Déchéance / renaissance

Tu sais, mon ravioli pur bœuf, je l’ai déjà évoqué, mais bordel, c’est peu de dire que je suis dégoûté de voir Robbie Williams retourner dans la case boys band. Son côté rebelle de cour de recré, ses mauvaises relations avec ses ex-collègues, sa carrière solo qui lui a apporté bien plus de fric et de renommée que Take That ne l’avait jamais fait… Tout cela participait au mythe de ce personnage bien à part de la pop britannique (qu’on l’aime ou qu’on le déteste).

Et là, le voir jouer les boyscouts avec Gary Barlow, les clins d’oeil virils à l’amitié retrouvée, le brushing d’ex-jeune beau gosse, les plans larges où on voit les cinq mecs au ralenti, assis dans une pièce en silence et très absorbés par les tourments de leur coeur tendre (parce que faut pas croire, hein, les filles, c’est pas parce qu’on est un boys band qu’on est stupides) (on est RO-MAN-TIQUES avant tout), tout ce premier degré dans les attitudes façon « artistes pop qui font des choses sérieuses », les visages marqués par les ans et par un ou deux coups de bistouri… eh bien ça me fait bien mal. 
(VENDU !! REMBOURSEZ LE REBELLE !! RENDEZ-NOUS LORENZO LAMAS !!)
Il faut savoir (oui, il FAUT le savoir) que je déteste les boys bands, leurs clichés éculés, leur musique trop orientée « héros hétéros romantiques pour crétines prépubères en mal de modèle de mâle dominant depuis qu’elles se sont rendues compte qu’elle ne pourraient pas épouser papa », leurs concerts avec fans hystéros et air très touchés (du genre « ouais, les filles, tout cet amour, ça nous retourne le cœur et ça nous fait des choses… bon on est tous mariés et pères de trois gosses mais continuez à rêver de nous comme si on était de vrais chevalier servants, hein »).
Alors, clairement, voir Robbie Williams s’en retourner vers ces vertes contrées musicales, c’est pour moi une régression à peine supportable. Surtout quand on voit le mal qu’il s’était donné à casser tout cela à coups de toxicomanie, de fréquentations douteuses et de clins d’oeil subtils à son passé de popstar préfabriquée et prémâchée.
C’est d’autant plus triste que The Flood aurait constitué un sinegueule tout à fait correct s’il l’avait fait en solo; preuve, s’il en fallait une, que depuis quelques années, sa carrière perso semblait battre un peu de l’aile. Je me suis procuré le nouveau best of du sieur Robbie (normal, j’ai encore quelques réflexes pavloviens), et je n’y ai rien trouvé de bien intéressant pour mon iPud (qui contient de toute façon d’anciens albums et le best of de 2004 où le plus intéressant de sa carrière figure déjà).
Lueur d’espoir, malgré tout : chez nos amis britanniques, les Take That ont rarement été aussi populaires que depuis leur comeback de 2006, et leurs quelques sinegueules bien sentis (The Flood va cartonner in England, je te l’annonce). Peut-être de quoi redonner le goût de la mélodie efficace et des foules en délire à Robbie Williams avant qu’il ne repasse en mode dépression (vite, Ayda, fais-lui un moutard). En espérant qu’il en ressortira plus fort, plus inspiré et plus solo que jamais, hein, mais quand même, du fond de mon moi post-adolescent en pleine maturité, j’suis dégoûté de la laïfe.

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