La Pop-Pouffe de novembre

Salut les zoulous, c’est encore moi, au bord du précipice temporel qui me mettrait en retard pour la Pop-Pouffe de novembre. Comme d’hab’, car on peut le dire maintenant, cette rubrique s’est progressivement décalée de « autour du 15 » vers « le 30, voir le 31 du mois » (je vais être emmerdé en février).
Mais, tel Lara Fabian, j’y crois encore, je me tiens droit dans mes bottes et, certes pile dans les temps mais dans les temps quand même, je te livre la dinde de Thanksgiving.
Pink, donc. Ouais, je sais, j’ai déjà causé de Pink il y a deux ans. C’est à ce genre de détails que je me demande si je n’ai pas fait le tour des Pop-Pouffes, en fait. Le cercle des morues peroxydées qui meuglent de la pop pour radios FM en mal de mélodies faciles est finalement assez restreint. La bonne nouvelle, c’est que je réussis malgré tout à ne pas caser la même dinde trois fois par an. Mais alors, c’est vraiment parce que la rubrique est mensuelle, hein.
Pfff, je me perds encore en conjectures. Disciplinons-nous, causons du sujet : Alecia Moore, Pink, la peroxydée en chef (je voudrais pas être son cuir chevelu).
P!nk / Pink sort son best of Greatest Hits… So Far et en profite pour nous balancer un inédit. Comme bien souvent dans le cas d’un greatest hits, c’est une sinegueule mineur, plutôt destiné à créer une vague actu diffusable en radio histoire de promouvoir le disque, et aussi à faire acheter le greatest hits à des fans décérébrés qui ont déjà tous les albums.
Vu d’aujourd’hui, où on télécharge (légalement ou pas) tout ce qu’on veut et où on n’est pas obligés de se fader tout un album sur son iPud si on veut n’y mettre que les deux ou trois titres qu’on apprécie vraiment, la démarche paraît presque anachronique. Franchement, si je suis fan de P!nk, il est probable que je n’aie besoin de télécharger/acheter que le titre Raise Your Glass, et pas tout le best of. Tu me diras, c’est toujours mieux que rien, en termes de royalties, pour la chanteuse.
Bon, et le sinegueule, dans tout ça ? Bah j’ai envie de dire bof (je dis souvent bof) (je suis un modèle d’élégance et d’expressivité). Au début, ça sent effectivement un peu le titre inédit collé là pour meubler et pour servir de chair à radios. Puis, progressivement, on s’habitue à la mélodie et on se surprend à se la repasser dans la tête (comme on est une douzaine là-haut, tout le monde n’est pas ravi de cette invasion musicale d’un goût douteux, mais on s’habitue). Du mécanisme Pop-Pouffe de base, quoi.
Je suis en revanche un peu circonspect devant l’aspect un peu opportuniste qui transparaît de tout ça. Du clip, déjà, avec ces vagues provocations épate-bourgeois à base de sexe et de religion, menées avec une conviction de cocker dépressif. Du contenu, ensuite, puisqu’après nous avoir bassiné pendant dix ans avec son féminisme de cour de récré et ses revendications contre la vilaine gent masculine, P!nk semble se positionner subtilement sur le créneau Gaga. Ses « Little Freaks » sonnent un peu comme des « Little Monsters », et même si on ne doute pas de sa sincérité, devenir tout à coup porte-étendard affirmé des freaks, des gros, des moches, des pédés et de tout ce qui est supposé subir des brimades dans les teen movies, ça donne une vague impression de surf sur la vague. Il semble devenu « fréquentable », désormais, de se mettre du côté des minorités opprimées et d’assumer à mort son ouverture d’esprit. Sauf que c’est un peu facile, pour ne pas dire carrément hypocrite, de fraterniser par clip avec les losers du lycée, les pédés, les gouines, les wesh, les pas assez beaux, les complexés, les binoclards, les rebelles, les gens qui ne trouvent pas l’amour et les filles opprimées par les mecs. Si tu additionnes tous ces gens, pas sûr que cela constitue une minorité de la population occidentale.
Certes, P!nk a toujours été un peu perchée et atypique dans le paysage des Pop-Pouffes, mais bon, ce n’est pas non plus à proprement parler une épave ou une anarchiste en rupture totale avec les codes de la société patriarcale qu’elle dénonce.
Bref, je n’ai rien contre Raise Your Glass, sinegueule qui ne sert jamais que de prétexte à promouvoir un best of et à regarder Madame Carey Hart faire le pitre dans un clip trop golri comme d’hab’, mais je trouve juste que c’est un peu facile.
Next month, on sera déjà en décembre 2010 (EN DECEMBRE 2010, BORDEL), et on aura envie de fêter la fin de l’année tous ensemble : festoyons, élisons la Pop-Pouffe de l’année dans une grande communion, et ensuite on dansera nus autour du feu pour invoquer l’esprit de la grande musique. Je suggère donc que tu commences à réfléchir, mes pastèques, à ton futur vote : après avoir exposé la Pop-Pouffe de décembre, je te proposerai en effet de voter pour ta favorite de 2010. Un peu comme Miss France. Sauf que la lauréate ne pleurera pas sur la scène du Zénith de Caen et qu’elle ne sera jamais au courant de sa victoire (quel dommage).
Allez, bonne réflexion, et n’oublie pas d’acheter ton calendrier de l’Avent, mon dindon.

6 réflexions au sujet de « La Pop-Pouffe de novembre »

  1. Alexandra, tu viens de sauver le bloug d'une mort certaine : je boudais que personne ne commente cette pop-pouffe, analysée avec amour et supposée être la rubrique phare de ces lieux. Et là, que vois-je ?? Aucune réaction en 9 jours. L'Internet mondial, c'est rien qu'un ingrat, et puis c'est tout.

    I'll be back.

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