Le clip de Is Tropical, la hype, la guerre

Salut les nazes, c’est encore Françoise Hardy. Ou Nathalie Rihouet (nue), je ne sais plus trop. Aujourd’hui, parlons pop indé. Parce que bon, les dindes et les radios commerciales, ça va bien deux minutes, hein, mais faudrait pas oublier qu’on a des prétentions intellectuelles de CSP+, sur la blogosphère. On n’est pas des gueux, que diable. Pour se rassurer, rien ne vaut une petite production Kitsuné.

Kitsuquoi ? A vos souhaits. Kitsuné, la maison de disque / marque de fringue qui sert de nébuleuse commune à Yelle, Dragonette, Au Revoir Simone, Metronomy, Block Party, Hot Chip ou Boys Noize. Et donc Is Tropical, dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à présent. Si tu connais pas Kitsuné, en résumé, c’est que t’es trop naze, paraît-il. Mais bon, quand on ne s’intéresse pas trop à l’électro et pas des masses non plus au rock indépendant / underground, c’est un peu compliqué de se fader Kitsuné au petit-déjeuner. Si on m’avait dit qu’aimer Britney Spears me fermerait les portes de l’élitisme, j’aurais mieux réfléchi avant d’acheter Oops ! I did it again
Bref, Is Tropical, responsable de la chanson illustrée ci-dessus par un clip rigolo-gore, est une groupe de petits gars anglais qui se sont formés il y a à peine deux ans et qui, repérés par d’autres groupes intello-bobos (Two Door Cinema Club et les Klaxons, notamment), vont bientôt sortir un premier album. Comme bien d’autres groupes intello-bobos croisés au hasard d’un festival Les Inrocks ou d’une soirée Kitsuné au Social Club, ils espèrent probablement réaliser un hold-up populo-branchouille façon Justice, Phoenix ou La Roux, et vendre un sinegueule en masse avant de retourner à leurs clubs underground de Tokyo, New York, Londres ou Berlin parce qu’ils refuseront d’être une pute à maison de disque vendue au système et aux radios commerciales. C’est tout le bien que je leur souhaite.
En méditant de manière philosophique et clipesque sur les guerres et la violence qui inspirent les jeux des ch’tites n’enfants, ils auraient pu nous soûler. Mais en le faisant avec les frenchies de Megaforce et de jolis effets mangas qui feront office de caution lol pour les uns et d’épate-bourgeois pour les autres, ils devraient au moins s’assurer une petite notoriété (la preuve, comme un con, je cause d’eux). En un sens, ils ont raison : il faut vraiment vivre dans une société aseptisée, sécurisée et prospère pour s’imaginer que faire la guerre et tirer sur des gens est le comble du fun. Mais bon, on sait bien que les enfants sont bêtes, et les métaphores moralisatrices se fondent maladroitement dans la musique pop. En espérant pour eux que ce ne soit qu’un coup d’essai et qu’ils ne se complaisent pas à chaque clip dans une esthétique gore « pour la dénonce ». Ou alors je comprends de travers…
En tout cas, dans la même catégorie bobo-branchouille, les pérégrinations philosophico-moralistes de M.I.A. sur la guerre et les génocides ont fini par péter les couilles à tout le monde. Pop is pop, les gars.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*