Michael « Bad Ass » Cera

Bonjour les calamars, c’est encore Margaret Thatcher.

 

Hier, peut-être parce que je n’étais pas inspiré par grand-chose des sorties de la semaine (Krach – lol, Oncle Boonmee que j’irai voir quand je serai d’humeur intellectuelle, Piranha 3D que j’irai voir quand j’aurai envie de voir un mec se faire bouffer les testicules, Avatar Édition Spéciale « Pressons le citron jusqu’au bout » que je serais déjà allé voir il y a neuf mois si ça m’intéressait vraiment de revoir Pocahontas), ou peut-être parce que les affiches et teasers étaient prometteurs, ou peut-être qu’on s’en fout, bref, je suis allé voir Be Bad (nouvelle traduction pourrie de titre anglais de film, cette fois-ci appliquée à Youth in Revolt). J’ai déjà abordé cette irritante habitude de traduire un titre anglais sympa (genre The Hangover ou Get Him to the Greek) en déclinaison « anglais pour les franchouillards nuls » (Very Bad Trip ou American Trip, pfff), qui me donne envie de jeter des chats infestés de puces aux visages des diffuseurs français. Mais passons.

Pour peu que l’on considère que la carrière de Jason Biggs fait envie, on peut, par raccourci et donc par facilité, se dire que Michael Cera est un peu le Jason Biggs des années 2010. Autrement dit le néo-héros de films pour teenagers, figure paroxystique du loser un peu paumé mais cool, dont la principale préoccupation est de perdre son encombrant pucelage, mais contrairement au héros d’American Pie, sans l’option trash des multiples gags pipi-caca-masturbation-nichons. Un Jason Biggs sensible, quoi. On ne sait pas trop si c’est parce que le trash, à force, on a fini par tous en revenir et qu’aujourd’hui un film sur des losers qui veulent n!quer n’offusque plus personne, ou bien si Michael Cera a vraiment une touche de poésie qui faisait défaut à Jim Levenstein et à ses potes Stiffler et Pause-Caca.
Toujours est-il que désormais, à 22 ans, Michael Cera ne tardera plus à atteindre l’âge des rôles un peu moins systématiquement ados losers et obsédés sexuels.
Ce qui nous laisse probablement deux ou trois films dont Scott Pilgrim vs. The World en fin d’année, et peut-être ENFIN le film Arrested Development en 2011, dans lequel il reprendra son rôle mythique de George-Michael Bluth, avant de voir si Michael Cera continuera à convaincre une fois sorti de son registre d’ado puceau.
Bon, et Be Bad, alors, c’est comment ? Ne te laisse pas avoir par l’affiche française du film, qui reprend grosso modo le visuel exposé plus haut, mais en accolant à Michael Cera sa co-vedette du film, l’héroïne Sheeni, alias Portia Doubleday (qui ressemble à s’y méprendre à une autre actrice d’American Pie pas du tout passée à la postérité, j’ai nommé Natasha Lyonne). Sur l’affiche, elle a l’air d’une lolita vaguement nympho, qui te ferait presque imaginer qu’on va avoir affaire à un film de bimbos, ambiance bikinis et bords de piscine, avec des gags dégueu’ et des rires bien gras. Que nenni, mon ami. Portia Doubleday incarne dans ce navet film une figure virginale et un peu perverse, dans une ambiance « Etat reculé du Middle West ». Michael Cera, alias Nick Twisp, lui, est effectivement puceau et envisage de se la faire. Mais en toute poésie romantique, hein. Et avec cette habituelle drôlerie qui réside dans le décalage entre son sex-appeal et ses ambitions sexuelles. Ou entre son allure de gentil garçon pataud et ses ambitions à être un bad ass.
Là où le film déçoit, en revanche, c’est dans ses longueurs. Bordel, que c’est long par moments, que de séquences mal amenées ou mal liées ! On sent bien qu’en dehors de quelques idées marrantes (Steve Buscemi en papa de Michael Cera, c’est tellement logique que c’est presque étonnant que personne n’y ait pensé avant) (et Ray Liotta en bad cop aussi), l’essentiel du sel de cette histoire vient du bouquin dont c’est tiré (Youth in Revolt : The Journals of Nick Twisp, de C.D. Payne) (qui date de 1993, quand même). Et c’est un peu dommage, parce que dans ce cas, autant lire le livre, nan ? En poche, ça doit coûter moins cher qu’une place de ciné, d’ailleurs.
Sinon, et comme expliqué dans la parodie ci-dessous, ça ne cause pas comme des vrais ados, ça ne se comporte pas comme des vrais ados, et ça se prend la tête un peu à tort et à travers (mais en drôle)… un peu comme les vrais ados.
Si tu es fan du français parlé avec un accent américain à couper au couteau mais so chic, de Michael Cera et de cette veine d’humour hétéro-beauf-sensible-poético-trash plus ou moins officieusement estampillé « humour coolos de Judd Appatow », tu peux y aller. Sinon, tu peux t’abstenir. Il y a de grandes chances que tu n’aies même pas lu ce post jusqu’au bout, de toute façon.

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