achète quand même tous les mois, qualifiait dans son numéro de mars la série Lie To Me de « nanar idiot à fuir d’urgence ». Oups. ‘Sont pas cool chez GQ. Mais du coup, j’avais d’autant plus envie de me faire ma propre idée.
Donc Lie To Me, le pitch, ça donne : le bon docteur Cal Lightman (Tim Roth, l’un des arguments de vente de la série, puisqu’acteur culte qui a tourné avec Tarantino, Tim Burton, Wim Wenders, Ken Loach, Werner Herzog, Coppola…), expert du langage corporel qui bossait avec les fédéraux américains par le passé, possède un cabinet d’experts en psychologie et criminologie (en gros, on va dire que ce sont des profilers, sauf qu’ici, on ne traîne pas trop la nuit dans des caves glauques avec des tueurs en série qu’on cherche vainement à attraper depuis vingt ans, comme dans Profiler). Il bosse donc pour son compte, pour des clients privés, et à l’occasion, aussi, pour la police. Sa méthode : lire le langage corporel, les micro-expressions et les tics faciaux des témoins et suspects qu’il interroge. Généralement avec des résultats surprenants. Il travaille avec le docteur Gillian Foster, qui est gentille et jolie, avec Eli, un garçon un peu mignon et un peu beauf qui sert essentiellement de caution comique à la série puisqu’il est apparemment incapable de mentir (tiens donc…), et Ria Torres, qui fait office de jeune recrue impliquée au sang chaud (normal, elle est latino) (nos amis amerloques maîtrisent bien les clichés de ce genre, présents dans presque toutes leurs séries policières). Tout ce petit monde se complète joyeusement, dans une ambiance plutôt sympathique et pas anxiogène pour deux sous, entre intrigues policières et problèmes personnels.
Alors pour tout te dire, j’ai trouvé que le premier épisode de la série n’était pas le meilleur premier épisode de série que j’aie vu : il y a, pour un tout début de série, un petit souci de caractérisation des personnages. Cal Lightman, inspiré d’un psychologue réel du nom de Paul Eckman (qui bosse comme consultant sur la série), est vraisemblablement pensé comme un personnage sarcastique et pince-sans-rire, qui ne croit pas en l’humanité et ne s’en laisse guère conter, puisque, je le cite, un être humain ment en moyenne trois fois lors d’une conversation de dix minutes (flippant, mais probablement pas très éloigné de la vérité). Du coup, il est mordant et ironique, certes, mais peut-être moins qu’on ne pourrait l’espérer (franchement, après avoir vu House, il faut envoyer le paquet sur les sarcasmes pour se démarquer). De même, avec ses soucis perso déjà vu mille fois dans des séries plus ou moins bonnes (la fille lycéenne qui ne va plus tarder à voir le loup, le divorce pénible, l’envie de se mêler des soucis conjugaux des collègues, le lourd secret issu du passé…), on a un peu de mal à être surpris par le personnage, et donc à s’y attacher.
Toutefois, et sans révolutionner le genre (la révélation finale de la vérité sur fond de musique émouvante fait vraiment très Cold Case), le format d’enquête sur un épisode, avec interrogatoires, contraintes, rebondissements et surprenante révélation finale, est assez agréablement mené. Les scénaristes font plutôt un bon boulot, cohérent. Ensuite, les petites choses que l’on apprend sur les micro-expressions et les tics nerveux sont assez marrantes, et devraient désormais, au moins de temps en temps, me pousser à regarder mes amis de travers pendant qu’ils parleront (je vais donc perdre tous mes amis grâce à Lie To Me) (je ne remercie pas M6). D’ailleurs, au passage, ça fait trois jours que je n’ose plus me gratter le nez, alors que, bordel, c’est l’un de mes tics favoris !!
Alors voila, tu fais ce que tu veux, toi, mais moi je pense que je vais regarder un peu pour voir ce que ça donne par la suite. Ce n’est probablement pas la série du siècle, mais elle n’est pas aussi indigente que GQ ne me l’avait laissé penser, en tout cas, et ça devrait nous changer un peu des multi-diffusés et usés jusqu’à la trame NCIS et Les Experts. Tu avoueras que tes perspectives télévisuelles en sont bouleversées., du coup Si tu as la TNT ou un réseau numérique qui te permet de mettre la série en VOST, je te le conseille, parce que la VF est un peu à chier, malheureusement.
Ah oui, et après la diffusion des trois premiers épisodes, ce soir, M6 diffuse un documentaire sur les vrais profilers américains, canadiens et français (si si) et (un peu) sur le docteur Paul Eckman et ses méthodes. Et la vérité, dans la gendarmerie française, ils ont des experts, mais ils ont pas Tim Roth.

2 réflexions au sujet de « Lie To Me, une série qu’il faut la regarder (sinon elle fera pas d’audience) »

  1. Bah moi je continue à trouver ça pas désagréable, comme divertissement. De là à dire que je vais bloquer tous mes jeudis soir pour ça, je ne voudrais pas exagérer, mais si l'occasion se présente, je crache pas dessus.

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