La Pop-Pouffe d’octobre

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé de Rihanna ici. C’est pas qu’on se répète, hein, mais bon, c’est un peu le principe de la Pop-Pouffe du mois, la redondance. Et ce mois-ci, c’est Rihanna qui tient la corde (on attend des nouvelles du nouveau clip de la grosse Gaga et on tape sur les doigts de la vilaine Spears qui tente de diffuser son clip en mode payant) (hellooooo, on est en 2011 chérie). Et pis elle est à Bercy ce soir, aussi.

Donc, Rihanna est (encore) de retour. Avec six albums en six ans, je persiste à dire qu’appeler chaque nouvel album de la donzelle un « come back » est totalement ridicule. Elle en devient presque plus omniprésente que Lady Gaga, c’est dire. M’est avis que Rihanna devrait se méfier des prochaines années, car la dernière personne dont je me souviens qu’elle publiait un album par an et en vendait des caisses, c’était Meuwahia Carey, dans les années 90, avant qu’elle ne rate le virage de la vulgarité.

 

Rihanna, elle, ne risque pas de rater le virage de la vulgarité, puisqu’elle la maîtrise déjà, à l’image de ses mini-shorts, de ses coiffures assez souvent affreuses dont je n’ose imaginer ce qu’elles donnent sur les gamines de quinze ans qu’elle inspire, ou de la pochette de son futur album. Mais finira-t-elle par se planter, par faire l’album flop inévitable dans une longue carrière, ou tout simplement par lasser ? Le débat demeure pour le moment sans réponse, vu le parcours quasi-sans faute de la barbadienne depuis 2005.
Que dire de ce nouvel effort, We Found Love, qui nous annonce donc un nouvel album, à peine un an après le précédent ? Déjà, que Rihanna nous confirme que si dans la pop commerciale actuelle tu veux durer, du son club tu ne pourras plus te passer.
Je ne sais pas si on doit blâmer David Guetta pour tout et n’importe quoi, mais clairement, vu sa place actuelle dans le paysage musical mainstream mondial et ses collaborations en avance sur la tendance R’n’B/Dance (Black Eyed Peas, cette grue de Kelly Rowland), il a tracé un sillon.
Alors qu’on aurait pu s’attendre à une vague rupture entre la dance assurée de Loud et le son du nouvel album, il n’en sera donc rien : une explication à cela serait peut-être que Rihanna a été bien échaudée par le demi-échec de Rated R, son album de 2009 qu’elle a eu tant de mal à écouler juste parce qu’il était un peu dark et qu’il portait l’aura poisseuse de sa rupture trash avec Chris Brown. Désormais, ce sera du son dance comme aux meilleures heures de Good Girl Gone Bad ou rien, apparemment.
Le deuxième point notable, c’est le clip, bien sûr. L’un des plus réussis de Rihanna à ce jour : alors qu’il porte un lead single qui n’est pas forcément le meilleur de Rihanna (léger scepticisme quand on l’a entendu pour la première fois il y a quelques jours), ce clip donne un climat particulier, une esthétique intéressante, bref une vie supplémentaire au titre. Alors qu’à première écoute on n’aurait pas forcément trouvé We Found Love (produit par le très très doué Calvin Harris) très mélancolique (en gros on se serait plutôt attendus à des images d’amûûr, de nature et de ch’tites n’enfants qui ne voient que la bonté dans le monde cruel), le clip ferait presque passer la chanson pour une chanson dance triste de Robyn. Presque.
L’esthétique est également très réussie. En plus de la photographie superbe, il y a le montage saccadé et le trip visuel qui mettent, pour une fois, Rihanna dans un univers trash à peu près crédible, même pour une poupée caribéenne aux yeux de biche. Alors que les univers visuels du sado-masochisme, de l’armée ou du gothique ne lui vont pas toujours très bien au teint, ce climat à la fois réel (urbanisme un peu ghetto) et halluciné (le délire visuel) lui va bien. On imagine très bien une jeune femme comme Rihanna tomber amoureuse d’un shooté de banlieue apparemment gentil mais qui ne fait que l’entraîner dans sa descente aux enfers. Cela lui va beaucoup mieux que de jouer les dominatrix en plastique.
Evidemment, on ne peut s’empêcher de jeter un coup d’oeil au rétroviseur et de penser 1/ à la relation tumultueuse avec Chris Brown (alors qu’ils veulent tous les deux, désormais, qu’on leur foute la paix avec cette histoire) (mais bon, faut arrêter d’exploiter la veine des couples qui se font du mal, aussi) et 2/ au clip de Love The Way You Lie, qui reprenait, il y a un peu plus d’un an, grosso modo la même thématique (mais avec Megan Fox dans le rôle de la gentille bombasse amoureuse d’un junkie).
Rihanna serait-elle hantée par le fantôme des relations destructrices ? Ou bien sont-ce les réalisateurs de clips qui la font tourner qui voient en elle une jouvencelle à maltraiter ?
En tout cas contrairement aux internautes qui voient dans le clip de We Found Love un message pro-drogues, je dirais que c’est plutôt, subtilement, le message inverse. Certes, Rihanna, à travers le personnage qu’elle incarne dans le clip, se montre compréhensive, presque complaisante : on perçoit le couple qui s’amuse comme des enfants, qui se drogue pour le fun, qui croit que c’est simple, qui pense qu’il maîtrise… et puis viennent les débordements, le trash, le glauque, la descente, et finalement le courage, parce qu’il en faut, de dire stop et de partir. Un peu édulcoré, mais probablement proche de la réalité.
We Found Love, c’est un peu les débuts de Rihanna en comédienne crédible de ses clips, en somme. Lol. Mais pas tant lol que ça. Est-ce que je t’avais dit qu’elle (… soupir d’angoisse…) s’apprête se lancer dans le cinéma ?

3 réflexions au sujet de « La Pop-Pouffe d’octobre »

  1. Je ne sais vraiment pas quoi penser de Rhianna. Au départ, je n'aurais pas parié sur sa longévité artistique… Et puis, mine de rien elle trace sa route, elle laisse une empreinte (teintée de vulgarité certes) dans la petite histoire de la pop, elle se renouvelle, elle tente des choses (très commerciales, certes), elle ne dénigre pas les autres pour grimper, elle ne copie pas les autres pour grimper.
    J'ai juste quelques doutes sur sa sincérité artistique, mais n'est-ce pas un détail pour une pop pouffe?

  2. La sincérité artistique n'est pas forcément l'argument de vente numéro un de Rihanna, non… Par contre, elle surfe bien sur les tendances, voire les flaire un peu en avance, et sait s'entourer et se faire produire du single efficace au kilomètre, ce dont Beyoncé (au hasard) qui par exemple bénéficie d'une aura médiatique dix fois supérieure, ne peut pas se vanter.

    C'est injuste, pourtant elles ont le même mari (rhoooo).

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