First one, last one : 15 one hit wonders du monde merveilleux du R’n’B

Mes cubes de gouda, comme c’est l’été, et donc le temps des chansons honteuses qu’on kiffe avant d’en être souverainement embarrassé, je sollicite à nouveau ton attention musicale, que je sais grande (sinon, tu ne serais pas ici à lire des articles de qualité sur de la musique de qualité, n’est-ce pas ?). As-tu remarqué que le R’n’B est, de tous les courants musicaux de la pop, le moins propice à faire carrière ? Pour une Rihanna, un Usher et une Beyoncé, combien de Christina Milian, de Cassie ou de Sisqo qui ne passent pas la barre du deuxième album, voire du deuxième single, avant de sombrer dans un relatif anonymat (parfois en continuant à sortir des disques que personne n’achète et qu’aucune radio ne diffuse, d’ailleurs)… Mais surtout, plus que dans la pop FM « classique », me semble-t-il, les one hit wonders du R’n’B sont légion, presque comme si les producteurs lançaient un single sans plan pour la suite. Un petit hit et puis s’en va, à la limite avec une tentative de second succès, mais ça ne va pas plus loin. Ensemble, prenons-nous par la main, chantons et faisons un petit tour d’horizon de ces has almost been de la musique, à travers 15 exemples frappants.

15. Dante Thomas – Miss California (2001)

Oulala, ça met un coup de vieux, là. C’est étonnant, ce mec semblait bien parti pour avoir du succès, il a sorti un single à succès (en featuring avec Pras de Fugees, qui bouffait à l’époque à tous les râteliers des featurings, un peu comme Kelly Rowland ou Snoop Dogg aujourd’hui) et un album dans la foulée (dont il a tenté de sortir un ou deux singles supplémentaires)… Mais rien. Depuis, le gentil Dante, dont la fiche Wikipedia dit qu’il est de Salt Lake City et qu’il est venu vivre en Europe, à Hambourg (??), serait sur le point de faire un come back. Mouais…

14. Sisqo – Thong Song (2000)

Alors que j’ai seulement remarqué son existence en 1999 sur le pire single de la discographie de Will Smith (c’est dire…), Sisqo est également le lead singer du groupe Dru Hill, qui existe depuis 1992 et est toujours actif aujourd’hui. N’empêche que c’est bien en 2000 que, en solo, il rafle tout sur son passage : nominations aux Grammy Awards, aux Billboard, aux MTV VMA… En plus de cette « chanson du string », qui a probablement marché de ce côté-ci de l’Atlantique uniquement grâce à sa grivoiserie un peu light, Sisqo a connu la sommet des charts US avec une ballade (passée en revanche assez inaperçue chez nous)… Mais depuis, bah pas grand’chose, en fait. Il a bien tenté de revenir à peine un an après le succès de son premier album (ce qui faisait peut-être un peu vite), mais depuis, il semble retourné à sa vie avec son groupe.
13. Lemar – If There’s Any Justice (2004)
Certes, il était mignon et sympa, Lemar, à essayer de faire quelque chose de classy malgré son statut d’ex-candidat de télé-crochet, mais ça n’a pas suffi à durer à travers l’Europe. Le jeune homme a pourtant poursuivi sa carrière au Royaume-Uni avec plus ou moins de succès, mais le reste du monde semble l’avoir un peu zappé… Pourtant, son If There’s Any Justice avait bien marché, et il avait même vaguement réussi à passer le cap du deuxième single en France, grâce à un featuring frenchy pourri. Comme quoi, il n’est pas facile de passer le cap de la « révélation » d’une année qu’on aura oublié l’année suivante : ce n’est jamais gagné avant deux ou trois albums, et non deux ou trois singles…
12. Samantha Mumba – Gotta Tell You (2000)
Attention, tresses über kitsch inside… Samantha Mumba la petite métisse irlandaise semblait bien partie, mais seul son premier single a traversé la Manche. Son album a été un gros succès au Royaume-Uni, mais ailleurs en Europe elle n’a jamais vraiment dépassé le statut de One Hit Wonder, malgré quelques autres singles issus de cette première galette. Depuis, elle a sorti un album de Noël et… un best of. Ce qui me porte à croire qu’elle se foutait un peu de notre gueule.

11. Lucy Pearl – Don’t Mess With My Man (2000)
En 2000, le SuperGroupe de Raphael Saadiq engendrera un single à succès, Don’t Mess With My Man, un succès plus discret, Dance Tonight… Et ce sera à peu près tout. La chanteuse Dawn Robinson (ex-En Vogue) quittera le groupe peu après, et Ali Shaheed Muhammad (ex-A Tribe Called Quest) se lancera en solo en 2004. Depuis, plus rien de la part de Lucy Pearl, mais Raphael Saadiq a été adoubé en solo par la presse musicale, et Mick Jagger a lancé son propre SuperGroupe avec Joss Stone et Damian Marley entre autres. Peut-être de quoi créer l’évènement une nouvelle fois.

