Il y avait longtemps qu’on n’avait pas parlé télé de qualité, ici

Tu sais, mon sorbet à la mangue, je flippe un peu, je suis pris de vertige, que dis-je, j’angoisse, tout simplement : je réalise que l’un des fondements de mon identité est en train de s’envoler.
Car oui, il faut le reconnaître, la télé me soûle un peu, désormais. Peut-être parce que le ciné, les séries et le ouèbe ont envahi ma vie, et que j’apprécie davantage leur format « self-service à la carte ». Peut-être aussi parce que ma vraie vie prend de la place, et qu’après avoir éliminé tout loisir intellectuel au profit de mon addiction aux écrans, il fallait bien en éliminer un, un jour ou l’autre.
Toujours est-il que le fait est là : je ne regarde plus beaucoup la télé. Du moins, au regard de ce qu’était ma consommation quotidienne il y a encore trois ans. Ah ça, on se demande encore comment j’ai mené mes études à bien, avec ces conneries !
La preuve, je suis complètement à la rue sur l’actualité, pourtant fort intéressante et pas du tout avilissante, de Secret Story, dont le concept originel Big Brother a rarement aussi bien porté son nom. Outre le fait que, depuis la deuxième saison, je suis un peu gêné aux entournures par les manipulations stratégiques, mentales et affectives sur des candidats pas bien futes (et souvent pas bien solides non plus), dont la production se targue de plus en plus ouvertement, je suis un peu à la ramasse cette année parce que, bêtement, je n’ai pas le temps de regarder.
Car tu me connais, mon oeuf mollet, je ne suis pas bégueule quand il s’agit de télé : même si c’est pourri et que c’est la honte de suivre, ça m’empêche rarement de regarder, bravant par là-même la stigmatisation et l’opprobre générale. C’est beau. Mais bon, en rentrant du boulot à 19h, bah je n’ai droit qu’aux cinq dernières minutes des quotidiennes. Quand je pense à regarder.
Si tu veux me tenir au jus, tu es donc le bienvenu, hein.
Petite mise au point sur mes connaissances actuelles et les dernières forces en présence :
Amélie et Senna se sont mariés lors du dernier praïme. Après deux mois de romance mouvementée, enfermés sous l’oeil de caméras… Oui. Enfin, pas pour de vrai, mais d’après les sites ouèbe qui font leurs choux gras en se moquant d’eux relaient leur actualité amoureuse brûlante, ils le croient. J’ai pas vu la cérémonie made in real-TV avec Laurent le prêtre de la saison 2 et le bourgmestre de Liège, mais je ne doute pas qu’il devait s’agir d’un grand moment de gêne d’émotion. La prod’ s’évertue, et ça commence à se voir, à éviter la nomination de cette poissonnière d’Amélie (qui semblerait effectivement inévitable sans ces machiavéliques manipulations). Je pense que TF1 fait un assez bon pari : en suivant cette logique, la belge insupportable peut aller en finale, et ainsi mobiliser à mort les votants, pour éviter sa victoire avoir enfin l’occasion de se prononcer sur son sort. Elle nous fera, je pense, une George-Alain-de-la-Star-Ac-2 : candidat pas très brillant ni très sympathique, mais qui a au moins le don d’animer les quotidiennes par son comportement atroce, et se retrouve donc poussé jusqu’à la fin de la saison, mais pas non plus jusqu’à la victoire parce que, comme dit l’autre, « faut pas déconner non plus ».
Senna, lui, est un gossbô qui parle un peu trop lentement pour justifier la vitalité supposée par son physique avantageux (qui l’a très probablement, outre sa romance en carton-pâte, amené aussi loin dans le jeu). Dès que je l’ai entendu causer, à son entrée dans la maison des secrets, j’ai fait une embolie cérébrale.

Stéphanie, la pauvresse qui eût par le passé le goût douteux de sortir avec Senna (et celui, encore plus discutable, de sortir avec Coralie), était aux dernières nouvelles une sorte de Matthias-de-Secret-Story-2, utilisée et manipulée par la prod’ pour commettre des impairs et se mettre tous les autres candidats à dos, via des missions suicidaires. C’est un bon point pour elle, si l’on songe aux précédents de Loana ou de Nolwenn, guère appréciées par leurs camarades de réclusion à leurs époques, et ainsi judicieusement victimisées et rendues sympathiques aux yeux du public.
Bastien, le mentaliste, n’est pas bien malin puisqu’il subit sa deuxième nomination pour cause de caftage de mission à Stéphanie. Étrange que la prod’ n’ait pas encore cherché à mettre le boxon entre eux, ce genre de confessions intimes révélant un potentiel affectif très malléable, et donc exploitable, entre ces deux-là. J’aurais dû faire Machiavel casteur en télé-réalité, moi. Sinon, c’est un bon candidat, et pas le plus crétin du lot (en même temps, vu le niveau…). Le fait qu’il soit nominé seul cette semaine (et donc, qu’il soit à coup sûr sauvé ce vendredi) va a priori permettre à la production d’économiser une semaine et d’avoir son compte de quatre candidats pour la finale (et surtout pour la dernière semaine de jeu, qui a tendance à être un peu morne dans ce genre de programme) (au point que tout le monde a envie de se pendre).
Anne-Krystel (de Secret Story nue) accomplit un exploit dont peu de québecois ont été capables (hormis Ely de la Star Ac 5) (je me rends bien compte que je suis cinglé de me souvenir de ce nom, tu sais) : aller loin dans une real-TV hexagonale. Mais bon, heureusement qu’elle a encore son secret, aussi. Secret que personne ne trouvera jamais, parce que maintenant tout le monde a oublié Ahmed et Julie, qui partageaient son intitulé absurde « Nous sommes les complices élus de la Voix », et que dans ces conditions le seul moyen que quelqu’un trouve son secret est de se montrer un peu laxiste sur la formulation (complice, élue, accès privilégié aux infos du jeu…). Sinon, il paraît qu’elle a doublé de volume depuis le début du jeu, mais je ne vois jamais ce genre de truc.
Derniers candidats, derniers exploits : Benoît et Thomas, non pas un, mais deux gays, certes caricaturaux et cyniquement exploités par la production pour leur côté clichés sur pattes haut en couleur, mais tout de même sauvés par le public et donc populaires, portés loin dans le jeu. Je pense que l’un de ces deux-là peut l’emporter au final.
On verra bien. Ou alors, on s’en fout complètement, et on ne verra pas…

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