Le tube d’il y a 10 ans : Lorie, Près de moi

Eh oui, mes lardons, il y a dix ans, l’année 2001 battait son plein, et on peut dire que c’était riche en réjouissantes daubes : du It Wasn’t Me de Shaggy au All For You de Janet Jackson, en passant par le Hasta La Vista de MC Solaar ou le La Voix des Sages de Yannick Noah, la période printemps-été 2001 était assez chargée. Au milieu de toute cette foule de susurreurs de haut vol, une petite française émergea avec ce qu’on pouvait percevoir comme un gentil plagiat de Sometimes, en partie grâce au ouèbe, et en partie grâce aux fillettes de huit ans, il faut bien le dire.

Lorie est l’un des premiers produits musicaux français labellisés « Né sur Internet ». A ce titre, elle incarne une certaine idée de la modernité, récompensée par une nomination aux Victoires de la Musique l’année suivante, même si son répertoire de l’époque n’est qu’une variation française des morceaux les plus niais de Britney Spears ou de Mandy Moore. Dans le même genre, de nos jours, on a Joyce Jonathan : on a bien du mal à imaginer un être humain dont l’âge se situerait entre 14 et 50 ans qui achèterait ce truc pour de vrai, mais bon, elle a été révélée par My Major Company (par contre, contrairement à Lorie, les radios la diffusent), alors elle a cette espèce de légitimité indiscutable à être là. Pas sélectionnée par un grand ponte de l’industrie du disque du haut de sa tour d’ivoire, elle est une manifestation spontanée de ce qu’on appelle crûment la popularité ; c’est le public qui l’a choisie. Car Lorie, qui ne doit l’enregistrement de son premier titre qu’à la mode des lolitas (merci Alizée) (ou merci Mylène Farmer) (dingue, hein, comment on en revient toujours à elle), n’avait pas de maison de disque avant que son producteur ne mette son single sur le web. 15 000 téléchargements plus tard, une maison de disque flaire le bon coup et signe la jeune pouliche. Près de moi passera près de 5 mois dans le top 10 français, et en moins de dix ans, Lorie vendra près de 7 millions de disques, ce qui, sur le marché musical hexagonal, est loin d’être dégueu.
La Bonnie Tyler touch : fatal error

Alors bon, soyons honnêtes, ces deux ou trois dernières années, Lorie est devenue un peu ringarde et vend nettement moins d’albums, ou même de singles. La faute à quoi, on ne sait pas trop. L’ex de Garou n’est toujours pas diffusée en radio (et pas des masses en télévision non plus), donc on ne peut pas dire qu’un désamour des médias pour sa musique soit en cause. Pendant un bon moment, elle a réussi à maintenir l’attention de son public (qui, de 6-10 ans au début, en a donc plutôt 16-20 aujourd’hui) en faisant doucement évoluer son répertoire vers des chansons moins « bubble pop pour pré-ado romantique » ; mais peut-être pas assez ? Entre erreurs tragiques de brushing et provoc’ sexuelle à deux balles, la crédibilité de Lorie dans la pop « adulte » reste à faire, malgré un virage dance assumé. Tôt ou tard, les jeunes fans se tournent vers des produits plus matures, moins officiellement pré-pubères : Jenifer, sorte de version moins lolita de la chanteuse lancée par la grande vague de la télé-réalité, ou les produits originaux ayant inspiré Lorie (les internationales Britney et Xtina), quand ils ne font pas carrément une vilaine crise d’ado en lui préférant désormais des groupes de rock, ces ingrats.
Toujours est-il que, de l’époque bénie des lolitas teen pop made in France (qui sont globalement toutes coupables de production de bouses musicales à la chaîne entre 2001 et 2003), c’est peut-être la seule qui, aujourd’hui encore, reste connue, maquée avec une maison de disque et crédible pour un hypothétique retour musical (Eve Angeli et Priscilla ne peuvent probablement pas en dire autant). On piaffe d’impatience.

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