 

10. Truth Hurts – Addictive (2002)
Qui se souvient de Truth Hurts (pseudo grotesque au possible consistant à faire de son nom de scène une expression bateau, by the way) ? En 2002, le single de la donzelle s’impose progressivement en TV et en radio chez nous, alors que c’est un tube mineur aux Etats-Unis. A l’époque, la presse people et les radios commerciales hurlent à la révélation de l’année, Truth Hurts essayant de se la jouer femme de caractère et personnalité intéressante. N’empêche que depuis, c’est un peu la loose pour la pauvre petite Truth, qui a raté son come back de 2004, puis celui de 2010.
9. Jamie Lidell – Another Day (2008)
Alors lui, je n’ai rien compris à ce qui lui est arrivé. A un moment, il était impossible d’allumer la radio sans tomber sur lui, et puis plus rien. De toute façon, ça m’agaçait un peu, c’était pile dans la vague du son old school pour soul FM (merci Amy Winehouse), donc je ne comptais pas plus sur lui que sur les autres pour durer à une échelle grand public. Mais bon, il paraît qu’il bosse aussi avec Beck et avec Feist, alors…

8. Stacie Orrico – Stuck (2003)

Après un premier album dont personne n’a entendu parler, Stacie Orrico accède à un succès international en 2003 avec Stuck, single qui rappelle les meilleures heures de la teen pop sucrée, sur lequel elle enchaîne avec un second single un peu plus poussif. Mais elle ne marche guère chez elle, aux Etats-Unis, et surtout, elle pète un câble en décidant de mettre fin à sa carrière musicale, pour finalement revenir sur sa décision et faire un come back dans l’indifférence générale en 2005. Pas de bol.

 

7. Baby Bash – Suga Suga (2003)
Lol. Le truc le plus premier degré et psychologiquement transparent de ce « classement ». Souvent, les mecs qui chantent du R’n’B, c’est pour nous la jouer gros lover qui sait vaguement danser et qui a éventuellement une voix plus « mélodique » qu’un rappeur de base : a priori, il a des chances de toucher un public un peu plus mainstream. Bon, là, le mec nous la joue rappeur avec look de la té-ci t’as vu j’porte un bob, et adopte les codes visuels du hip-hop. Soit. Mais si c’est pour prendre le moins ragoûtant du genre, autant passer son chemin : ici on est dans un quartier ghetto t’vois, mais les filles sont quand même en mini-short et en décolleté pigeonnant parce qu’elles n’ont évidemment pas peur une seule seconde de se faire violer ou traiter de teu-pu (nan mais sérieux, la livreuse de colis en mini-short et soutif’, quoi…). Les mecs, vous pensez sérieusement que les meufs du ghetto ressemblent à ça, ou c’est juste pour « rêver » ? On a bien rigolé, mais faut pas rester là, monsieur… Toutefois, je suis mauvaise langue, puisque Baby Bash a sorti plusieurs albums depuis 2003, mais sans réitérer l’exploit de faire un tube.

6. Eamon – Fuck It (2004)

C’est dommage, quand on sort un premier single un peu provoc’ qui permet de se faire un peu remarquer par le grand public et d’être numéro 1 des ventes à peu près partout en Europe, de ne pas réussir à enchaîner. Cette chanson de rupture connaîtra toutefois une « réponse », qu’on pourrait plus légitimement qualifier de tentative de récup’, de la part d’une certaine Frankee, qui se prétendait l’ex-petite amie d’Eamon visée dans la chanson et sortit donc une version perso de la chanson, qui fut elle aussi numéro 1 en Angleterre. Bon, on apprit plus tard que Frankee était à peu près autant l’ex d’Eamon que je suis l’ex de Georges Moustaki, mais qui ça dérange, ces détails ?

 

5. Blu Cantrell – Breathe (2003)

Blu Cantrell était une espèce de sous-Anastacia qui faisait un duo avec Sean Paul. Elle avait sorti un sinegueule avant, mais qui avait eu moins de succès. Et elle a un peu disparu de la circulation depuis… Ce clip me faisait bien rire car on avait l’impression, à cause des différences de tenues/coiffures/maquillage, que plusieurs filles étaient en duo avec Sean Paul. En fait non, c’est juste que Blu Cantrell est douée pour changer de tronche.

 

4. Brick & Lace – Love is Wicked (2007)
Eh non, Brick and Lace, ce ne sont pas deux filles qui s’appellent respectivement Brick et Lace. Oui, moi aussi j’ai été très déçu en l’apprenant. En fait ce sont deux soeurs, Nyanda et Nailah Thorbourne. A ce jour, Love Is Wicked demeure leur seul tube, mais elles vont apparemment tenter de faire un comeback en 2011, en duo avec Lynnsha (ne se rendant probablement pas compte que personne n’achète les disques de Lynnsha)…

 

3. Iyaz – Replay (2009)
Iyaz – Replay Vidéo mohzer sélectionnée dans Musique

Le pote de Sean Kingston n’a réussi à se distinguer que le temps d’un single. Même pas sûr que le grand public l’ait identifié lui, en tant que chanteur, au-delà de sa seule chanson… Ce fut pourtant un assez simpathique tube de l’été sorti en plein hiver. Une seconde tentative bientôt ?

 

2. Lumidee – Never Leave You (Uh Oh) (2003)

Il s’est passé un truc, avec cette chanson, en 2003. Alors que la pop mondiale s’enflammait pour le « nu metal » d’Evanescence and co, ce n’était pas tout à fait la période propice à un son urbain. La présence en featuring  de Busta Rhymes laissait espérer une suite à ce joli coup d’essai, mais finalement non.

1. Mario – Let Me Love You (2004)

C’est assez terrible, d’être numéro un partout avec un titre qui devient un tube relativement spontané, pour ensuite retomber dans un relatif underground. Mario n’a pas disparu de la scène musicale depuis son méga-hit de 2004. D’ailleurs, il n’en était même pas à son premier album, à l’époque. Mais rien à faire, depuis cette époque (ça fait quand même 7 ans), sa carrière est cantonnée aux Etats-Unis, où son succès est désormais bien plus modeste. Une longévité inhabituelle qui pourrait peut-être lui permettre de créer la surprise, un jour, avec un nouveau succès ? On peut en douter, mais l’espoir, c’est beau.

Bon, j’ai oublié qui ?

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