La Pop-Pouffe de juin

Signe des temps, et de la crise qui contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire n’est pas finie (la preuve, Lady Gaga vient de balancer son premier clip depuis un bail avec moins de danseurs, de costumes, d’effets spéciaux, de lumières chatoyantes et de chorégraphies que dans l’intégralité des bars gays de New York) (qu’est-ce que je raconte, moi ?) : Sophie Ellis-Bextor n’a plus les moyens de tourner un vrai clip.

Ou alors, c’est juste parce qu’elle s’en fout. Mais quand même. Sortir des singles dans l’indifférence générale depuis maintenant sept ans, ça commence à faire long, et du coup je me demande si les producteurs de la petite SEB lui font encore confiance en lui avançant les sous de ses frais de promotion. A titre personnel, depuis Groovejet en 2000 puis Murder on the Dancefloor en 2002, je commence à m’impatienter, pour ne pas dire à désespérer, qu’elle confirme sa percée pour devenir une égérie dance reconnue. C’est qu’avec son look et son physique atypique (elle a toujours cette dégaine de géante glamour un peu gauche, coincée entre des yeux de poupée, des cherry lips insolentes et des jambes de cinq mètres de long), elle pourrait occuper une place à part dans le paysage pop. Qu’elle n’occupe vraiment pas, pour le coup. Au lieu de cela, elle a préféré se marier, pouponner, retarder ses sorties d’albums, faire des featurings dance un peu bruyants mais pas trop tapageurs… et on a fini par la zapper un peu.
C’est donc sans promotion en France (où son nouvel album Make A Scene n’a même pas de sortie prévue) que la grande Sophie balance au ouèbe son nouveau single, synonyme comme de nombreux autres précédemment de bide et de frustration. Mais comme le disait très justement Popjustice : It is so much easier being a Sophie Ellis-Bextor fan once you accept that she is never ever going to have another hit single.
Oui, une fois qu’on s’est fait à l’idée que Sophie Ellis-Bextor ne deviendrait jamais une immense star de la chanson, une fois qu’on s’est habitué à la perspective qu’aucun de ses singles, aussi enthousiasmant soit-il, ne trouverait plus le chemin des playlists FM ni du top 10 iTunes, on peut se détendre et se contenter d’apprécier ses chansons pour ce qu’elles sont.
En l’occurrence, pas ce qu’elle a fait de plus brillant, mais une honnête ritournelle qui vaut bien Loona, Pitbull ou David Guetta (pour citer les artistes qui trustent actuellement le top 10 français)…

2 réflexions au sujet de « La Pop-Pouffe de juin »

  1. Tant de potentiel gâché, c'est quand même dommage, non? Cette fille fait juste de la chanson en dilettante, comme d'autres s'inscrivent à un club de sport.
    Bon, ça se laisse écouter en faisant les courses mais ça pourrait être tellement mieux…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*