Scream 4. Seriously ?

Mes ananas au mascarpone, je ne sais pas si tu kiffes les films d’horreur ou bien, mais je m’en va te conter une nouvelle anecdote de ma prime jeunesse, à défaut de pouvoir te causer à nouveau de Secret Story. C’est qu’en plus, le lectorat est exigeant et ne commente même plus en pilotage automatique, maintenant. Vous êtes décidément bien ingrats, mes suppositoires à l’eucalyptus (gné ?).
Quand j’étais minot, j’avais un peu peur de tout. C’est le syndrome « fils à maman », que dès que tu es contrarié ou que t’as pas envie de faire un truc, ta mamounette t’en préserve aussitôt. Résultat des courses : à 10 ans, t’es totally une fiotte, pas capable de te contraindre plus de trente secondes à quelque chose qui n’est ni sucré, ni doux, ni moelleux, ni d’une température raisonnablement chaude… Bref, tu es la princesse au petit pois alors que le monde entier (aka les mecs de la cour de récré) t’enjoint à devenir un « vrai » mec.
En résumé, tu es un faux mec. Une équation à haute teneur existentielle qui, si tu as le malheur de devenir pédé par la suite, ne va pas se résoudre tout de suite, mon pauvre petit pimousse.
Et donc, tout cela nous mène où, à la fin ? On ne va jamais réussir à pondre un post synthétique, ici, bordel ! Eh bien cela nous mène aux slasher movies. Tu sais, ces films avec plein d’ados joués par des acteurs de 30 ans, qui se font massacrer un par un par un tueur en série psychopathe (sauf l’héroïne, hein) (et, si elle a du bol, un ou deux de ses camarades de jeu), généralement à cause d’une faute originelle commise involontairement (quand ce n’est pas carrément à leur insu), et qui fleurissaient dans nos multiplexes dans les années 90. Cela portait de doux noms poétiques, du genre Cut, ou Urban Legend, ou I know what you did last summer et sa traduction tout pourrie. Mais tout cela n’est survenu que grâce au succès d’un premier film, qui relança le genre jusqu’alors supposé moribond : Scream, sorti en 1996 sous la férule du pourtant pas novice Wes Craven.

Et Scream, c’est devenu une trilogie lucrative, avec un deuxième volet sorti en 1998 puis un troisième sorti en 2000 (il y a seulement 10 ans ? La vache, on dirait que ça fait un demi-siècle). Comme pour beaucoup de slashers, ça pullulait d’acteurs plus ou moins connus ou de vedettes de séries télé qui testaient leur notoriété sur grand écran.
Et notamment la pauvre Sarah Michelle Gellar / Buffy, injustement massacrée au bout de vingt minutes du deuxième volet. Aujourd’hui, on peut dire que cette épreuve morale a forgé mon caractère et m’a permis de sortir de ma zone de confort filmesque. Parce que sur le coup, et bah je peux te dire que je faisais pas mon malin, moi, dans la salle obscure. Mes comédies romantiques et mes épisodes de Tintin enregistrés sur la 3 me manquaient soudain terriblement… Bon, à ma décharge, la scène introductive de Scream 2, quand on est dans un ciné bondé, elle fait réfléchir deux minutes, hein. Je dis juste ça à ma décharge. Et pis ma cousine s’est amusée à se planquer dans les placards et à en surgir en hurlant pendant une semaine, après, aussi. Alors que, concrètement, vu d’aujourd’hui (et après avoir revu le film plein de fois), ça me paraît bien risible.
Car ces slasher movies ne faisaient pas vraiment dans le gore (revoir le survendu The Faculty, présenté comme un film d’horreur à l’époque, donne une idée du niveau d’arnaque), et l’interdiction aux moins de 16 ans du premier Scream fait désormais doucement rigoler. Les boyaux de Drew Barrymore avaient vraiment fait leur petit effet auprès de ces messieurs les censeurs. Mais bon, au final, Scream, c’était juste des greluches qui se faisaient courser trois minutes avant qu’on voit un couteau s’abattre en contre-plongée. Soit, en 2010, un épisode ordinaire de série policière un peu sordide. Scream = New York Unité Spéciale chez les ploucs, point barre. Certes, il y avait une certaine ambiance, un suspense, et du sang, mais globalement, peu de sévices / massacres visibles. Ce sont surtout le côté parodique (les films dans le film, etc.) et les différents niveaux de lecture, qui faisaient l’intérêt de Scream. Un intérêt finalement tout relatif, et un peu surexploité (avec des restes aujourd’hui, puisque la franchise de parodies pas très finaudes Scary Movie semble increvable). 
Alors POURQUOI faire un Scream 4, dix ans après, apparemment prélude à une nouvelle trilogie ? Pour le blé ma brave dame. Et pour tester, à nouveau, le genre du slasher après des années 2000 plutôt marquées, côté horreur, par l’émergence des asiatiques mystiques et par celle, plus radicale, des survival movies, souvent de vieux remakes des 70’s adaptés à la sauce « uncensored 2000 » (The Texas Chainsaw Massacre, Saw, The Hills Have Eyes, House of Wax, ou encore l’un des films les plus insoutenables des 2000’s, Wolf Creek…). Franchement, c’est mal parti, vu les extraits qui filtrent. On dirait un peu de l’auto-plagiat avec des acteurs de seconde zone, un peu comme les derniers films de certaines franchises usées jusqu’à l’os (j’ai vu Urban Legend 3 : Bloody Mary à la télé il n’y a pas longtemps, j’ai beaucoup rigolé). Mais bon, en souvenir, on va laisser sa chance au produit.
Est-ce que la parodie et le petit jeu de cache-cache mortel entre ados va réussir à ré-émerger comme genre cinématographique à succès ? Neve Campbell fera-t-elle enfin carrière ? Courtney Cox et David Arquette surmonteront-ils leur divorce sur le tournage de la franchise qui les fit se rencontrer il y a quatorze ans ? Est-ce qu’ils vont zigouiller Hayden Panettiere ?? Et Save the cheerleader, save the world, alors ??
Autant de questions turlupinantes à laquelle des réponses seront apportées en 2011. Souviens-toi, l’été prochain.

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