Inna Modja, ou le vrai tube de l’été

C’est le dernier jour d’août, et presque le premier jour de septembre. S’il devait rester un tube FM de l’été 2011, ce serait peut-être celui-ci, bien soutenu par les radios, et probablement par sa maison de disques. L’album a un peu fait parler, un second arrive d’ici novembre, avec certainement un ou deux singles supplémentaires pour le porter. La jeune artiste, superbe, a toutes les chances de séduire le plus grand nombre, si elle a le bon goût de confirmer.

Parallèlement à cela, sa fiche Wikipédia (comment vivait-on avant Wikipédia ?) nous apprend qu’elle a subi des mutilations génitales enfant. Ce qui jette un froid, quand même. Elle s’engage aujourd’hui contre cette pratique, et c’est bien (même s’il serait préférable de ne pas en avoir besoin) qu’une vedette incarne le visage de cette cause, malheureusement toujours d’actualité. Il y avait bien eu Waris Dirie à la fin des années 80 (à ce propos, si tu en as l’occasion, essaye de voir un jour le film Fleur du Désert, passé quasi-inaperçu chez nous l’année dernière), mais depuis, peu de personnalités pour prendre la parole de manière récurrente et « expérimentée » sur cet enjeu.
Bon, je sais, en pleine crise de la dette, de la taxe soda, des impôts qui te tombent dessus et des élections qui approchent, t’en as rien à battre de l’excision. N’empêche que c’est une horreur, encore encouragée par des croyances pseudo-médicales débiles, qui mutile chaque année des milliers de femmes ; lesquelles ne connaîtront jamais le même potentiel de plaisir sexuel que les autres femmes, mais pas seulement : infections, conséquences psychologiques et autres complications lors des accouchements sont aussi au menu. Tout cela au nom de la domination masculine, sous couvert de « soigner » l’hystérie ou l’épilepsie féminine.
Bref, ne réduisons pas Inna Modja à cela : elle a avant tout chanté dans nos oreilles tout l’été, et son French Cancan faussement désuet aura pour toujours un goût d’été 2011. Mais saluons aussi son courage et sa volonté de prêter sa voix aux femmes mutilées. En espérant simplement qu’elle ne devienne pas un simple porte-étendard dont la carrière artistique sera phagocytée par son histoire personnelle. T’as qu’à demander à Corneille…

2 réflexions au sujet de « Inna Modja, ou le vrai tube de l’été »

  1. Je le recommande : pas un grand film, pas forcément un chef d'oeuvre de mise en scène, mais de bons comédiens (dont Sally Hawkins), et une thématique présentée avec pudeur et pédagogie.

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