Photoshop a TUER l’industrie du disque

Mes gnocchis à poêler, aujourd’hui, c’est un vrai dilemme culturel qui me déchire les entrailles. Et se laisser perturber par la culture, habituellement source de joie tu en conviendras, c’est moche (c’est d’ailleurs le cas de le dire).

Vraiment, je suis un homme déchiré, écartelé, dilemmisé, c’est horrible.

Car j’hésite vraiment.

Je ne sais pas quelle pochette est la plus laide.

Celle de Bleu Noir, futur album de Mylèèèèèèèèèène Farmer made in Photoshop pour les Nuls ?

Ou bien celle bien creepy de Michael, l’album posthume de Michael Jackson nu, dont on tentera de pomper jusqu’à la dernière goutte de sang de son cadavre artistique encore tiède ?

Nan mais vraiment les gars, je veux bien qu’arrivés à l’heure du tout numérisé, où le CD est mortifère et où la musique se consomme gratos et se jette au fur et à mesure, on s’en foute de la pochette. D’ailleurs, le buzz grotesque de Kanye West autour de sa pochette « censurée » (qu’au final tout le monde a vu, et qui a dû être l’un des JPEG les plus téléchargés du mois d’octobre) montre bien que, de toute façon, le CD et sa pochette, on s’en fout. On est là pour la came, qu’elle soit sous forme de vidéo virale, de prestation scénique ou de mp3 lické par « accident », bordel.
Mais bon, on a aussi évolué, en matière d’imagerie, de codes visuels et d’élégance, depuis 1987. C’était pas plus simple de prendre un bon photographe et de faire quelque chose de chiadé, vite fait bien fait, ma bonne Mylène, au lieu de (vraisemblablement) confier le boulot à ta nièce ? T’as des soucis d’argent ou bien ? Quand à l’effet « House of Wax / statue de cire du musée de Madame Tussaud » pour l’album d’un mec mort dans des circonstances douteuses et qui a passé les dernières années de sa vie à être perçu comme un monstre de foire, y’a que moi que ça met mal à l’aise de le voir sur une espèce d’affiche de cirque datant de 1963 ?

Vous voulez sauver l’industrie du disque ? Commencez déjà par valoriser la tronche du disque. Valoriser un truc matériel qui ne se vend pas parce qu’il est concurrencé par son équivalent immatériel, ça devrait déjà commencer par valoriser ce « truc » en tant qu’objet. Qu’il soit beau, statutaire, qu’on soit fier de le posséder, quoi. Déjà que ça coûte trop cher au point que c’est presque devenu un mode « luxe » de la consommation de musique, que ça aie au moins l’excuse d’être beau…

Je te jure, je ne comprends rien à l’art. C’est sûrement pour ça que je suis blogueur. C’est quand même beaucoup plus confortable pour puter à boulets rouges sur tout ce qui sort. La vie n’est-elle pas bien faite ?

4 réflexions au sujet de « Photoshop a TUER l’industrie du disque »

  1. La pochette de Michael est plus atroce que celle de MF (si, si, c'est possible). Toutefois, je ne subirais pas ton dilemme vu que je n'achèterais ni l'un ni l'autre (mon addiction à l'un comme à l'autre s'est depuis longtemps dissous avec le temps). Toutefois, comme j'ai appris que Archive a collaboré à l'album de Mylène, ça risque tout de même de faire frétiller mon oreille de curiosité (oui, monsieur, mon oreille frétille).

    Globalement, je suis d'accord avec ton article : tant qu'à faire, autant posséder un bel objet.

    Question : quelle est ta pochette préférée de CD ?

  2. @princesse : je comptabilise ton vote, pour ma part je n'ai toujours pas réussi à trancher…

    @ma vie intrépide : je n'ai jamais réfléchi à la question. Lemonade and Brownies de Sugar Ray, peut-être (avec mon bon goût habituel) ? Ou le cultissime Abbey Road des Beatles ? Ou encore Nevermnd de Nirvana ? C'est une nouvelle hésitation que tu me colles, là !

    @Al West : bizarrement, personne pour le moment. Déception, les internautes pervers veulent peut-être du matos plus crade ?

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